Le Koran (Traduction de Kazimirski)/9

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Librairie Charpentier (p. 146-160).

CHAPITRE IX.

L’IMMUNITÉ OU LE REPENTIR[1].


Donné à Médine. — 130 versets.


  1. Voici la déclaration d’immunité de la part de Dieu et de son prophète a ceux d’entre les idolâtres avec lesquels vous avez fait alliance.
  2. Donc, nous les fidèles, voyagez dans le pays pendant quatre mois avec sécurité, et sachez que vous ne prévaudrez pas contre Dieu, mais que Dieu couvrira d’opprobre les infidèles.
  3. Voici la proclamation de la part de Dieu et de son prophète adressée aux hommes pour le jour du grand pèlerinage. Dieu est libre de tout engagement envers les idolâtres, ainsi que son apôtre. Si vous vous convertissez, cela vous sera plus avantageux ; si vous tournez le dos, sachez que vous ne prévaudrez pas contre Dieu. Annonce le châtiment douloureux a ceux qui ne croient pas.
  4. Cela toutefois ne concerne pas les idolâtres[2] avec qui vous avez fait la paix, et qui ne l’ont point violée, ni prêté à personne aucun secours contre vous. Gardez fidèlement envers eux les engagements contractés pendant toute la durée de leur traité. Dieu aime ceux qui le craignent.
  5. Les mois sacrés expirés[3], tuez les idolâtres partout on vous les trouverez, faites-les prisonniers, assiégez-les et guettez-les à toute embuscade ; mais s’ils se convertissent, s’ils observent la prière, s’ils font l’aumône, alors laissez-les tranquilles, car Dieu est indulgent et miséricordieux.
  6. Si quelque idolâtre te demande un asile, accorde-le-lui, afin qu’il puisse entendre la parole de Dieu, puis fais-le reconduire à un lieu sûr. Ceci t’est prescrit, parce que ce sont des gens qui ne savent rien.
  7. Comment pourrait-il y avoir quelque pacte entre Dieu. Son apôtre et les idolâtres, à moins que ce ne soit avec ceux avec qui vous l’avez contracté auprès de l’oratoire sacre ? Tant qu’ils agissent loyalement avec vous, agissez loyalement avec eux. Dieu aime ceux qui le craignent.
  8. Comment observeraient-ils cette alliance ? S’ils ont le dessus, ils n’auront aucun égard ni aux liens du sang ni à la foi jurés. Ils y consentent de leurs bouches, pendant que leurs cœurs s’y refusent. La plupart d’entre eux sont des criminels.
  9. Ils vendent les enseignements de Dieu pour une valeur infime, et ils détournent les autres de son sentier. Que leurs actions sont mauvaises !
  10. Ils n’auront aucun égard aux liens du sang ni à la foi jurée dans leurs rapports avec les croyants, parce qu’ils sont injustes,
  11. Mais s’ils se convertissent, s’ils s’acquittent de la prière, s’ils font l’aumône, ils sont vos frères en religion. Nous expliquons distinctement nos enseignements à ceux qui comprennent.
  12. S’ils violent leurs serments après avoir contracté l’alliance et s’ils attaquent votre croyance, attaquez les chefs des infidèles (parce qu’il n’y a point de serments sacrés pour eux), afin qu’ils cessent leurs méfaits.
  13. Ne combattrez-vous pas contre un peuple qui a violé ses serments, qui s’efforce de chasser votre prophète ? Ce sont eux qui ont été les agresseurs. Les craindrez-vous ? Dieu mérite bien plus que vous le craigniez, si vous êtes croyants.
  14. Combattez-les, afin que Dieu les châtie par vos mains et les couvre d’opprobre, afin qu’il vous donne la victoire sur eux et guérisse les cœurs des fidèles ;
  15. Afin qu’il anéantisse la colère dans les cœurs des infidèles. Dieu revient à celui qu’il veut, car il est savant et sage,
  16. Pensez-vous que vous serez abandonnés, comme si Dieu ne connaissait pas ceux d’entre vous qui combattent, et qui ne recherchent d’autre alliance que celle de Dieu, de son apôtre et des croyants ? Dieu est instruit de ce que vous faites.
