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Henri Cornélis Agrippa/Lettre XXXV

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XXXV
Agrippa à Chapuys.

Lyon, 8 juin 1525.

Le personnage qui doit vous remettre cette lettre est venu me saluer de votre part, et m’a annoncé que notre cher petit Haymon était, par vos soins et à vos frais, très bien entretenu. Pour un tel service, je vous dois mille actions de grâces. Mais nous désirerions que l’enfant nous soit ramené, à moins d’obstacles sérieux. Car, très prochainement, nous devons partir pour la France, où notre très illustre princesse[1] nous a assigné notre séjour, à frais gratuits, soit à Tours, soit à Orléans, soit à Paris. Agissez suivant ce qui vous paraîtra le plus commode, et dites-nous le plus tôt possible si vous pourrez nous renvoyer l’enfant ou non.

Rien de nouveau et d’intéressant à vous écrire, sinon que nous jouons fort bien la fable de Pandore. Avec Apollon, elle avait reçu une boîte remplie de vertus ; dès que cette boîte fut ouverte, toutes s’envolèrent, et il ne resta au bord que l’espérance. À nous aussi l’espoir nous reste, et tout à fait beau. Je voulais vous écrire plus longuement ; mais la clepsidre m’indique qu’il faut terminer ; ainsi donc vous attendrez de plus longs développements pour un autre moment.

Votre commère, ma femme, vous salue. Elle est près d’accoucher. Portez-vous bien.

  1. Louise de Savoie.