L’Encyclopédie/1re édition/PATTE

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PATTE D’ARAIGNÉE, s. f. (Jardinage.) Voyez Œil de chat.

Patte de lion, (Hist. nat. Botan.) nom vulgaire ou genre de plante appellé filago par Tournefort ; c’est cette espece qui est nommée filago alpina, capite folioso. Dans C. B. 6. gnaphalium alpinum, magno flore, capite oblongo ; en anglois, the alpine sinall cudweed with foliaceous heads ; cette petite plante croît sur le sommet des Alpes ; ses feuilles sont oblongues, cotonneuses ; ses tiges sont simples, hautes de quelques pouces, garnies de feuilles, & portant au sommet des fleurs disposées en maniere de rose ; de leur centre sortent quatre ou six têtes noirâtres, écailleuses, qui renferment plusieurs fleurons, contenant des graines menues & aigretrées ; il ne faut pas confondre la pette de lion avec le pié de lion. Voyez Pié de lion, Botan. (D. J.)

Patte d’oye, (Hist. nat. Botan.) chenopedium, genre de plante dont la fleur n’a point de pétales ; elle est composée de plusieurs étamines qui sortent d’un calice profondément découpé. Le pistil devient dans la suite une semence presque ronde, applatie & renfermée dans une capsule en forme d’étoile, qui a servi de calice à la fleur. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante. En voici les caracteres : selon Ray, son calice est divisé en quatre ou cinq parties, avec des découpures profondes. Il s’éleve huit ou dix étamines du fond ; l’ovaire est garni d’un long tuyau fourchu, étendu, qui dégénere quand il est mur en une semence sphérique, plate, renfermée sous une espece d’étoile à quatre ou cinq pointes.

Selon M. de Tournefort, la fleur n’a point de pétales, mais est seulement composée d’une multitude d’étamines qui sortent du calice à plusieurs feuilles ; le pistil devient une graine sphérique, applatie, contenue dans une capsule faite en étoile, & qui lui a servi de calice.

Le même botaniste établit seize especes de ce genre de plante dont aucune n’a besoin de description particuliere ; il suffit d’ajouter que leurs feuilles sont longues, larges, sinueuses, & communément d’une odeur forte. La patte d’oye commune croit le long des vieilles murailles, sur les chemins, aux lieux déserts & incultes ; comme on en craint les effets, on n’en fait point usage en Médecine, non plus que des autres especes. (D. J.)

Patte, (Architect.) petit morceau de fer plat, droit ou courbé, fendu ou pointu par un bout, & à queue d’aronde par l’autre, qui sert à retenir les placards & chambranles des portes, les chassis dormans des croisées, & les lambris de menuiserie.

Patte en plâtre, c’est une patte dont la queue est refendue en crochet. (D. J.)

Pattes d’une ancre, sont les extrémités de la croisée ou de la partie courbe, faites en forme de triangles. Voyez Ancre & Croisée.

Patte de lievre, en terme de Batteur d’or, est en effet une patte de cet animal, dont ils se servent pour ramasser les petites parcelles d’or éparses dans leur peau, sur leur pierre, ou qui excedent les livrets de papier dans lesquels on met l’or battu pour le conserver.

Patte, terme de Boucher, ce mot signifie chez les étaliers-bouchers, de petits crochets à queue d’ironde, qu’ils clouent en plusieurs endroits de leur boutiques, pour v attacher avec des alonges, la viande à mesure qu’ils la dépecent.

Ils nomment aussi pattes, des chevilles de bois de cinq ou six pouces de long, avec un mantonnet au bout qu’ils scellent en plâtre, & qu’ils emploient au même usage.

Patte, en terme de Boursier, est une partie d’étui qui sert à le fermer, en s’ouvrant environ vers le milieu de l’étui où elle s’agraffe ou se boutonne.

Patte d’oie, (Charpenterie.) c’est une enrayure formée de l’assemblage des demi-tirans, qui retiennent les chevets d’une vieiile église ; tel est l’assemblage du chevet des églises des peres Chartreux, des Cordeliers, &c. à Paris.

On se sert aussi du terme de patte d’oie, pour exprimer la maniere de marquer par trois hochets, les pieces de bois avec le traceret.

Patte d’oie de jardin, division de trois ou plusieurs allées qui viennent aboutir à un même endroit, & qu’on enfile d’un point de vûe quand on est au centre ; il n’y a rien de plus agréable & de plus utile que cette décoration dans une grande forêt.

Patte d’oie de pavé, c’est l’extrémité d’une chaussée de pavé, qui s’étend en glacis rond, pour se raccorder aux ruisseaux d’en-bas. (D. J.)