  17. Et pourquoi les infidèles visiteraient-ils les temples de Dieu, lorsqu’ils sont eux-mêmes témoins de leur infidélité ? Leurs œuvres deviendront nulles, et ils demeureront éternellement dans le feu.
  18. Que les temples de Dieu ne soient visités que par ceux qui croient en Dieu et au jour dernier, qui observent la prière et font l’aumône, et qui ne craignent que lui ; ceux-ci seront peut-être dirigés dans la droite voie[4].
  19. Mettrez-vous ceux qui portent de l’eau aux pèlerins et visitent l’oratoire sacré, au même niveau que celui qui croit en Dieu et au jour dernier, qui combat dans le sentier de Dieu[5] ? Non, ils ne seront point égaux devant Dieu. Dieu ne dirige point les méchants.
  20. Ceux qui ont quitté leur pays, qui combattent dans le sentier de Dieu avec leurs biens et leurs personnes, occuperont un degré plus élevé devant Dieu. Ils seront bienheureux.
  21. Leur Seigneur leur annonce sa miséricorde, sa satisfaction, et les jardins ou ils goûteront des délices constantes.
  22. Ils y demeureront éternellement, à jamais ; car Dieu dispose d’immenses récompenses.
  23. O croyants ! N’ayez point pour amis vos pères et vos frères s’ils préfèrent l’infidélité à la foi. Ceux qui y désobéiraient seraient méchants.
  24. Si vos pères et vos enfants, vos frères et vos femmes, vos parents, et les biens que vous avez acquis, et le commerce dont vous craignez la ruine et les habitations dans lesquelles vous vous complaisez, vous sont plus chers que Dieu, son apôtre et la guerre sainte, attendez-vous à voir Dieu venir accomplir lui-même son œuvre. Dieu ne dirige point les méchants.
  25. Dieu vous a secourus dans maintes occasions, à la journée de Honeïn[6] où vous vous êtes complu dans votre grand nombre qui ne vous servit de rien : Quelque vaste qu’elle soit, la terre fut alors étroite pour vous, vous avez tourné le dos et pris la fuite.
  26. Puis Dieu fit descendre sa protection sur son apôtre et sur les fidèles ; il fit descendre des armées invisibles pour vous, et il châtia ceux qui ne croyaient pas. C’est la rétribution des infidèles.
  27. Après cela, Dieu reviendra à ceux qu’il voudra, car il est indulgent et miséricordieux.
  28. O croyants ! Ceux qui associent (d’autres divinités à Dieu) sont immondes ; cette année expirée, ils ne doivent point s’approcher de l’oratoire sacré. Si vous craignez l’indigence[7], Dieu vous rendra riches par les trésors de sa grâce. Il est sage et savant.
  29. Faites la guerre à ceux qui ne croient point en Dieu ni au jour dernier, qui ne regardent point comme défendu ce que Dieu et son apôtre ont défendu, et à ceux d’entre les hommes des Écritures qui ne professent pas la croyance de la vérité. Faites-leur la guerre jusqu’à ce qu’ils payent le tribut, tous sans exception, et qu’ils soient humiliés[8].
  30. Les juifs disent : Ozaïr est fils de Dieu[9]. Les chrétiens disent : Le Messie est fils de Dieu. Telles sont les paroles de leurs bouches, ils ressemblent en les disant aux infidèles d’autrefois. Que Dieu leur fasse la guerre[10]. Qu’ils sont menteurs !
  31. Ils ont pris leurs docteurs et leurs moines, et le Messie fils de Marie, plutôt que Dieu, pour leurs seigneurs[11] ; et cependant il ne leur a été ordonné que d’adorer un seul Dieu, hormis lequel il n’y a point d’autre dieu. Loin de sa gloire les divinités qu’ils lui associent !
  32. Ils veulent éteindre la lumière de Dieu avec leurs bouches ; mais Dieu ne veut que rendre sa lumière plus parfaite, dussent les infidèles en concevoir du dépit.
  33. C’est lui qui a envoyé son apôtre avec la direction et la vraie religion, pour élever celle--ci au-dessus de toutes les autres religions, dussent les idolâtres en concevoir du dépit.
  34. O croyants ! Un grand nombre de docteurs et de moines consument les biens des autres[12] en choses vaines, et détournent les hommes du sentier de Dieu. Annonce un châtiment douloureux à ceux qui amassent l’or et l’argent, et ne le dépensent point dans le Sentier de Dieu.
