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Henri Cornélis Agrippa/Lettre XXXVI

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XXXVI
Un ami à Agrippa.

Sursée, 11 juin 1525.

Votre sagesse si grande, et je dirai même divine, m’a inspiré envers vous un amour si dévoué, excellent Agrippa, que nuit et jour il m’est impossible de ne pas penser à vous. Ces jours derniers, je vous avais écrit une petite lettre et je suis inquiet de savoir si vous l’avez reçue ou non. Je vous y faisais la promesse de l’Art cabalistique et de quelques livres de Lulle. Je voudrais les voir en votre possession comme je les possède déjà. Je suis, en effet, un de ces hommes qui, suivant les forces de leur intelligence, sont toujours disposés à être agréables à tout homme sage et érudit. Qu’y a-t-il, par les Dieux Immortels, de plus doux, de plus suave, de plus agréable enfin que l’amitié du plus savant des hommes ? Eh bien, illustre Docteur, n’oubliez donc pas un homme qui fait si grand cas de vous, qui s’étudie sans cesse à vous être de quelque utilité. Toujours je serai pour vous le plus dévoué d’entre les plus dévoués. Adieu, honneur de Cologne. Ayez toujours pour Philippe un amour paternel, pour Philippe qui vous regarde comme un père, et qui se vante à tous d’être votre fils. Adieu encore une fois.

De Sursée (Suisse, canton de Lucerne), 11 juin 1525.