Patte, terme de Chaudronnier, morceau de fer qu’on scelle pour faire tenir la plaque du feu au contre-cœur de la cheminée.

Patte, en terme de Fondeur de cloches, est la partie inférieure de la cloche qui se termine en s’amincissant. Voyez l’article Fonte des cloches.

Patte, en terme de Filassier, c’est la racine de la filasse qui est plus épaisse, plus dure, & moins aisée à peigner & à fendre.

Patte de lievre, (Ecrivain.) on se sert dans l’Ecriture de la patte de cet animal pour ôter la sandarac de dessus le papier. Voyez le volume des Planches & la table de l’Ecriture, Instrumens de l’Ecriture.

Patte de loup ou Lissoir, (Ecrivain.) se dit dans l’Ecriture d’un instrument concave extérieurement, propre à adoucir le papier d’un trop gros grain, ou raboteux, ou dur. Voyez le volume des Planches & la table de l’Ecriture, Instrument de l’Ecriture.

Patte, terme de Mineur, (Fortification.) quand on creuse un puits dans un terrein qui n’est point de bonne consistance, & qu’on est obligé de coffrer, l’on pose des chassis horisontalement, pour retenir les planches à mesure que l’on approfondit. Les extrémités des pieces du premier chassis qui est au bord du puits, excédans de dix ou douze pouces, pour appuyer sur les terres fermes ; ces appuis se nomment oreilles. Or pour que tous les autres chassis que l’on met ensuite, puissent se soutenir, on accroche le second au premier avec des bouts de planches cloués l’un à l’autre : on accroche ainsi le troisieme au second, & le quatrieme au troisieme ; & ce sont ces bouts que les Mineurs appellent pattes. Dictionnaire de l’Ingénieur, par M. Belidor. (q)

Pattes, (Jardinage.) c’est le nom que l’on donne aux oignons des anémones. Voyez Anémones.

Pattes dans l’orgue, sont dans l’abrégé de l’orgue, les fiches de fer FI, DK, (fig. 21. Pl. d’orgue. ) applaties & percées d’un trou à leurs parties antérieures FD, & rivées après avoir traversé le rouleau BC ; il y a deux pattes à chaque rouleau de l’abrégé. Voyez Abrégé.

Pattes, ce sont aussi des pieces semblables à celles de l’abrégé, mais plus grandes ; fixées dans les rouleaux des mouvemens : la patte qui est a la partie inférieure du rouleau s’appelle patte du clavier ; & celle qui est au-haut du rouleau dont la direction est perpendiculaire à celle de la patte inférieure, s’appelle patte du bâton quarré de la bascule. Voyez Mouvemens de l’orgue, & la fig. 1. Pl. d’orgue.

Patte, (outil pour la Musique.) petit instrument à plusieurs pointes, qui sert à régler les papiers de musique, & à faire plusieurs raies tout-d’un-coup. (D. J.)

Pattes de bouline, (Marine.) ce sont des cordages qui se divisent en plusieurs branches au bout de la bouline, pour saisir la ralingue de la voile par plusieurs endroits, en façon de marticles. Ces pattes répondent l’une à l’autre par des poulies.

Pattes d’ancre, ce sont deux pattes de fer triangulaires, qui sont soudées sur chaque bout de la croisée de l’ancre, & recourbées pour pouvoir mordre dans la terre.

La patte d’ancre tourne, c’est quand la patte quittant le fond tourne en-haut, & que le jas va toucher le fond.

Laisser tomber la patte de l’ancre, c’est mettre l’ancre perpendiculaire à la mer, afin de la tenir toute prête à être mouillée.

Pattes de voiles, morceaux quarrés de toile qu’on applique aux bords des voiles proche la ralingue, pour les renforcer, afin d’y amarrer les pattes de boulines.

Pattes d’anspects, ce sont des pattes de fer qu’on met au bout d’un lévier pour servir à mouvoir les gros fardeaux.

Pattes d’oie, voyez Mouiller en pattes d’oie. (Q)

Patte, (Serrurerie.) on donne communément ce nom à tout morceau de fer plat d’un bout & à pointe de l’autre, qui sert à sceller quelque chose dans un endroit. Il y a des pattes de différentes formes, selon les différens usages.

Patte, en terme de Rafineur, est proprement le gros bout plat d’un pain de sucre qui lui sert d’assiette.

Patte, en terme de Vergettier, c’est un morceau de bois percé, dans les trous duquel doivent être poissés les loquets avec de la poix de Bourgogne fondue.

Pattes, en terme de Blason ; ce sont les griffes ou les extrémités des piés, sur lesquelles les animaux marchent.