  35. Le jour où le feu de la géhenne sera allumé sur leurs têtes, des marques brulantes seront imprimées avec cet or et cet argent, sur leurs fronts, sur leurs flancs et sur leurs reins, et on leur lira : Voilà ce que vous avez vous-mêmes amassé pour vous. Goûtez ce que vous avez amassé.
  36. Le nombre des mois est de douze devant Dieu[13], tel il est dans le livre de Dieu, depuis le jour ou il créa les cieux et la terre. Quatre de ces mois sont sacrés ; c’est la croyance constante. Pendant ces mois, n’agissez point avec iniquité envers vous-mêmes, mais combattez les idolâtres dans tous les mois, de même qu’ils vous combattent dans tous les temps, et sachez que Dieu est avec ceux qui le craignent.
  37. Transporter à un autre temps les mois sacrés est un surcroît d’infidélité, c’est rendre licite ce qui ne l’est pas, et vice versa[14]. Les infidèles sont dans l’égarement. Ils le permettent pour une année, et le défendent pour une autre, afin d’accomplir le nombre des mois déclarés sacrés par Dieu, de façon qu’ils rendent licite ce que Dieu à interdit. Leurs mauvaises actions ont été exprès préparées pour eux par Satan, car Dieu ne dirige point les infidèles.
  38. O croyants ! Qu’avez-vous donc, lorsqu’au moment où l’on vous a dit : Allez combattre dans le sentier de Dieu, vous vous êtes montrés lourds et comme attachés à la terre ? Vous avez préféré la vie de ce monde à la vie future ; les jouissances d’ici-bas sont bien peu de chose, comparées à la vie future.
  39. Si vous ne marchez pas au combat, Dieu vous châtiera d’un châtiment douloureux ; il vous remplacera par un autre peuple, et vous ne saurez lui nuire (à Dieu) en aucune manière. Dieu est tout-puissant.
  40. Si vous ne secourez pas votre prophète, Dieu le secourra, comme il l’a déjà secouru lorsque les infidèles l’ont chassé quand il n’avait qu’un seul homme avec lui[15]. Ils étaient tous deux dans une caverne ; il dit alors à son compagnon : Ne t’afflige point, car Dieu est avec nous. Il a fait descendre d’en haut sa protection, il l’a soutenue par des armées invisibles, et il a abaissé la parole des infidèles. La parole de Dieu est bien la plus élevée. Dieu est le Puissant, le Sage.
  41. Chargés ou légers[16], marchez et combattez dans le sentier de Dieu, avec vos biens et vos personnes. Cela vous sera plus avantageux, si vous le comprenez.
  42. S’il se fût agi d’un succès très-proche, d’une expédition avec un but fixe, ils t’auraient suivi sans difficulté[17] ; mais la fatigue leur parut longue, et cependant ils jureront par Dieu, et diront : Si nous l’avions pu, nous aurions fait l’expédition avec vous. Ils se perdent eux-mêmes ; Dieu sait bien qu’ils mentent.
  43. Que Dieu te le pardonne ! Pourquoi leur as-tu permis de rester, avant qu’il te fût démontré qu’ils disaient la vérité, et que tu eusses connu les menteurs ?
  44. Ceux qui croient en Dieu et au jour dernier ne te demanderont point la permission de ne pas combattre avec leurs biens et leurs personnes. Dieu connait ceux qui le craignent.
  45. Ceux-là t’en demanderont la permission qui ne croient point en Dieu ni au jour dernier. Leurs cœurs doutent, et dans leur doute ils chancellent.
  46. S’ils avaient eu l’intention d’aller à la guerre, ils auraient fait des préparatifs. Mais Dieu était dégoûté de les faire partir ; il les a rendus paresseux, et on leur a dit : Restez avec ceux qui restent.
  47. S`ils étaient allés avec vous, ils n’auraient fait qu’augmenter vos embarras ; ils auraient mis le désordre au milieu de vous, ils auraient cherché à exciter la mutinerie : or, il y a parmi vous des hommes qui les écoutent avidement. Et Dieu connaît les méchants.
