L’Heptaméron des nouvelles/Tome IV/11

La bibliothèque libre.

Pour ne pas rester sur la confession de ces gros péchés, qui ne sont pas tous de mon fait, j’ajouterai quelque chose à ce que j’ai dit page 208 de l’édition avec le nom de Walthard.

Dans un récent catalogue, celui de la vente des livres à figures & à vignettes du XVIIIe siècle de Mr A. Vulliet, professeur à l’Académie de Lausanne, Paris, Baur, 1880, le numéro 618 est pour nous bien intéressant. Ce sont, avec leurs couvertures, les deux premières livraisons, ou, pour mieux dire, les deux seuls fascicules publiés séparément de l’édition de Berne. Nous transcrivons ce curieux article :

« Les Nouvelles de Marguerite, reine de Navarre. Édition ornée de très belles planches dessinées par M. Freudenberg & exécutées par les plus célèbres graveurs de Paris. Les vignettes & culs-de-lampe sont dessinées & gravées (sic) par M. Dunker. À Berne, chez Beat-Louis Walthard & la Société typographique, & se trouve à Paris, Londres, Amsterdam & Leipsig, 1778. »

« Deux livraisons in-octavo. Huit figures de Freudenberg, gravées par C. Guttenberg, de Launay, Longueil ; huit vignettes & huit culs-de-lampe de Dunker. Ces deux livraisons, avec leurs couvertures, sont rarissimes. On lit au verso du deuxième feuillet de la couverture de la première livraison :

« Cette nouvelle édition des Nouvelles de la Reine Marguerite de Navarre sera livrée par cahiers. Le prix de chaque cahier est de quatre livres de France, sans le port.

« Messieurs les amateurs qui voudront souscrire auront la bonté de donner leur signature pour être assprés de la suite.

« L’ouvrage entier aura 18 à 19 cahiers. Chaque cahier sera orné de 4 grandes planches, dessinées par le célèbre Sigismond Freudenberg & gravées par les plus célèbres graveurs de Paris. »

« La deuxième livraison, qui porte la date de 1778, renferme l’avis suivant, que nous croyons également devoir transcrire textuellement :

« Messieurs les Souscrivans pour cet ouvrage sont avertis que, comme il est à craindre que les uns ou les autres pourroient perdre les cahiers isolés qui le composent & que par là le livre seroit incomplet, sans parler d’autres inconvénients qui résultent de cette méthode, les éditeurs ont pris le parti de donner le reste de cet ouvrage par tome & non par cahier ; en sorte que la 1re livrance après celle-ci contiendra les cahiers 3, 4, 5 & 6, pour compléter le 1er volume ; la seconde les cahiers 7 à 12, & la troisième de 13 à 18. Le prix & les conditions restent les mêmes qui ont été annoncées par le prospectus. »

Deux choses sont intéressantes : l’une, que la publication a commencé en 1778 ; l’autre, que chaque volume, composé de six cahiers à quatre francs, valait vingt-quatre livres, ce qui met le prix total des trois volumes à soixante-douze. C’est le nombre des Nouvelles, de sorte que chaque Nouvelle, avec sa planche à part, son en-tête & son cul-de-lampe, valait une livre. En même temps, si l’on tient compte de la valeur de l’argent, il faut plus que tripler la somme ; de sorte que le prix actuel, qui, après avoir été aux environs de cent francs il y a une trentaine d’années, ne descend maintenant pas au-dessous de trois cents, est, à peu de chose près, le même que le prix de publication. — M.