La Femme et le Féminisme avant la Révolution/I/4

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Éditions Ernest Leroux (p. 133--).

CHAPITRE IV
LA NOBLESSE DE PROVINCE
i. La vie familiale et la vie de société. — ii. Préoccupations politiques. — iii. Rôle dans la vie économique et sociale. — iv. Condition de la veuve. — v. La mère. — vi. Condition de la jeune fille. — vii. Succession féminine. — viii. Droits civiques de la femme.
i. La vie familiale et la vie de société

Ce qui, avant tout, distingue la femme noble de province de celle de Paris, c’est qu’elle fréquente peu la Cour. Placée en dehors de ce milieu, où règne le luxe, où tout souci de la morale a disparu, où triomphent l’esprit d’intrigue et de coterie, la grande dame de province doit, semble-t-il, avoir des préoccupations, une vie, une personnalité bien différentes.

Il s’en faut cependant que toutes les femmes nobles de province, auxquelles les charges de leur mari ou leur fortune ne permettent pas de résider à Paris et de fréquenter quotidiennement Versailles, mènent une vie identique. « Les gentilshommes aisés, dit l’auteur de la plus complète étude sur la noblesse au xviiie siècle, se divisèrent en deux classes : les uns recherchèrent la société, se fréquentèrent de château à château, eurent hôtel ou appartement à la ville pour l’hiver, coururent les réceptions ; les autres, tout entiers à la vie rurale, furent des chasseurs, des pêcheurs, des propriétaires préoccupés de leur culture et vécurent parfois en solitaires dans leurs châteaux[1]. » Les gentilshommes pauvres, qui composent la grande masse de l’ordre de la noblesse, mènent, sinon toujours par goût du moins par force, cette même existence isolée. Naturellement, cette distinction s’applique à leurs femmes et bien différente est la vie de celles qui, dans les villes petites ou grandes, s’efforcent de vivre suivant la mode de Paris ou de Versailles, et celles qui, attachées à leurs terres, partagent avec leurs maris ou exercent seules les devoirs, les occupations et les prérogatives du gentilhomme campagnard.

Dans les grandes cités provinciales, la vie menée par les femmes ressemble par plus d’un trait à celle qu’elles mènent à Paris. Comme parmi la noblesse de Cour, les mariages se concluent rapidement, sans que l’on songe à tenir compte d’autre considération que celle de l’intérêt. La plupart du temps, les jeunes filles sont mariées sans avoir été consultées et avec un homme qu’elle n’ont jamais vu. « Ainsi fut fiancée Mlle de Vassan au marquis de Mirabeau[2] »… Tout aussi rapidement fut négocié au château de Coudray près Thouars, le mariage de Mlle de Monbielle d’Hus… « On avait proposé aux Monbielle deux candidats, l’un, fort riche, mais de noblesse récente, l’autre, fortune moyenne, mais d’ancienne noblesse. Sans connaître ni l’un ni l’autre, les parents se décidèrent pour le second parti. Il s’agissait d’un jeune de Ferrière qui avait servi aux chevaux-légers. Il vint un jour dîner au Coudray et le lendemain fut agréé… Ma mère m’embrasse et me dit que son seul désir était de me voir heureuse. Mon père avait l’air satisfait et tout fut terminé à la satisfaction générale[3]. »

Les exemples fournis par les mémoires du temps ou par les documents d’archives montrent que la conclusion rapide des mariages, et sans que l’on demandât le moins du monde l’avis de l’intéressée, était la règle générale. À ce point de vue, la condition des jeunes filles de noblesse provinciale était de tout point semblable à celle de leurs sœurs de la haute noblesse parisienne. Comme dans la capitale, de tels mariages étaient fréquents et fertiles pour l’épouse en désillusions.

Témoin l’histoire d’une jeune fille d’Angoulême qui, mariée à 15 ans à un M. de la Sourdière, âgé de 49 ans, est aussitôt abandonnée par son mari. Joueur et débauché, celui-ci laisse sa femme à Angoulême et s’en va à Paris où il fréquente les tripots, dissipe 14 900 livres de rentes, 154 000 livres de capital et fait, en outre, 60 000 livres de dettes. Il ne reparaît au domicile conjugal que pour s’emparer des plus beaux meubles qu’il vend aux marchands d’Angoulême et de Bordeaux. Et lorsque la malheureuse Anne-Françoise de la Sourdière transporte dans une de ses maisons d’Angoulême quelques meubles de leur château de Goué, pour les mettre à l’abri des dilapidations de son mari, celui-ci l’accuse de vol[4].

