La Prison du Mid-Lothian/Chapitre 22

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La Prison du Mid-Lothian ou La jeune caméronienne
Traduction par Albert Montémont .
Ménard (Œuvres de Walter Scott, volume 26pp. 244-251).


CHAPITRE XXII.

DÉBATS ET PLAIDOIRIES.


Nous avons des statuts sévères, des lois rigoureuses pour servir de frein aux esprits indomptables et que nous avons laissés dormir depuis quatorze ans, semblables à un lion vieilli, retiré dans son antre, et qui ne va plus chercher sa proie.
Shakspeare. Mesure pour mesure.


« Euphémie Deans, » dit le président d’un ton où la dignité était mêlée de compassion, levez-vous, et écoutez l’accusation intentée contre vous. »

La malheureuse fille, qui avait été comme étourdie par le tumulte et la foule à travers laquelle les gardes lui avaient ouvert un passage, jeta un regard égaré sur la multitude de figures qui l’entouraient, et qui tapissaient pour ainsi dire les murs depuis le plafond jusqu’au plancher, et obéit machinalement à un ordre qui retentissait à son oreille comme la trompette du jugement dernier.

« Relevez vos cheveux, Effie, » lui dit un des huissiers ; car les longues et abondantes tresses de ses beaux cheveux que, suivant la coutume du pays, les femmes non mariées ne couvrent jamais d’aucune espèce de bonnet, et qu’Effie n’osait plus, hélas ! retenir par le ruban, symbole de la pureté virginale, étaient répandus sur sa taille et sur son visage, et cachaient presque entièrement ses traits.

En recevant cet avis de l’huissier, la jeune fille infortunée, avec un mouvement précipité et presque machinal, écarta les boucles épaisses qui ombrageaient son front, et montra à l’assemblée entière, dont tous les yeux, à l’exception de ceux d’un seul individu, étaient avidement fixés sur elle, une figure qui, bien que pâle et amaigrie, était si belle encore dans sa douleur, qu’elle excita un murmure unanime de compassion et d’intérêt. Ces témoignages de sensibilité tirèrent apparemment la pauvre fille de l’état de stupeur où l’avait d’abord jetée l’effroi qui s’était emparé d’elle, et qui avait dominé toutes ses autres sensations, et réveilla dans son âme le sentiment non moins pénible de la honte publique à laquelle elle se voyait exposée. Ses yeux, qui d’abord avaient parcouru l’assemblée avec égarement, se baissèrent alors vers la terre ; la pâleur mortelle de ses joues commença à faire place à une faible rougeur, mais qui s’augmenta si vite, que, dans l’agonie de la honte, lorsqu’elle chercha à se couvrir la figure, ses tempes, son front, son cou et tout ce que ses doigts délicats et ses petites mains ne pouvaient cacher, parurent couverts de pourpre le plus foncé.

Tout le monde remarqua ce changement, et en fut ému ; tout le monde, un seul individu excepté : c’était le vieux Deans qui, immobile sur son siège, et caché, comme nous l’avons dit, par le coin du banc qui ne lui permettait ni de voir, ni d’être vu, n’en tenait pas moins ses yeux attachés fixement sur la terre, comme déterminer à n’être d’aucune manière possible le témoin oculaire de la honte de sa maison.

« Ichabod ! » se disait-il en lui-même, « Ichabod ! ma gloire est éclipsée ! »

Tandis qu’il se livrait à ces réflexions, on fit lecture de l’acte d’accusation qui exposait dans les termes ordinaires les faits dont la prévenue était accusée, et l’on demanda à la prisonnière, suivant l’usage, si elle se reconnaissait coupable ou innocente.

« Innocente de la mort de mon pauvre enfant ! » dit Effie Deans d’une voix dont les accents plaintifs et la douceur étaient tellement en harmonie avec la beauté de ses traits, que l’auditoire ne put l’entendre sans émotion.

