L’Encyclopédie/1re édition/SOUFFLER

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SOUFFLER, v. act. & neut. c’est agiter avec l’haleine ; soufflez sur ce duvet, & vous le ferez voler dans l’air ; souffler une chandelle, c’est l’éteindre ; souffler en chimie, c’est s’occuper de la recherche de la pierre philosophale ; souffler un mauvais discours, c’est l’insinuer ; on souffle aux grands tout ce que l’on veut ; souffler au théâtre, c’est secourir la mémoire de l’acteur ; souffler un emploi à quelqu’un, c’est le lui enlever ; souffler au jeu de dames, c’est ôter de dessus le damier la dame avec laquelle l’adversaire auroit dû en prendre une ou plusieurs des vôtres. Voyez les articles suivans.

Souffler, (Marine.) c’est donner un second bordage à un vaisseau, en le revétissant de planches fortifiées par des nouvelles préceîntes, soit pour le garantir de l’artillerie des ennemis, ou pour lui faire bien porter la voile, & l’empêcher de se rouler, ou de se tourmenter trop à la mer. Pour comprendre la raison de ceci, il faut lire l’article Construction.

Souffler l’émail, terme d’Emailleur ; c’est en former, en le soufflant avec un petit tube de verre, cet émail creux qu’on appelle du jais. Voyez Email.

Souffler, (Maréchal.) se dit d’un cheval poussif. Laisser souffler son cheval, c’est l’arrêter pour lui laisser reprendre haleine. Voyez Haleine. Souffler au poil, se dit de la matiere qui n’a pas eu d’écoulement dans certains maux de pié, & qui reflue & se fait jour au pâturon ou à la couronne.