L’Encyclopédie/1re édition/BATTANS

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Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 2p. 146-147).
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BATTANS, s. m. pl. terme d’Architecture ; ce sont dans les portes & les croisées de menuiserie, les principales pieces de bois en hauteur, où s’assemblent les traverses.

On appelle aussi battans, les venteaux des portes. On dit une porte à deux battans, lorsqu’elle s’ouvre en deux parties. Les Latins appelloient ces portes bifores. (P)

Battant de pavillon, (Marine.) On entend par le battant du pavillon, sa longueur qui voltige en l’air. On appelle le guindant sa largeur ou la hauteur qui regne le long du bâton. (Z)

Battant, terme de Fondeur de cloches ; c’est une masse de fer un peu plus longue que la cloche, & d’une pesanteur proportionnée au poids de la cloche. Le battant est terminé par en-bas par une masse arrondie, & va en diminuant jusqu’en-haut, où il se termine par une espece d’anneau, dans lequel on passe le brayer pour attacher le battant à l’anse de fer qui est au cerveau de la cloche en-dedans. Voyez A O, fig. 6. Pl. de la Fonte des cloches, & l’article Fonte des cloches.

Battans, en Menuiserie ; ce sont les montans des croisées, des guichets de portes, &c. c’est-à-dire les pieces de bois dans lesquelles les traverses s’emmanchent, & qui forment la hauteur.

Battans à feuillures, dans le même métier ; ce sont ceux qui au lieu de noix ont une feuillure pour fermer sur les dormans.

Battans menau ; sont ceux dans les croisées qui portent les espagnolettes.

Battans à noix ; sont ceux qui ont une languette arrondie, qui entre dans une feuillure faite dans les dormans : c’est ce qu’on appelle croisée à noix.

Battant, partie essentielle de tous les métiers à ourdir, soit de Tisserans, de Drapiers, de Passementiers, de Manufacturiers en soie, &c. & c’est toûjours un instrument ou chassis dans la partie inférieure duquel s’ajuste le peigne : entre les dents du peigne passent les fils de la chaîne ; & ces dents par le moyen du poids du battant, qui est de cent livres dans les étoffes riches, servent à serrer la trame dans l’étoffe, à l’y faire pour ainsi dire entrer, & à la rendre plus forte. Voyez métier de Tisserans, métiers de Passementier, de Drapier, de Manufacturiers en Soie.

Il y a deux especes de battans ; le battant simple, & le battant brisé : le battant brisé ne sert qu’aux métiers de velours uni ; les deux lames ou côtés du chassis sont coupés à deux ou trois pouces au-dessous de la poignée ; & à cette partie du bois des lames enlevées, on a substitué deux courroies un peu fortes. Cette brisure est nécessaire pour faire dresser le fer du velours & le ramener sur sa canelure. Voyez Velours.

Le battant simple est celui où les lames ou côtés du chassis ne sont point coupés, & sont tout d’une piece.

Battant, en Passementerie ; c’est le chassis qui porte le peigne pour frapper la trame : dans le métier au battant, ce n’est point l’ouvrier qui frappe lui-même (comme dans l’ouvrage au moule qui se frappe avec un doigtier de cuivre) il ne fait que pousser avec la main le battant pour donner passage à la navette, le battant est ramené de lui-même par la force du bandage qui l’oblige de venir frapper la trame ; ce qui soulage beaucoup l’ouvrier.

Battant de locquet, en Serrurerie ; c’est une barre de fer où l’on distingue deux parties ; l’une appellée la tête, & l’autre la queue. La queue est percée ; & s’attache sur la porte avec une vis ou un clou ; l’autre ou tête passe dans le cramponet, & se ferme dans le mentonet.

Il y en a qui ont la tête faite en mentonet ; d’autres sont droits, selon les lieux où on les pose.