« Tout provinciaux qu’ils fussent, les Mirabeau firent très mauvais ménage. Ils étaient l’un et l’autre violents, fantasques, sensuels. Ils eurent onze enfants. Mais le marquis installa chez lui une de ses maîtresses… La marquise s’en alla dans ses terres et prit des amants, ils plaidèrent furieusement l’un contre l’autre, mêlant leurs enfants à leurs querelles[5]. »

Il semble cependant que les bons ménages fussent beaucoup moins rares dans la noblesse provinciale que dans la noblesse parisienne et que le détachement des époux ne fut pas de règle aussi générale. Le ménage de Charles-Elie de Ferrière, marié, nous l’avons vu, à Mlle de Monbielle d’Hus, offre l’image d’un calme bonheur. Dans le château où elle vit avec son mari, auprès d’Angers, Mme de Thilleau vit très heureuse, « loin des grandeurs », ses jours tous remplis par l’affection d’un mari qu’elle aime[6]. En 1770, une châtelaine lorraine, Mme de Gouy d’Arcy, écrit à un de ses amis, M. de la Varenne : « Aimant mon mari de plus en plus et en étant de plus en plus aimée, rien ne manque à mon bonheur que d’en rendre mes amis les témoins » [7].

Quel contraste entre la vie qu’évoquent ces quelques lignes et l’indifférence de bon ton des époux courtisans !

Sans doute, la province comme Paris connaît des scandales et les mémoires du temps, comme les pièces d’archives, nous révèlent que très fréquemment des jeunes filles ou des femmes reçurent, sur la requête de leur mari ou de leurs parents, des lettres de cachet, salaire de leur trop légère conduite. Ici, c’est une inflammable veuve bordelaise, Mme de Fresne du Bouquet, qui a eu des bontés pour un homme au-dessous de sa condition et que ses parents, voulant empêcher une mésalliance, font enfermer[8]. Là, une femme, dont le mari obtient la réclusion dans un couvent pour accrocs trop nombreux à la loi conjugale et qui d’ailleurs proteste, alléguant que son époux veut se réserver le contrôle de sa fortune[9]. Chose curieuse, les provinces méridionales surtout, et particulièrement le Languedoc et la Guyenne, où sans doute s’était conservée depuis les Albigeois la tradition d’une existence molle emplie par les occupations amoureuses, nous offrent, de beaucoup, les plus nombreux exemples de femmes enfermées à la requête de leurs maris. Les scandales conjugaux, ou tout au moins la rigueur des répressions maritales, apparaissent bien moins nombreux dans les provinces du Centre, du Nord, de l’Est et de l’Ouest. Là, l’austérité était sans doute plus grande et les femmes, même de l’aristocratie, donnaient souvent l’exemple de la vertu.

Cette apparence correspondait-elle toujours à la réalité ? Que cachait l’austère façade ? Il est difficile de le dire. Mais ce qu’on peut avancer sans crainte de se tromper, c’est que, quelle que fut par ailleurs sa conduite, la femme noble de province n’est pas, comme celle de Paris, une émancipée. L’autorité maritale n’est pas ici un vain mot. Et la femme est non seulement soumise à son mari, mais veuve, à ses parents, père, mère, frères ou sœurs, qui surveillent sa conduite et la punissent avec autant de rigueur que le mari « si elle forfait à l’honneur » [10].

Dans les cités provinciales, plus étroites, où tous les membres d’une même société se connaissent et se surveillent, où il n’est pas possible, comme cela est si fréquent à Paris chez les gens de qualité, d’avoir chacun sa maison, la femme vit avec son mari, n’a pas d’autres relations que les siennes et ne peut, comme elle le fait dans la capitale, mener une vie pratiquement étrangère à celle de son mari et en fait indépendante. La plupart du temps, le foyer subsiste et la présence de la femme à côté de son mari à ce foyer fait que cette famille est plus fortement constituée. En province, en un mot, les mœurs, sans suivre à la lettre les lois et sans exiger le total assujettissement de la femme, ne sont pas, comme à Paris, en contradiction absolue avec les lois.

Dans la plupart des capitales provinciales, petites ou grandes, la femme de qualité reste le centre de la vie mondaine. Qu’il s’agisse des femmes de gouverneurs de province ou des intendants venues avec leur mari de la capitale, et qui apportent les mœurs de la Cour et le désir de représenter dignement la vie parisienne, qu’il s’agisse des riches seigneurs provinciaux pourvus d’un hôtel à la ville et d’un château à la campagne, partout les femmes organisent des réceptions brillantes. En 1774, lors de l’ouverture des États de Bretagne, la princesse de Lamballe, belle-fille du gouverneur, organise une réception pour cinq cents gentilshommes et leurs femmes[11] ; à Bordeaux, la duchesse d’Aiguillon, nièce du duc de Richelieu, tient un salon renommé. À Toulouse, s’est formée, au début du règne de Louis XVI, la coterie des agréables qui avait à sa tête les charmantes « sœurs maçonnes » r, Mlle de Fontenille, la marquise de Fraysse, introduit à Toulouse les modes et les danses de Paris[12].

Mlle de Rochebaron, à Lyon, tient un salon où fréquentent l’aristocratie, les lettrés locaux et où, parfois, apparaît une célébrité de la capitale, tel Voltaire[13].

À Besançon, le salon de Mme la Commandante, la duchesse de Talard, est le rendez-vous de toute la haute société. Mme de la Corse, femme de l’Intendant, tient également dans la capitale un bureau d’esprit fort achalandé[14].

