L’Heptaméron des nouvelles/Tome IV/10

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— Pour terminer ces appendices, ajoutons le fac-similé d’une lettre autographe de Marguerite, dont je dois la communication à mon ami M. Benjamin Fillon, qui en possède l’original. En voici la transcription :

« Ma tante, au partir de Parys pour conduire le Roy, Monsr de Meaux m’envoya les Évangilles en françoys, translatées par Fabry mot à mot, lèquelles il dist que devons lire en aussy grande révérance & préparacyon pour recevoir l’esperit de Dieu qu’il nous a lessé en sa Ste lectre comme quant nous l’alons recevoir sacramantalemant, &, pour ce que Monsr de Vileroy m’a promys les vous faire tenir, j’ay bien voulu l’en prier, car ces paroles ne doivent point tonber en mauvaises mains, vous pryant, ma tante, que, si par elles Dieu vous fait quelque grace, que n’y veullés oblier

« La plus que toute vostre bonne niepce & seur,
« Marguerite.

« À ma tante Madame de Nemours. »

Il y a deux Duchesses de Nemours que Marguerite peut appeler sa tante. Philiberte de Savoie, mariée en 1515 à Julien de Médicis, qui devait mourir l’année suivante & qui avait reçu à son mariage le Duché de Nemours de François Ier, était tante du roi de France & par conséquent de sa sœur. L’autre Duchesse de Nemours est Charlotte d’Orléans, fille de Louis d’Orléans, Duc de Longueville, & de la Comtesse de Neufchatel, née en 1512 & mariée en 1528 à Philippe de Savoye, oncle de François Ier & de Marguerite, qui reçut de son neveu, à son mariage, le Duché de Nemours. (P. Anselme, Hist. généal. de la Maison de France.) Je pencherais pour la première & mettrais la lettre en 1523 ou 1524. La traduction de la Bible par Jacques Lefèvre d’Étaples ne parut qu’en 1530, mais celle du Nouveau Testament est de 1523 & 1524. Monsieur de Meaux est Briçonnet ; c’est en 1523 que le Connétable de Bourbon passa à Charles-Quint, & François Ier alla de sa personne en Italie à la fin de l’année suivante.

Les lettres de Marguerite sont très nombreuses, mais celle-ci est plus intéressante à cause de son sujet ; elle est bien la personne même par la façon dont elle exprime la nature particulière du côté religieux de Marguerite. — M.

— Enfin, je signalerai quelques inexactitudes dans l’impression d’un passage de la vie de Freudenberg. À la dernière ligne de la page 210, il faut corriger Bernoise en Zurichoise ; remplacer, p. 211, Schweigerischen par der Schweizerischen ; supprimer, lignes 5 & 10, l’h dans le mot jahr ; supprimer, ligne 10, l’s de Kunstler ; pour un certain nombre d’a, le correspondant à qui je dois ces observations fait remarquer qu’en l’absence d’a surmontés d’un tréma, il aurait fallu les remplacer par la notation ae, qui est la même chose. Ce qui est plus grave, c’est qu’une erreur, résultant de la saute d’un article de la bibliographie des notices de la Société de Zurich à l’article qui se trouve à côté, attribue faussement la notice de Freudenberg à Horner, alors qu’elle est de Sigmund Wagner.