Le juge-président ordonna aux avocats de plaider la cause, c’est-à-dire d’exposer de part et d’autre les arguments en point de droit, et les preuves en point de fait, pour et contre la prévenue, après quoi la cour a l’habitude de prononcer un jugement préliminaire et renvoie la cause aux jurés.

L’avocat de la couronne exposa brièvement que la nécessité de prévenir la fréquence du crime d’infanticide avait donné lieu à la loi d’après laquelle l’accusée devait être jugée. Il rapporta les différents exemples, la plupart accompagnés de circonstances atroces, qui avaient enfin forcé le procureur du roi d’essayer, quoique, avec beaucoup de répugnance, si, en mettant en vigueur l’acte du parlement qui avait été passé pour empêcher de tels crimes, on pourrait en diminuer le nombre. « Il croyait disait-il, pouvoir établir par des témoins et par la déclaration de l’accusée elle-même, qu’elle était dans le cas prévu par la loi. » Suivant ces dépositions l’accusée n’avait communiqué sa grossesse à personne, et elle-même dans sa déclaration en convenait. Le secret qu’elle avait gardé était la base fondamentale de l’accusation. Les mêmes dépositions reconnaissaient qu’elle avait donné naissance à un enfant mâle, dans des circonstances qui ne donnaient que trop lieu de croire qu’il avait péri par les mains, ou du moins avec le consentement de la malheureuse mère ; que, d’ailleurs, il n’était pas obligé de prouver positivement que la mère avait participé au meurtre, ou même que l’enfant eût été assassiné : il lui suffisait, pour soutenir l’accusation, de prouver qu’il avait disparu, puisque, d’après les termes rigoureux mais justes de la loi, la femme qui cachait sa grossesse et qui n’appelait pas les secours qui sont si nécessaires en pareilles circonstances, était déjà soupçonnée d’avoir médité d’avance la mort de son enfant ; événement qui semblait devoir être la conséquence de ce mystère coupable et cruel ; et si, dans un tel cas, elle ne pouvait reproduire l’enfant vivant, ou prouver qu’il était mort de mort naturelle, elle était regardée, d’après les termes de la loi, comme l’ayant détruit elle-même, et devait, en conséquence, être punie de mort.

M. Fairbrother, avocat de l’accusée, homme d’une grande réputation dans le barreau, ne s’attacha pas à combattre directement les arguments de l’avocat général ; il commença par regretter que son ancien à la barre, M. Langlate, eût été subitement appelé dans le comté où il était shérif, et qu’il eût été prévenu si tard pour aider l’accusée de ses conseils dans cette cause intéressante. Il avait eu bien peu de temps à donner aux recherches minutieuses que cette affaire demandait, et qui seules auraient pu compenser son infériorité relativement à son illustre confrère, et il craignait de donner une preuve de son incapacité en étant forcé d’avouer la justesse de l’accusation d’après les termes de la loi. « Il suffit à Leurs Seigneuries, observa-t-il, de savoir que telle est la loi, et d’admettre que l’avocat a le droit d’introduire un interlocutoire.

« Mais quand il en viendrait à établir les faits par des preuves, je me flatte, disait-il, de produire des circonstances qui détruiront les changes portées dans l’accusation. L’histoire de ma cliente est aussi courte que triste : elle a été élevée dans les principes les plus sévères de religion et de vertu ; elle est fille d’un homme respectable et vertueux qui, dans des temps de persécution, s’est fait connaître par son courage et par sa piété, et qui a souffert lui-même pour obéir à la voix de sa conscience. »

En entendant parler de lui de cette manière, Davie Deans tressaillit involontairement, puis il reprit la posture dans laquelle il avait jusque là écoulé les plaidoiries, la tête cachée dans ses deux mains, qui étaient appuyées sur le bord élevé du banc des juges. Parmi les hommes de loi présents, les whigs parurent écouter avec intérêt, les visages des torys s’allongèrent.