« Quand le prince de Montbarey, qui est Comtois, devient ministre de la guerre, toute la garnison se précipite chez sa tante, la comtesse de Scey… À Nancy, la marquise de Lenoncourt et la marquise de Boufflers ouvrent leurs salons à la société la plus distinguée… À Poitiers, le salon de la marquise de Nieuil, femme d’un chef d’escadre, et ceux des marquises de France, de Montbrun et d’Asnières, ceux de Mme de Saint-Wast, veuve d’un receveur général, de la présidente Irland de Bazoges, de la comtesse de Laistre, ne désemplissent pas[15]. »

Dans les petites villes même, où parfois les petites sociétés de noblesse étaient aussi brillantes, aussi gaies que les grandes, les femmes des gentilshommes s’entendent à merveille pour organiser des réceptions où une certaine cordialité franche, une familiarité toujours de bon ton, remplacent l’apparat cérémonieux de la capitale. Ainsi, la société groupée à Autun autour de Mmes de Millery de Villette, d’Orsenne de Morcoux de Montagu ; autour d’elles, on danse, on joue à la paume, on se promène en carrosses, les élégants escortent les dames à cheval, on joue à colin-maillard. « À Thouars, en Poitou, la danse et la musique ont grand succès chez les Monbuelle d’Hus et leurs amis[16]. »

Dans les châteaux où elles rentrent, les mois d’été, les femmes de gentilshommes tâchent, à l’imitation des grandes dames de Paris, qui elles aussi résident quelques semaines ou quelques mois à la campagne, de retrouver la même vie.

Aux environs de Fougères, chez les sœurs de Chateaubriand ; au château de la Brousse, en Poitou, chez Mme de la Chastre, charmante et gaie ; chez Mme de Chilleau, dans son château, près d’Angers ; chez Mme de Ferrière, au château de Marsay, on joue, on danse, on organise des concerts, on donne des comédies[17].

Comme les femmes de la Cour, les femmes de noblesse provinciale ont encore, au xviiie siècle, un très grand orgueil de caste. Les usages veulent que les femmes portent les titres de leur mari, et cela, non seulement pour les véritables titres de noblesse, mais pour ceux des attachés aux fonctions publiques.

« La femme du seigneur haut justicier, dit l’Encyclopédie, a le droit, comme lui, d’être recommandée aux prières communales et reçoit, après lui, l’encens, l’eau bénite et le pain béni, elle suit son mari à la procession et a le droit d’être inhumée dans le chœur[18]. »

Les femmes de l’Intendant, du Commandant, du Lieutenant-Général, du Président, qui aiment à se faire appeler « Mme l’Intendante, Mme la Commandante, Mme la Lieutenante », et qui tiennent jalousement à leur titre, de même que Mme la Baillive et Mme l’Elue, dont parle Molière, reçoivent elles aussi des honneurs. L’arrivée de l’Intendante, dans les villes, est saluée par l’artillerie ; à peine installée, elle reçoit une délégation du corps de la ville qui vient lui offrir des présents, confitures, étoffes précieuses ou produits de l’industrie locale ; par exemple, à Grenoble, des gants[19]. Donne-t-elle le jour à un enfant, nouvelle procession du corps de la ville qui (comme en usa le corps de ville de Toulouse avec Mme de Saint-Priest, femme de l’Intendant) la gratifie d’un bijou précieux, en l’espèce, un diamant de 6 000 livres. Parfois dans une cérémonie, par exemple le baptême d’un enfant de qualité, la femme de l’Intendant figure comme marraine avec tout le corps de ville comme parrain[20].

Dans de nombreuses pièces officielles, les femmes sont gratifiées du titre de conseillères, voire tout au long de conseillère de Parlement[21].

Enfin, une déclaration royale du 14 octobre 1711 a décidé que les femmes des membres de l’ordre du Saint-Esprit et leurs veuves jouiraient des privilèges, exemptions et immunités accordées aux dits membres[22].

De tous les droits et privilèges, de tous leurs titres de noblesse ou de fonction publique, les femmes sont très jalouses, Elles font valoir avec rigueur leurs droits de préséance, et celles qui se considèrent comme plus nobles tiennent à bien marquer la distance qui les sépare des autres. Au siècle précédent, on vit Mme de la Meilleraye « exercer, à Nantes, une véritable tyrannie ». Pendant ses réceptions, elle siégeait avec ses sœurs, sur des fauteuils, n’offrant aux dames de la ville que des tabourets hauts[23].

Sans doute, ne trouve-t-on pas de tels exemples au xviiie siècle où le mélange des sociétés est déjà plus intime et où grande et petite noblesse ont pris l’habitude de se fréquenter. Mais l’orgueil de caste, l’attachement jaloux aux privilèges extérieurs attachés à la noblesse se manifestent par maintes scènes curieuses. Dans un village de l’Aube, on voit la femme d’un seigneur, Jeanne de Marguenat, repousser violemment la corbeille de pain béni parce que on l’a passée d’abord à sa belle-sœur, et, sans crainte de faire scandale, dans l’église, lui ordonner de sortir du banc et de lui céder sa place[24]. À Périgueux, chez Mme de Ferrières, femme du Lieutenant particulier, on voit deux femmes de bonne noblesse, Mme de Fontenille et Mme de Lacotte, en arriver jusqu’à se battre en public pour une petite querelle de même nature. La grand’mère de Tayllerand était confite dans l’orgueil de son nom[25].

