L’Encyclopédie/1re édition/CONTRE-POIDS

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* CONTRE-POIDS, s. m. se dit en général de toute force qui sert à diminuer l’effort d’une force contraire. Le contre-poids a lieu dans une infinité de machines différentes ; tantôt il est égal au moment qui lui est opposé, tantôt il est plus grand ou plus petit. Voyez le Métier à bas. Le contre-pouce a son contre-poids ; la machine à filer l’or a ses contre-poids.

Contre-poids (les) du métier des Rubanniers, ce sont une ou plusieurs pierres attachées aux deux bouts d’une longue corde, que l’on entortille de plusieurs tours dans les moulures des ensuples ; ce qui ne les empêche pas de se rouler lorsque l’on les tire à soi. Il faut savoir ménager la force de ces contre-poids ; si la charge de celui qui est suspendu est très forte, il entraînera l’autre ; si la charge de celui qui porte à terre est trop forte, elle empêchera l’autre de descendre. Pour conserver entre eux l’équilibre, on ne donne à la contre-charge que le tiers de la charge. L’usage de ces contre-poids est de tenir les soies tendues, sans les empêcher de céder à l’ouvrier qui les tire à lui suivant son besoin. On donne encore chez les mêmes ouvriers, le nom de contre-poids à des morceaux de plomb. Afin de les avoir tous d’égal poids, ils pesent chacun environ deux gros ; ils sont percés d’outre en outre, pour être suspendus par une petite ficelle que l’on pose sur la moulure des petits roquetins, & sans tourner à l’entour comme les autres contre-poids. L’usage de ceux-ci est de tenir en équilibre chaque roquetin de glacis (Voyez Glacis) ; ce qui est suffisant pour empêcher le roquetin de dérouler, sinon lorsqu’on le tire à soi pendant le travail.

Contre-poids (le), chez l’Epinglier, est la piece a, qui par sa pesanteur vient former la tête de l’épingle enfermée dans les deux têtoirs v & z ; il se leve par une espece de bascule cde, qu’on fait joüer avec le pié par une marche gf, à laquelle est attachée une corde fe. La marche est arrêtée à une cheville g, enfoncée dans le plancher de la chambre. Il est soûtenu dans la ligne perpendiculaire qu’il décrit par sa traverse yy, qui glisse le long des broches x, x. Voyez Broches, & la fig. 10. Pl. II. de l’Epinglier, & les fig. 11. & 12. Pl. I. du même art.

Contre-poids (le) des métiers des étoffes de soie ; il y en a de plusieurs sortes : ils sont ordinairement de pierre brute, & proportionnés aux divers genres d’étoffes. Il en faut pour chaque chaîne, pour les cordons & cordeleries, &c.

Contre-poids (le) des Balanciers est un morceau de métal, ordinairement de cuivre, de fer, ou de plomb, qui fait partie de la balance romaine, ou peson. On le nomme quelquefois la poire de la romaine à cause de sa figure, ou la masse à cause de sa pesanteur.

Contre-poids (le) des danseurs de corde, est un bâton armé de fer ou de plomb par les deux bouts, qu’ils jettent à droite ou à gauche, en-devant ou en arriere, & qui les tient en équilibre.

Contre-poids (le) des machines d’opéra, est un corps pesant qui, en se haussant ou se baissant, en fait hausser ou baisser un autre. C’est par ce moyen si simple que s’exécutent les descentes, les vols, &c. Voyez Vol, Machine, &c. (B)

Tout le calcul des contre-poids se réduit à celui du levier, des moufles, des poulies, &c. Voyez ces machines à leurs articles.

Contre-poids, (Manege.) se dit de la liberté d’assiette du corps que garde le cavalier, pour demeurer toûjours dans le milieu de la selle sans pancher de côté ni d’autre, & également sur les deux étriers, quelque mouvement que fasse le cheval, pour lui donner les aides à propos. Un cavalier doit si bien garder le contre-poids, qu’il soit toûjours préparé contre les surprises & les desordres du cheval. (V)