« Quelle que puisse être la différence de nos opinions, » reprit l’avocat, dont le but était d’entraîner, autant que possible, tout l’auditoire de son côté, « sur les dogmes particuliers de ces sectaires (ici Deans fit un profond gémissement), il est impossible de nier que leur morale ne soit pure et même austère, et qu’ils n’élèvent leurs enfants dans la crainte de Dieu ; et cependant c’est la fille d’un tel homme qu’un jury va bientôt être appelé à condamner sur de simples présomptions, et en l’absence de preuves, pour un crime qui semble plus fait pour un pays de sauvages sans religion et sans lois que pour des chrétiens civilisés. Je conviens cependant que les excellents principes et les premières instructions qu’avait reçus la malheureuse fille n’ont pu entièrement la préserver de l’erreur : elle est devenue victime d’une passion inconsidérée pour un jeune homme qu’on m’a représenté comme joignant à un extérieur séduisant un caractère audacieux et criminel. Elle s’était laissé séduire par une promesse de mariage, promesse qu’il aurait tenue peut-être si alors la loi ne l’avait réclamé lui-même pour expier un défit déjà assez grave, mais qui n’avait été que l’avant-coureur d’une suite d’événements tous marqués par le crime et le sang, et dont le dénoûment n’était pas encore arrivé. Je crois que l’on n’apprendra pas sans surprise que le père de cet enfant qui a disparu, et que M. l’avocat général prétend avoir été assassiné, est le fameux George Robertson, le complice de Wilson, le héros de la fuite mémorable de l’église de la prison, et, comme personne ne le sait mieux que M. l’avocat général, le principal acteur dans le complot formé contre Porteous. — Je suis fâché d’interrompre un avocat dans une semblable cause, dit le juge-président ; mais je dois lui rappeler qu’il s’écarte entièrement de son sujet. »

L’avocat s’inclina et reprit : « J’ai cru nécessaire de parler ici de Robertson, parce que les circonstances où cet individu s’est trouvé placé contribuent beaucoup à expliquer le silence mystérieux que M. l’avocat général regarde comme la principale preuve que l’accusée méditait la destruction de l’innocente créature à laquelle elle allait donner la vie. Elle n’avait pas avoué à ses parents qu’elle s’était écartée du sentier de l’honneur : et pourquoi ne l’avait-elle pas fait ? c’est qu’elle espérait chaque jour voir sauver sa réputation par la réparation que son séducteur lui avait promise, et qu’elle croyait ses intentions sincères. Est-il naturel, est-il juste d’imaginer que, dans l’intervalle, elle irait se couvrir de honte, devenir felo de se en proclamant publiquement sa fragilité, tandis qu’elle avait toutes les raisons possibles de croire qu’en la cachant pendant un certain temps elle pourrait ensuite en dérober à jamais la connaissance ? N’est-il pas au contraire bien pardonnable à une jeune personne qui se trouvait dans un tel cas, d’avoir eu de la répugnance à prendre pour confidente la première commère qui, avec des yeux curieux et des oreilles avides, avait pu l’interroger sur les circonstances suspectes que les femmes de la classe du peuple, je pourrais dire même les femmes de tous les rangs, sont si promptes à remarquer, que quelquefois elles les voient là où elles n’existent pas ? Est-il étrange et peut-on la blâmer d’avoir repoussé leur impertinente curiosité par des dénégations mêlées d’impatience ? Tous ceux qui m’entendent sont, j’en suis convaincu, disposés par sentiment à l’absoudre de ce tort. Mais, quoique ma cliente ait ainsi gardé le silence envers ceux qui n’avaient pas le droit de l’interroger sur sa situation, et auxquels j’ajouterai qu’il eût été imprudent et inconvenant de sa part d’en faire la confidence, j’espère cependant établir qu’elle n’est pas dans le cas prévu par les dispositions de la loi, et obtenir pour cette malheureuse jeune fille un acquittement honorable devant Leurs Seigneuries, en prouvant qu’en temps et lieu convenables elle plaça sa confiance dans la personne qui en était le plus digne, et lui avoua la cruelle position dans laquelle elle se trouvait. Ceci eut lieu après la condamnation de Robertson, et tandis qu’il était en prison, attendant le sort que subit ensuite son camarade Wilson, et auquel il échappa si miraculeusement lui-même avec l’aide de ce dernier. Ce fut à cette époque où, perdant tout espoir de voir sa honte effacée par un mariage qui, dans le cas même où il eût encore été possible, n’aurait été pour elle, dans la situation de Robertson, qu’un opprobre de plus ; ce fut à cette époque, dis-je, que la prisonnière, comme j’espère pouvoir le prouver, confia son secret à une sœur, plus âgée de quelques années, et issue, à ce qu’il paraît, d’un premier mariage, et qu’elle la consulta sur les embarras et les dangers de sa malheureuse position. — Si en effet vous pouvez établir ce point, monsieur Fairbrother… dit le président. — Oui, milord, reprit M. Fairbrother, si je puis établir ce point, je me flatte non seulement de sauver ma cliente, mais encore d’épargner à Vos Seigneuries l’obligation la plus pénible de l’honorable emploi qui leur est confié, et procurer à tous ceux qui m’entendent maintenant la douce satisfaction de voir une créature aussi jeune, aussi belle, aussi ingénue que celle qui est maintenant présente à la barre, honorablement acquittée d’une aussi odieuse accusation. »