Un grand nombre de ces femmes de hobereaux semblent d’ailleurs avoir gardé un peu de la rudesse féodale. Tandis qu’à Paris, deux femmes qui se haïssent échangent des épigrammes, en province elles échangent des coups, à moins que l’une des ennemies ne passe sa fureur sur la servante de l’autre et n’aille, comme le fit Mme de la Blanchardière, battre les servantes de son ennemie dans sa propre maison[26].

Donc la femme, comme l’homme, a conservé en province plus d’étroitesse d’esprit, des mœurs moins relâchées peut-être mais plus rudes et moins policées. On est plus près de la nature et le sang est plus chaud.

ii. Préoccupations politiques

À l’instar de la femme de Cour, la femme noble de province ne néglige pas de s’intéresser à la politique ; les occasions sont d’ailleurs bien moins fréquentes qu’à Paris. Mais les femmes des intendants ou des gouverneurs sont les auxiliaires les plus précieuses de leurs maris. Et leurs salons, comme à Paris ceux des femmes ou des maîtresses des ministres, tiennent parfois une place importante dans la vie politique locale.

C’est ainsi que la duchesse d’Aiguillon, femme du gouverneur de Bretagne, ministre sous le triumvirat, contribua, pour une large part, à amener à son mari des adhésions. « Peu sympathique, l’air hautain, préoccupé des attaques des Bretons, le duc n’attirerait personne sans la duchesse[27]. » Mais celle-ci, incomparable maîtresse de maison, fait de son château le rendez-vous d’une société élégante et lettrée et elle contribue, pour une très large part, à lui rallier une partie de l’opinion.

Une autre duchesse d’Aiguillon, belle-mère de la précédente, joua un rôle analogue en Guyenne. Nièce du duc de Richelieu, nommé en 1757 gouverneur de la Guyenne, elle tenait, à Bordeaux comme à Paris, un salon littéraire, recevant ici les philosophes qu’elle savait, nous le verrons, protéger efficacement, là les beaux esprits bordelais ; elle s’était acquis, dans la haute société, une popularité très grande. Elle mit cette popularité au service de son oncle qui, déconsidéré par ses exactions en Hanovre, en avait alors grandement besoin. Avant l’arrivée du duc, elle entreprit une habile campagne dans la société bordelaise, célébrant personnellement ses mérites, faisant chanter par de petits poètes la gloire du vainqueur de Port-Mahon. Grâce à elle, l’accueil réservé par Bordeaux à Richelieu, qu’on pouvait craindre froid, fut cordial[28].

La duchesse de Chaulnes, femme du prédécesseur de d’Aiguillon au gouvernement de Bretagne, intervint activement dans les querelles qui s’élevèrent entre le pouvoir central et la noblesse bretonne, à propos de l’application de l’impôt du vingtième. Le duc de Chaulnes étant une créature de Mme de Pompadour, sa femme soutint avec passion la politique de Machault ; et ses démêlés avec l’évêque de Rennes, l’un des opposants les plus notables à l’application de l’édit du vingtième et avec la noblesse bretonne, furent aigus[29].

En dehors même des femmes ou parentes des représentants du roi, quelques femmes de gentilshommes nous apparaissent comme s’intéressant à la politique et y prenant au besoin une part active.

Le salon de Mlle de la Roullière, à Lyon, fut un centre d’opposition assez vive contre la politique de Choiseul, puis contre celle du comte de Saint-Germain. Les lettres de Mlle de la Roullière sont un écho des griefs de la petite noblesse, contre les réformes militaires du comte de Saint-Germain qui, parfois par de brusques mises à la retraite, lésèrent les intérêts des gentilshommes de province, passant leur vie dans les fonctions militaires subalternes, au service du roi. Ce mécontentement va, chose assez significative, jusqu’à s’exprimer par de violentes attaques personnelles contre la Cour, contre la famille royale elle-même, dont on critique le luxe et le coûteux train de vie. C’est déjà l’état d’esprit dont fera preuve la petite noblesse au cours de la rédaction de ses cahiers aux États Généraux[30].

En Bretagne, la duchesse de Chaulnes ne fut pas la seule à s’intéresser à la question du vingtième ; un certain nombre de femmes se montrèrent, comme leurs maris, de passionnées adversaires du nouvel édit. C’est au témoignage de d’Argenson, chez une des principales dames de la ville de Rennes, que s’assemblèrent, en 1753, les conjurés contre l’édit de finances et l’impôt du vingtième[31]. Sa résistance aux volontés royales fut d’ailleurs payée de l’exil. Et d’Argenson considère cette rigueur, cependant justifiée, comme une vengeance de la duchesse de Chaulnes. En province comme à Paris, les intrigues personnelles des femmes s’enchevêtrent si bien avec la politique générale et les obligations du gouvernement, que les contemporains eux-mêmes arrivent à ne pas toujours pouvoir les distinguer.

