L’Encyclopédie/1re édition/ROSETTE

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ROSETTE, s. f. (Gram.) nom qu’on a donné à plusieurs choses différentes, parce qu’étant rondes & relevées en bosse, elles avoient quelque conformité avec la rose. Voyez les articles suivans.

Rosette, terme de Bahutier, sorte de petits clous blancs, dont les Bahutiers se servent pour les embellissemens des coffres & bahuts. (D. J.)

Rosette, (Ciselure.) petits poinçons ou ciselets d’acier, à un bout desquels sont gravés en creux des roses ou autres fleurs, pour les frapper & en imprimer le relief sur les métaux où l’on fait des ciselures. Trévoux. (D. J.)

Rosette, (Cordon. Bottier.) est une plaque de cuivre quarrée ou ovale, qui sert à attacher l’éperon, & qui est placée sur le cou-de-pié du soulier de la botte.

Rosette ou Cuivre de rosette, (Métallurg.) c’est ainsi qu’on nomme le cuivre, lorsqu’après avoir passé par les différentes opérations de la fonderie dont la derniere est le raffinage, il se trouve parfaitement dégagé du fer, du soufre, de l’arsenic & des autres substances qui le rendoient impur. Avant d’être séparé de ces substances, on l’appelle cuivre noir ; mais lorsqu’il est parfaitement pur, il a la couleur rouge qui lui est propre, & pour lors on le nomme cuivre de rosette. Ce cuivre a pour lors la ductilité convenable. Pour s’assurer si ce métal est dans cet état, un ouvrier plonge une verge de fer dans le cuivre parfaitement fondu au fourneau de raffinage ; par ce moyen il s’attache une portion de cuivre à la verge, & après l’avoir retiré & laissé refroidir, il juge par la couleur & la flexibilité, si ce cuivre a été suffisamment purifié. Voyez l’article Raffinage.

Rosette, (Coutellerie.) petites roses ou fleurons d’argent ou de cuivre, dont les Couteliers se servent pour monter leurs rasoirs, lancettes, & autres tels instrumens de Chirurgie & de Barberie. Ils font les rosettes de cuivre, & prennent chez les Orfevres celles d’argent. (D. J.)

Rosette, (terme de Couturiere.) les Couturieres appellent rosette de petites coutures qu’elles font dans du linge qui est un peu troué, & qu’elles forment en maniere de petites roses. (D. J.)

Rosette dans les montres, (Horlogerie.) est un petit cadran numéroté, voyez les Planches de l’Horlogerie, au moyen duquel on fait avancer ou retarder par degrés le mouvement de la montre.

Pour bien comprendre comment cela se fait, il est bon de savoir sur quel principe cette opération est fondée, & comment elle s’exécute. Les vibrations du balancier étant réglées par celles du ressort spiral (voyez Ressort spiral), il est clair que si ce ressort devient plus fort, ou plus foible, ces vibrations seront accélérées ou retardées, effet qui sera encore le même, si le ressort devient plus court ou plus long. Ainsi, par exemple, pour faire avancer une montre, il ne faut que raccourcir son ressort spiral, & pour la faire retarder, que l’alonger. Mais, comme en l’alongeant ou le raccourcissant, on changeroit la position du balancier, ce qui mettroit la montre mal d’échappement, voyez Echappement, ce moyen ne peut pas être mis en usage ; c’est pourquoi on a recours à un autre expédient qui produit précisément le même effet ; voici ce que c’est. Supposant que rr, voyez les fig. soit le ressort spiral du balancier BB, & que ce ressort soit fixement attaché au piton P & en v à l’arbre du balancier, on ne peut, comme nous l’avons dit, alonger ou raccourcir ce ressort. Mais si l’on suppose qu’il passe dans une espece de fourche q, vue ici en plan, dont les fourchons soient si près l’un de l’autre, qu’il ne s’en faille que d’une quantité imperceptible que le ressort les touche ; il est évident que ses vibrations ne se feront plus du point ou piton P, mais de la fourche q ; le ressort, en ouvrant ou en se fermant par le mouvement du balancier, se mouvant autour de ce point q. Regardant donc ce point comme un nouveau point fixe, les vibrations du balancier seront accélérées, puisque le ressort spiral sera accourci de toute la quantité qp. Si l’on supposoit donc ce point q mobile, & que tantôt il s’éloigne, ou il s’approche du point P, on aura par ce mouvement un moyen simple de faire avancer ou retarder la montre, puisqu’il ne sera question que de faire éloigner ou approcher du point P la fourche q ; or c’est précisément ce que l’on fait, lorsque l’on tourne l’aiguille de la rosette à droite ou à gauche, comme on va le voir par l’explication des pieces qui servent à produire cet effet. Elles sont représentées en grand dans cette même figure, qui contient toutes les pieces que l’on voit sur la platine de dessus, lorsque l’on ouvre une montre, à cela près du coq qui est ôté ; pour que l’on voie plus distinctement le balancier, le ressort spiral, &c. RK est la rosette coupée en M, pour que l’on voie la roue de rosette M qui est dessous ; e est l’aiguille qui tient à quarré sur cette roue ; cc est la coulisse coupée aussi en ce, pour qu’on voie le rateau aa qui est dessous, & comment il engrene avec la roue de rosette. q que nous avions supposé une fourche, est la queue du rateau, & les deux petits points blancs sont, au lieu de fourchons, deux petites chevilles distantes entr’elles d’une quantité imperceptiblement plus grande que l’épaisseur du ressort spiral. Maintenant il est clair, que si l’on tourne l’aiguille de R vers K, on fera avancer la queue du rateau de q vers r ; & qu’au contraire, si on la tourne de K vers R, on fera avancer cette queue de r vers q, ou de q vers P : d’où il est évident, par ce que nous avons dit plus haut, que par le premier mouvement on fera avancer la montre, & que par le second on la fera retarder. C’est pourquoi les Horlogers vous disent, que pour faire avancer votre montre, il faut tourner l’aiguille du côté où les chiffres vont en augmentant, & dans le sens contraire, quand on veut la faire retarder, parce que ces chiffres sont ordinairement disposés de façon qu’il en résulte cet effet. Dans les montres angloises, au lieu d’une aiguille, on fait tourner un petit cadran dont on apprécie le chemin par un petit index ; mais c’est encore le même effet, ce cadran étant adapté comme l’aiguille sur la roue de rosette.