Cet appel sembla produire une vive impression sur la plus grande partie de l’auditoire, et fut suivi d’un léger murmure d’approbation. Deans, en entendant appuyer sur la beauté et l’air ingénu de sa fille, fut involontairement sur le point de tourner les yeux vers elle ; mais, revenant à lui-même, il les reporta de nouveau sur la terre avec la même obstination.

« Mon illustre confrère qui siège du côté opposé de la barre, » reprit l’avocat après un moment de pause, « partagera sans doute la satisfaction générale, puisqu’en remplissant le devoir qui lui prescrit de poursuivre un accusé, on sait que personne ne se réjouit plus sincèrement que lui de le voir honorablement acquitté. Mais je vois que mon illustre confrère secoue la tête d’un air de doute, en portant la main sur la déclaration d’Euphémie. Je le comprends parfaitement : il veut dire que les faits que je viens d’exposer ne sont nullement d’accord avec la déclaration d’Euphémie Deans elle-même. Je n’ai pas besoin de rappeler à Vos Seigneuries qu’il n’y a pas de loi qui oblige sa défense présentée être renfermée dans les limites de ses premiers aveux, et que ce n’est pas d’après ces aveux mêmes, mais d’après ce qui sera prouvé pour ou contre elle, qu’elle doit être finalement absoute ou condamnée. Je ne suis pas obligé d’expliquer pourquoi elle a jugé convenable d’omettre dans sa déclaration la confidence qu’elle a faite à sa sœur : elle pouvait n’en pas connaître l’importance ; elle pouvait craindre de compromettre sa sœur ; elle pouvait même l’avoir oubliée entièrement dans le premier moment de terreur et d’effroi qu’a dû éprouver une fille si jeune en se voyant arrêter pour un crime si odieux. La moindre de ces raisons pourrait suffire pour expliquer comment, dans ce cas, elle a omis de parler de ce fait ; mais je suis d’autant plus porté à croire que ce fut eu raison de sa crainte mal fondée d’incriminer sa sœur que je remarque qu’elle a prouvé la même délicatesse à l’égard de son amant, tout indigne qu’il en est, et qu’elle n’a pas prononcé une seule fois le nom de Robertson dans sa déclaration.