Ce ne sont là que quelques exemples de l’activité politique déployée par les femmes de la noblesse provinciale. Il est évident toutefois que, si elles s’intéressent à la politique et savent y tenir un rôle le cas échéant, elles ont moins d’occasions d’exercer leur goût de l’intrigue ou leurs aptitudes diplomatiques que celles qui vivent à Versailles et que, sauf exceptions, la politique tient dans leur vie une moins grande place. Il n’en sera pas de même, nous le verrons, pour les femmes appartenant à la haute bourgeoisie parlementaire.

iii. Rôle dans la vie économique et sociale

Si toutes les femmes nobles de province ne trouvent pas l’occasion de s’occuper de politique, nombreuses du moins sont celles qui, avec activité et énergie, savent diriger leurs propres affaires, lorsqu’elles sont filles ou veuves ou, lorsqu’elles sont mariées, celles de leurs maris et par surcroît celles de leurs parents. Il s’en faut de beaucoup que, dans la vie des familles provinciales, la femme se contente du rôle effacé de docile épouse et de fileuse de laine. Nous la voyons déployer, à maintes reprises, une habileté, une initiative, un goût de l’intrigue qui, dans d’autres milieux, feraient une femme politique et qui se dépensent sur un terrain moins vaste pour le plus grand bénéfice de la famille dont la femme apparaît, autant que le mari, comme le représentant à l’extérieur.

On pourra un jour, lorsqu’on aura consacré à la vie provinciale française au xviie siècle un certain nombre de monographies, avoir une idée exacte du rôle immense joué par les femmes dans la vie de la France. Pour l’instant déjà, la lecture des mémoires et l’étude de quelques pièces d’archives permet du moins de se représenter avec netteté certains traits.

C’est surtout la femme appartenant à la noblesse pauvre, celle qui vit, non à la ville, mais dans un petit bourg ou dans son château villageois, qui apparaît avec une physionomie originale. La vie de celle-ci, loin de se passer dans les hôtels, imitant de près ou de loin ceux de Versailles, dans de claires et hautes pièces décorées de cabinets rocaille ou de tableaux galants, s’écoule dans une maison antique, telle celle dont un historien d’une famille lorraine, les Saint-Lambert, nous fait la description : « Maison toute nue de façade, avec ses deux fenêtres aux volets pleins, sa haute et large porte cochère ouvrant sur une cour de ferme où donnent quelques chambres surmontées d’immenses greniers ; là, des meubles lourds, vastes et larges, fauteuils recouverts de tapisserie, tables massives, hautes cheminées taillées dans la pierre noircie et dont, seule concession à l’élégance du temps, la tablette est soutenue par des coquilles sculptées, surmontées d’un cadre en relief aux simples fleurons, aux cannelures légères[32]. » Les murs sont nus, parfois cependant ornés de tapisseries représentant des scènes tirées de l’histoire sacrée ou profane ; telle la galerie des femmes illustres que nous trouvons dans le château provençal de la dame de Muy. »

Les Saint-Lambert, Mme de Muy apparaissent comme menant une existence non pas luxueuse mais confortable et aisée. Bien plus nombreux sont ceux des gentilshommes de province qui sont réduits à une pauvreté voisine de la misère. Dans la grande salle du château de Thibault de la Carte, on trouve tout juste une table longue, une table ovale, un sopha, un vieux paravent et quatre mauvaises chaises de paille. Le logement n’a qu’un rez-de-chaussée, une cuisine, une chambre à deux lits, la salle, un petit cabinet et une écurie. La famille entière devait vivre avec des revenus de 1 500, 1 000 et 500 livres[33].

Le souci d’une pénible lutte pour la vie remplit donc souvent l’existence des femmes veuves ou filles de ces hobereaux. Toutes ne sont pas réduites à garder les moutons, comme les filles de certains gentilshommes poitevins, que leur misère réduit presque à la condition de villageoises. Mais très nombreuses sont celles pour qui l’existence est dure et qui s’évertuent péniblement à joindre les deux bouts.

Bien des femmes ou veuves de gentilshommes qui n’ont pas d’autres ressources que la générosité royale. Celle-ci se manifeste fréquemment par des gratifications et des pensions, et nous voyons les femmes, soit s’entremettre pour les faire obtenir à leurs maris, soit, veuves ou vielles filles, faire des démarches pour leur propre compte. Très nombreuses sont, dans toutes les provinces, les femmes qui, alléguant l’ancienneté de leur famille et son attachement au service du roi et de la Patrie[34], adressent à la Cour de semblables requêtes. Nombreuses également celles, qui véritables déclassées, quittent leur manoir pour aller tenir à la ville la plus proche une maison de jeu. D’autres vivent d’expédients, empruntant, escroquant jusqu’au moment où elles sont arrêtées. Telle la dame Lompré de Bonneville, dont la vie errante, dans le Languedoc, est bien celle d’une déclassée[35]. Certaines enfin s’en vont à Paris ou dans les villes de leur province, exercer tel petit métier lucratif. C’est le cas de Mme Ignace de Tournemine, qui a obtenu, en survivance de son mari, le privilège des chaises portatives à Paris et dans les autres villes du royaume[36].

De même enfin, il arrive qu’on voie des filles de pauvres gentilshommes s’unir à des travailleurs[37].