On pourroit faire ici une question, savoir, de combien de degrés ou divisions il faut tourner l’aiguille de la rosette, pour faire avancer ou retarder la montre d’un certain nombre de minutes en 24 heures. Mais cela dépendant 1°. du ressort spiral qui est tantôt plus court, tantôt plus long, 2°. des rapports qui sont entre l’aiguille de rosette & sa roue, cette roue, & le rateau, rapports qui ne sont presque jamais les mêmes, on voit qu’il est impossible de prescrire aucune regle à cet égard. En général une division est suffisante pour accélérer le mouvement de la montre d’une minute en 24 heures. Au reste pour peu qu’on soit attentif, on s’apperçoit bientôt du degré de sensibilité de sa montre. Il est bon de remarquer cependant que, lorsque l’aiguille est du côté des chiffres de haut nombre, il faut un peu moins la tourner que lorsqu’elle est de l’autre côté ; le ressort spiral étant dans ce cas plus court, & par conséquent un même espace parcouru par la queue du rateau produisant plus d’effet. Voyez Ressort spiral, Rateau, Coulisse, &c.

Rosette, (Jardinage.) ornement d’où sortent des nilles, des palmettes & des becs de corbin, quelquefois employé dans les parterres de broderie à la place d’un grand fleuron.

Rosette, en terme de marchand de modes, est un ruban plus ou moins large, formant une boucle à deux ou trois feuilles de chaque côté. Cet ornement se met au haut des bourses à cheveux. Voyez Bourse. On fait de ces rosettes avec une double rose plus petite & placée au milieu, & sur le nœud de la premiere, on laisse pendre un petit bout de ruban, & ces rosettes prennent alors le nom de la comette.

Rosette, (Peinture.) sorte de craie rougeâtre approchant de la couleur amarante, qui n’est autre chose que du blanc de Rouen, à qui l’on a donné cette couleur par le moyen d’une teinture de bois de Brésil plusieurs fois réitérée. La rosette est une espece de stil de grain dont on se sert dans la peinture. Il y a une autre espece de rosette semblable pour la composition à celle ci-dessus, mais dont la couleur est d’un plus beau rouge, qui sert à faire cette encre dont les Imprimeurs se servent pour marquer en rouge les titres des livres qu’ils impriment. On s’en sert aussi quelquefois pour peindre. Dictionn. du Comm. (D. J.)

Rosette, (Serrur.) ornement d’étoffe ciselés en maniere de rose, qui se met sous le bouton d’une rose. (D. J.)

Rosettes, (Tourneur.) sont des disques de fer ou de cuivre figurés que l’on monte sur l’arbre du tour à figurer, par la moyen desquels on fait des figures qui leur sont semblables. Voyez Tour & les Pl. & fig. du Tourneur.