« Mais, milords, continua Fairbrother, je sais que M. l’avocat du roi attend de moi que je lui prouve que ce fait peut se concilier avec d’autres circonstances de l’affaire que je ne puis nier. Il me demandera comment l’aveu qu’Effie Deans aurait fait à sa sœur pendant sa grossesse peut s’accorder avec le mystère de son accouchement, avec la disparition et peut-être le meurtre de l’enfant ; car je ne puis nier la possibilité d’un fait contre lequel je n’ai pas de preuvres : milords, l’explication de tout ceci se trouve naturellement dans l’indulgence, je dirai même dans la facilité et la faiblesse du caractère de la femme. Les dulces Amaryllidis irœ, comme Vos Seigneuries le savent bien, sont aisément apaisées ; et quelque cruellement outragée qu’une femme ait été par l’homme qui fut l’objet de son amour, il est impossible qu’elle ne lui conserve pas toujours un fonds d’indulgence que son repentir véritable ou affecté trouvera toujours inépuisable. Nous pouvons prouver, par une lettre qui fait partie de nos preuves, que ce mauvais sujet de Robertson, du fond de la prison où probablement il méditait déjà la fuite qu’il accomplit ensuite avec le secours de son camarade, continuait d’exercer son influence sur l’esprit de cette malheureuse fille et de diriger ses actions. Ce fut pour se conformer aux injonctions exprimées dans cette lettre, que la prévenue se décida à changer la ligne de conduite que des réflexions plus sages lui avaient suggérée, et qu’au lieu de recourir à la protection de sa famille quand arriva l’époque de l’enfantement, elle s’abandonna à la garde de quelque vil agent de son séducteur, et se laissa conduire par lui dans un de ces repaires secrets du vice et du crime, qui, à la honte de notre police, existent encore dans les faubourgs de la capitale, et là, avec le secours et sous la garde d’une personne de son propre sexe, elle mit au monde un enfant mâle, dans des circonstances qui ajoutaient un double degré d’amertume aux douleurs imposées à notre première mère. Quel est le but de Robertson dans tout ceci ? c’est ce qu’il est difficile de dire ou même de deviner : il peut avoir eu l’intention d’épouser cette jeune fille, car son père est un homme riche ; mais, ce qu’il est encore plus difficile d’expliquer, c’est le dénoûment de l’histoire et la conduite de la femme qu’il avait placée auprès d’Euphémie Deans. Cette malheureuse jeune fille fut saisie de la fièvre qui accompagne son état : en reprenant ses sens, elle ne retrouva plus son enfant dans cet asile de la misère ; la misérable qui la soignait l’avait fait disparaître, et peut-être dans les plus criminelles intentions. Qui peut dire qu’il n’ait pas été en effet assassiné ? »

Ici il fut interrompu par un cri perçant de la malheureuse prisonnière. Ce fut avec peine qu’on parvint à la calmer : son avocat profita de cette interruption tragique pour terminer son plaidoyer avec effet.

« Milords et messieurs, dit-il, vous venez d’entendre dans ce cri douloureux celui de la tendresse maternelle bien plus éloquente que mes faibles paroles… Rachel pleurant ses enfants… La nature vient elle-même rendre témoignage en faveur de la force et de la sensibilité des affections maternelles de ma cliente. Je n’affaiblirai pas sa défense en y ajoutant un mot de plus. »

« Avez-vous jamais rien entendu de semblable, laird ? » dit Saddletree à Dumbiedikes quand l’avocat eut fini de plaider : « voilà un homme qui peut filer toute quenouille avec un petit brin de chanvre. Du diable s’il sait autre chose que ce qu’il y a dans la déclaration ; et quant à ce qu’il avance de la connaissance que Jeanie Deans avait de la situation de sa sœur, M. Crossmyloof prétend qu’il s’appuie sur une assez légère autorité ; mais voyez le gros oiseau qu’il a fait sortir de ce petit œuf… Il sera capable de faire sortir les poissons de la rivière… Ah, ah ! pourquoi mon père ne m’a-t-il pas envoyé à Utrecht ?… Mais, chut ! la cour va prononcer le résumé de l’affaire. »

En effet les juges, après quelques paroles, prononcèrent que l’accusation, dans le cas où elle serait prouvée, rendrait l’accusée passible des peines de la loi ; et que, le fait allégué de la déclaration faite par l’accusée à sa sœur, s’il était prouvé, serait une justification suffisante : enfin, ils soumirent l’accusation et la défense au jugement des jurés.