Sans en arriver jusqu’à cette obligation, un grand nombre de femmes dont, dans les mémoires ou les archives apparaissent les physionomies, mènent une vie très modeste et assez gênée, fort éloignées des plaisirs et de la dissipation du monde et où l’on sent à chaque instant l’effort pour sortir d’une pénible lutte pour la vie. « Je ne sais, mon frère, ce que vous pensez de moi de ne vous avoir remercié des 1 650 livres que vous m’avez données… « , écrit à son frère Mme de Guéoux, veuve d’un lieutenant criminel de l’Orléanais. La réponse du frère nous apprend que cette somme a été destinée en partie à payer l’habit de deuil[38].

« Nous sommes à un méchant temps où l’on ne peut toucher un sol », mande Mme de Chamigny à sa fille, Mme de la Roche Aymon. Et un peu plus tard, on voit cette dernière mettre toute son espérance dans l’établissement avantageux que l’évêque du Puy doit procurer à l’une de ses filles, les autres devant se résigner à entrer en religion[39]. Quel signe meilleur de la pauvreté menaçante que la difficulté où un grand nombre de femmes de nobles campagnards éprouvent à tenir un rang ! Mme de Ferrières trouve, au début de son mariage, le château du Poitou, où elle va habiter avec son mari, presque complètement démeublé. Elle achète quarante aunes d’indienne et aide, de ses propres mains, la fille tapissière a recouvrir de vieux meubles hors d’usage.

Puis elle vend des terres pour acquérir un cabriolet et deux chevaux[40].

La comtesse de la Roche Aymon, ne pouvant elle-même faire l’acquisition d’une voiture, prend en location une berline, qu’elle veut d’ailleurs luxueuse, « garnie de drap gris avec des rideaux de taffetas aurore, trois glaces, le fond peint en rouge et des chiffres sur les panneaux » [41].

D’autres, possédant des propriétés ou de petits revenus qui leur assurent la certitude du lendemain, ou que leur âge ou leurs goûts dispensent de jouer un rôle brillant, se sont organisé une existence calme, exempte de soucis, remplie par le seul accomplissement des devoirs religieux et les préoccupations charitables. Voici la grand’mère de Chateaubriand, « vêtue de robes à plis à l’antique, une coiffe de dentelle noire nouée sous le menton, dont la conversation grave évoque le souvenir des règnes passés et qui, avant son coucher, qui est à neuf heures, suivant l’antique usage, prend part à la prière familiale[42] ». Voici les deux demoiselles de Saint-Lambert qui s’enferment dans leur manoir d’Haroué « où elles se cantonnent en travaux agricoles, en œuvres pies…, tiennent les nouveaux-nés sur les fonts de l’église du village, multipliant les fondations en argent et en rentes » [43]. Voici, au château de Chalais, près Barbezieux, la grand’mère de Talleyrand qui ne s’occupait « qu’à soigner les malades et le dimanche, après la messe, distribuait dans son apothicairerie, des onguents, des sirops, des tisanes et du vin ; elle avait ses armoires pleines de charpie de linge fin en rouleau pour faire des compresses et elle en distribuait elle-même les bandes » [44].

Nombreuses sont les femmes, surtout les vieilles filles ou les veuves, qui instituent des couvents sur leurs terres ou, comme Mlle de Louvement, à Amiens, fondent des écoles ou des communautés pour les malades et les incurables[45].

Veuves, vieilles filles ou simplement seules dans leur château, parce que leur mari est parti au service du roi, les femmes nous apparaissent comme sachant mettre en valeur leur patrimoine avec habileté et énergie.

Du livre de raison de la famille Manteyer, conservé aux archives des Hautes-Alpes, surgit la curieuse physionomie de Mme de Manteyer qui, seule dans le château, apparaît comme un vrai gentilhomme campagnard. Nous la voyons diriger sans faiblir un nombreux personnel de domestiques, de chambrières, de pâtres, de bouviers, envoyer ceux-ci dans la montagne, ceux-là dans la forêt voisine, d’autres sur les routes de Gap. Son château est comme une ruche active, centre d’une vie familiale et économique intenses. Une Mme de Manteyer montre que, à maintes reprises, et bien plus souvent sans doute que ne le montrent les document que nous conservons, les femmes tinrent au manoir la place de l’homme. À travers les énumérations un peu sèches du livre de raison, Mme de Manteyer apparaît comme une femme de tête et d’énergie, modèle de la ménagère diligente.

Mais d’autres physionomies plus originales et moins sympathiques apparaissent : la dame de Peyrusel Jeanne de Lacomsbe poursuit, avec une avidité tenace, le recouvrement des dettes de ses malheureux tenanciers et prive les pauvres laboureurs de leur humble mobilier : leur lit, leur coffre et de leurs pauvres ustensiles de fonte ou de fer[46].

La dame de Saint-Martin est propriétaire d’assez vastes domaines dans l’Angoumois ; elle exerce rigoureusement les droits de suzeraineté sur ses vassaux et vassales et entend ne se laisser déposséder d’aucune de ses prérogatives.

