L’Encyclopédie/1re édition/HORISON

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Briasson, David l’aîné, Le Breton, Durand (Tome 8p. 297-298).
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HORISON, s. m. (Astron. & Géog.) grand cercle de la sphere qui la divise en deux parties ou hémispheres, dont l’un est supérieur & visible, & l’autre inférieur & invisible. Voyez Cercle & Hémisphere.

Ce mot est purement grec, & signifie à la lettre finissant ou bornant la vûe, du verbe ὅριζω, termino, definio, je limite, je borne ; aussi l’appelle-t-on en latin finitor. Voyez Finiteur.

L’horison, vrai ou astronomique, que l’on nomme aussi horison rationnel, ou même absolument horison, est un grand cercle dont le plan passe par le centre de la terre, & qui a pour pole le zénith & le nadir. Il divise la sphere en deux parties égales ou hémispheres.

Tel est le cercle représenté par HR, (Pl. astron. fig. 52.) dont les poles sont le zénith Z, & le nadir N ; d’où il suit que les divers points de l’horison sont éloignés de 90 deg. du zénith & du nadir. Voyez Zénith & Nadir.

Le méridien & les cercles verticaux coupent l’horison rationnel à angle droit & en deux parties égales. Voyez Méridien & Cercle vertical.

L’horison visuel est un petit cercle de la sphere, comme HR, qui sépare la partie visible de la sphere de l’invisible.

Il a pour pole le zénith & le nadir, ce qui fait qu’il est parallele à l’horison rationnel. Il est aussi coupé à angles droits, & en deux parties égales par les cercles verticaux.

L’horison visuel se divise en oriental & en occidental.

L’horison oriental est cette partie de l’horison, où les corps célestes paroissent se lever. Voyez Lever.

L’horison occidental est la partie de l’horison, où les astres paroissent se coucher. Voyez Coucher.

Il est visible que l’horison oriental & occidental changent selon la distance de l’astre au zénith, &, selon sa distance de l’équateur. Car les points de l’horison oriental & de l’occidental sont ceux où l’horison est coupé par le cercle parallele à l’équateur que l’astre décrit ; ainsi on voit que ces points doivent changer, selon que ce cercle est plus ou moins éloigné de l’équateur, & situé plus ou moins obliquement par rapport au zénith.

Horison, en terme de Géographie, est un cercle qui rase la surface de la terre, & qui sépare la partie visible de la terre & des cieux, de celle qui est invisible. Voyez Terre.

La hauteur ou l’élévation de quelque point que ce soit de la sphere, c’est l’arc d’un cercle vertical, compris entre ce point & l’horison sensible. Voyez Hauteur & Élévation.

On l’appelle horison sensible, pour le distinguer de l’horison rationnel, qui passe par le centre de la terre, comme nous l’avons déja observé ; car nous devons rapporter tous les phénomenes célestes à une surface sphérique qui ait pour centre celui de la terre, & non le lieu qu’occupe l’œil. Il est vrai que ces deux horisons étant continués jusqu’aux étoiles fixes se confondent ensemble, & qu’ainsi la terre comparée à la sphere des étoiles fixes n’étant qu’un point, il doit s’en suivre que des cercles qui ne seront distans relativement aux étoiles que d’un intervalle qui differe à peine d’un point imperceptible, doivent être regardés comme ne faisant qu’un seul & même cercle ; mais il n’en est pas de même par rapport à la lune & aux planetes les plus proches de la terre : c’est pourquoi la distinction des deux horisons est nécessaire à cet égard.

On entend quelquefois par horison sensible un cercle qui détermine la portion de la surface de la terre, que nous pouvons découvrir de nos yeux ; on l’appelle aussi horison physique.

On dit, dans ce sens, un horison borné, un horison étendu. Pour trouver l’étendue de l’horison, ou jusqu’à quel point la vûe d’un homme peut s’étendre, en supposant la terre un globe sans inégalités & tel que la vûe ne puisse être arrêtée par aucune éminence étrangere, il ne faut que savoir les regles ordinaires de la Trigonométrie & le calcul des triangles rectangles. Supposons, par exemple, que AHB (Pl. géograph. fig. 8.) soit un grand cercle du globe terrestre, C son centre, HC son rayon, & E la hauteur de l’œil ; il est évident que la partie visible de la surface de la terre est terminée du côté de H par le rayon EH, qui touche la terre en H. Ainsi, puisque HE est une tangente, il s’ensuit que l’angle H sera droit : on connoît donc HC qui est le rayon de la terre, & dont on a la valeur en toises ou en piés, CE est la même longueur HC, à laquelle on ajoûte la hauteur de l’œil, & EHC l’angle droit opposé.

Ces trois parties connues, il est aisé maintenant de trouver toutes les autres parties du triangle. Voici d’abord la proportion qu’il faut faire pour trouver l’angle C, & ensuite le côté HE.

Comme le côté CE est au sinus de l’angle droit H, de même le côté HC est au sinus de l’angle E, dont la valeur étant retranchée de 90 deg. donnera celle de l’angle C. On dira ensuite : comme le sinus de l’angle E est à son côté opposé HC, ou bien comme le sinus de l’angle H est à son côté opposé CE, de même le sinus de l’angle C est au sinus EH, qui est l’horison visible que l’on cherche. Wolf & Chambers. (E)

Horison, en Peinture, est la ligne qui termine sur le ciel, tous les lointains aquatiques ou terrestres, de façon qu’elle les distingue du ciel, où ils semblent néanmoins toucher.