Comme quelques-unes sont tombées en désuétude et que les droits des seigneurs suzerains et des vassaux ne sont plus toujours nettement délimités, elle ne peut obtenir cet exercice plein et entier de ses droits que par des procès. Et, pendant de longues années, nous la voyons, vraie comtesse de Pimbêche, plaider sans arrêt ; elle plaide contre sa fille et son gendre, au sujet des droits de vente ; elle plaide une seconde fois contre eux, au sujet du partage de la succession de son mari. Elle plaide contre Mme de Bouex, pour l’obliger à se départir à son profit de ses droits de chasse et de pêche et à lui prêter hommage pour sa seigneurie ; elle plaide contre les autorités provinciales pour la défense de ses droits sur la forêt d’Horte et à propos des travaux qu’elle veut faire exécuter sur le Bandiat ; elle défend âprement ses droits contre les agents du roi eux-mêmes lorsqu’elle juge que, pour l’impôt du vingtième, par exemple, elle a été trop lourdement taxée[47]. De ces perpétuels procès elle sort le plus souvent victorieuse, les recommençant d’ailleurs avec une inlassable persévérance jusqu’à ce qu’enfin elle ait obtenu gain de cause. Par ces procès, par ces démêlés familiaux, par les travaux nombreux qu’elle fait exécuter sur ses terres, sa vie apparaît comme singulièrement remplie. Et elle semble, au xviiie siècle, une châtelaine féodale, rude orgueilleuse et combative qui, à d’autres époques, eût conduit ses troupes à l’armée et rançonné ses vassaux.

L’activité, l’esprit d’intrigue de Mme de Pallières, châtelaine de Serqueux, près Bourbonne en Lorraine, se dépense aussi en intrigues et en procès qui la mènent jusqu’à Paris et à la Cour. Demeurée seule dans son manoir, « son mari et ses deux fils servant le roi à l’armée », non seulement Mme de Pallières conserve jalousement, comme Mme de Saint-Martin, le domaine familial et, pour ce, engage de nombreux procès, mais elle est à la Cour l’avocat de toute la famille. « Cette femme au cœur fier, à l’esprit résolu, roule sans cesse de Paris à Versaille[48] », obtenant des ministres grâces et pensions : pour son mari, quinze cents livres sur la marine, pour son beau-frère, l’abbé de Pallières, le renouvellement de son bénéfice de Theuley, qu’il avait imprudemment abandonné, le soutenant ensuite dans ses luttes contre son prieur et ses moines, n’épargnant ses courses ni à l’intendance de Châlons, ni à Versailles, et n’interrompant la poursuite de l’affaire où son beau-frère a décidément gain de cause, que pour voler au baillage de Langres où elle soutient des procès.

Mais les femmes qui durent vivre seules sur leurs terres ne se contentèrent pas de défendre en égoïstes leurs intérêts familiaux. Elles nous apparaissent bien souvent comme préoccupées de mettre en valeur leurs domaines, non seulement selon une antique routine mais dans un esprit de progrès, tirant parti de toutes leurs ressources, améliorant leur sol seules ou avec des collaborations masculines, recherchant ou appliquant des nouveaux procédés agricoles, créant des industries, désireuses enfin de donner aux populations dont elles ont la charge la prospérité.

Mme de Seré de Poursin, Mme d’Ounous, Marie Rivais de Paulon, seigneuresse de Daumazan, propriétaires campagnardes de l’Ariège, se livrent, en exécution de l’édit de 1776 sur les terres en friche, à des défrichements[49]. Mme de Seyssel élabore avec son mari un projet de flottage des bois sur le Doubs[50].

Quelques-unes semblent avoir particulièrement à cœur le bienêtre de leurs paysans.

Mme Chavanion de Lafayette, sur ses terres d’Auvergne, peu fertiles et souvent menacées de famine, veut faire régner l’abondance. Elle forme le projet de mettre en réserve les grains fournis par ses domaines particuliers pour les distribuer, pendant les années de disette, « aux misérables emphytéotes de qui elle les a reçus ».

L’intendant Rossignol l’oblige, d’ailleurs, à vendre ses grains et elle ne peut exécuter son généreux projet[51]. La comtesse de Lanneau, propriétaire de fabriques en Picardie, introduit dans la région la mode des indiennes. Une dame de la même province, la comtesse de Lameth, a établi une fabrique de coton à Bétencourt, puis, dans la même localité, une manufacture de toile de coton, ceci non pour en tirer des bénéfices mais pour améliorer le sort de la population : « Femme pleine de lumière et de connaissance, dit le subdélégué Ducastel dans un mémoire adressé à l’Intendant de Picardie, elle s’est multipliée pour le bonheur des paysans et est adorée dans le pays[52]. »

Il se trouve donc parmi les femmes qui doivent mener la vie du propriétaire campagnard, et même parmi celles qui ne restent que momentanément sur leurs terres, quelques esprits d’élite et quelques cœurs généreux qui ne voient pas seulement dans leur domaine une source de revenus mais considèrent qu’elles ont charge d’âme et, en esprits éclairés, tentent d’intelligentes réformes.

Quant à celles qui, sans arrière-pensée philanthropique, et dans le seul but d’accroître leurs ressources, créèrent sur leurs terres des établissements ou exploitations industriels, elles apparaissent comme nombreuses. À l’exemple des grands seigneurs, les plus grandes dames s’intéressent à des entreprises industrielles. Les comtesses de Rochefort et de Castellane sont parmi les associées du marquis de Mirabeau dans l’exploitation de la mine de plomb de leurs terres de Glanges, en Limousin[53]. Elles trouvent dans la noblesse campagnarde des imitatrices : ce sont M. et Mme de Serilly, gentilshommes auvergnats, qui exploitent les mines de plomb de leur terre de Meyrannes[54], C’est la baronne d’André, qui adresse au gouvernement une demande de concession de mine dans le Limousin[55]. C’est la comtesse de Juliac, qui ouvre une mine de charbon dans sa seigneurerie de Sérignac[56]. C’est la duchesse de Villeroi, qui commandite le baron d’Espalier, inventeur d’un procédé pour fixer les sables aurifères. C’est Mme d’Alagnat qui, à la mort de son mari, fait renouveler en sa faveur le privilège de sa faïencerie[57].

Voilà des exemples qu’une étude approfondie de la vie économique des provinces françaises et de leur évolution agricole et industrielle, à la veille de la Révolution française, permettrait sans doute de multiplier. Ils montrent que la femme de la noblesse provinciale employait bien souvent, d’une manière généreuse à la fois et pratique, le temps que la Parisienne dépensait aux intrigues de Cour et que son activité, son initiative furent, non moins que celles des hommes, un élément de la prospérité de ses domaines et des régions avoisinantes.

  1. Henri Carré. La noblesse de France et l’opinion publique au xviiie siècle.
  2. Henri Carré. Loc. cit.
  3. Ibid.
  4. Arch. dép., Charente, E. 1063.
  5. Carré. Loc. cit.
  6. Arch. dép., Maine-et-Loire, F. 2327.
  7. Mme de Gouy d’Arcy à M. de Varennes (Arch. dép., Lorraine annexée).
  8. Arch. dép., Gironde, C. 224.
  9. Arch. dép., Hérault, C. 108.
  10. En 1708, Louise de l’Isle est condamnée à passer ses jours dans un couvent à la requête de sa sœur. (Arch. dép., Côtes-du-Nord, B. 600).
  11. Cabré. Loc. cit.
  12. Vivie de Saint-Régis. Les femmes et la société de nos derniers parlementaires toulousains.
  13. De Gallien. La vie de province au xviiie siècle.
  14. Ardaschef. Les intendants de province sous Louis XVI.
  15. Carré. Loc. cit.
  16. Loc. cit.
  17. De Broc. La vie sous l’ancien régime.
  18. Encyclopédie, art. Femme.
  19. Arch. Départ., Isère, BB. 122.
  20. À Grenoble, au baptême d’une fille de Mme de Bérulle, le corps de ville est parrain et l’intendante est marraine.
  21. Cf. Arch. Départ., Morbihan, E. suppl., 1587.
  22. Isambert. Anciennes lois.
  23. Babeau. Bourgeois d’autrefois.
  24. Arch. Départ., Aube, E. 313.
  25. Carré. Loc. cit.
  26. Arch. Départ., Dordogne, B. 282.
  27. Carré. Loc. cit.
  28. Grellet-Dumazeau. Le salon de Mme Duplessis et la société bordelaise au xviie siècle, Bordeaux, 1897.
  29. D’Argenson. Loc. cit.
  30. De Gallien. La vie de province sous l’ancien régime.
  31. D’Argenson. Loc. cit.
  32. Georges Mangeot. La famille de Saint-Lambert.
  33. Carré. La noblesse de France et l’’opinion publique au xviiie siècle.
  34. Lettre de la dame Dupuy de Villiers. Arch. Départ., Hérault. C 2866.
  35. Arch. Départ., Hérault, C. 138.
  36. Arch. Départ., Haute-Garonne, B. 1525.
  37. Mariage de Jean Molière, travailleur, avec noble Marguerite Grefeuille. Arch. Départ., Gard, E. 732.
  38. Arch. Départ., Eure-et-Loire, E. 622.
  39. Arch. Départ., Creuse, E. 438, 448.
  40. Souvenirs de Mme de Manbielle d’Hus, baronne de Ferrières.
  41. Arch. Départ., Creuse, E. 435.
  42. Carré. La noblesse de France.
  43. Mangeot. Loc. cit.
  44. Carré. Loc. cit.
  45. Arch. Dép., Somme, C. 1609.
  46. Arch. Départ., Dordogne, B. 1400.
  47. Arch. Départ., Charente, E. 88.
  48. Georges Mangeot. Autour d’un foyer lorrain.
  49. Arch. Départ., Ariège, B. 140.
  50. Arch. Départ., Côte-d’Or, C. 104.
  51. Arch. Départ., Puy-de-Dôme, C. 892.
  52. Arch. Départ., Somme, C. 285.
  53. Carré. Loc. cit.
  54. Arch. Départ., Puy-de-Dôme, C. 6973.
  55. Arch. Départ., Haute-Vienne, C. 355.
  56. Arch. Départ., Gironde, C. 1598.
  57. Arch. Départ., Hérault, C. 2712.