  48. Déjà précédemment ils ont cherché à faire du désordre ; ils ont même bouleversé tes arrangements, jusqu’au moment où la vérité fut connue et ou la volonté de Dieu devint manifeste en dépit d’eux.
  49. Il en est parmi eux qui disent : Exempte-nous de la guerre ; ne nous expose pas à la tentation. Ne sont-ils pas déjà tombés ? Mais la géhenne environnera les infidèles.
  50. Si tu obtiens un succès, ce succès les met mal à leur aise ; si un revers t’atteint, ils disent : Nous avons pris nos mesures d’avance. Puis ils tournent le dos, et se réjouissent.
  51. Dis-leur : Il ne nous arrivera que ce que Dieu nous a destiné ; il est notre maître, et c’est en Dieu que les croyants mettent leur confiance.
  52. Dis-leur : Qu’attendez-vous ? Que, sur deux belles destinées, il leur en arrive une : la victoire ou le martyre ? Quant à nous, nous attendons que Dieu vous inflige un châtiment par lui-même ou par nos mains[18]. Eh bien ! Attendez ; nous attendrons aussi pour vous.
  53. Dis-leur : Offrez vos biens volontairement ou à contrecœur ; ils ne seront point acceptés, car vous êtes un peuple de méchants.
  54. Quel autre obstacle y a-t-il à ce que leurs dons ne soient pas acceptés, si ce n’est qu’ils ne croient pas en Dieu et à son apôtre, qu’ils ne font la prière qu’avec nonchalance, qu’ils ne font l’aumône qu’à contrecœur.
  55. Que leurs richesses et leurs enfants ne te séduisent pas. Dieu veut les punir par là dans ce monde ; il veut que leurs âmes les quittent dans leur infidélité.
  56. Ils jurent par Dieu qu’ils sont de votre parti, et ils n’en sont point ; mais ils ont peur.
  57. Qu’ils trouvent un asile sûr, des cavernes ou des souterrains, ils tournent le dos et y courent à toutes jambes.
  58. Il en est parmi eux qui te calomnient touchant la distribution des aumônes. Si on leur en donne, ils sont contents ; si on les leur refuse, ils s’irritent.
  59. Que ne sont-ils satisfaits de ce que Dieu et son apôtre leur dispensent ? Que ne disent-ils : Dieu nous suffit, Dieu nous accordera sa faveur, ainsi que son apôtre ; nous ne désirons que Dieu ?
  60. En effet, les aumônes sont destinées aux indigents et aux pauvres[19], à ceux qui les recueillent, à ceux dont les cœurs ont été gagnés pour l’islam[20], au rachat des esclaves, aux insolvables, pour la cause de Dieu et pour les voyageurs. Ceci est obligatoire de par Dieu. Il est savant et sage.
  61. Il en est parmi eux qui déchirent le prophète ; ils disent : Il est tout oreille. Réponds-leur : Il est tout oreille pour votre bien ; il croit en Dieu et il croit les croyants.
  62. La miséricorde est réservée à ceux d’entre vous qui croient en Dieu. Ceux qui font du mal à l’apôtre de Dieu éprouveront un châtiment douloureux.
  63. ils jureront devant vous par le nom de Dieu pour vous plaire ; cependant Dieu et son apôtre méritent bien plus qu’ils cherchent à leur plaire, s’ils sont croyants.
  64. Ne savent-ils pas que le feu est réservé à celui qui s’oppose à Dieu et à son apôtre ? Il y demeurera éternellement. C’est un grand opprobre.
  65. Les hypocrites craignent qu’une sourate[21] ne descende d’en-haut et ne dévoile ce qui est dans leurs cœurs. Dis : Vous riez. Dieu fera sortir au grand jour ce que vous appréhendez.
  66. Si tu leur demandes la cause de leur rire, ils diront : Nous étions en conversation et nous plaisantions. Dis-leur : Vous moquerez-vous de Dieu, de ses miracles et de son apôtre ?
  67. Ne cherchez point à vous excuser : Vous êtes devenus délestions après avoir cru. Si nous pardonnons à une partie d’entre vous, nous en châtierons une autre, et cela parce qu’ils sont criminels.
  68. Les hommes et les femmes hypocrites s’excitent mutuellement au mal et se défendent mutuellement le bien, et ferment leurs mains pour ne pas donner l’aumône. Ils oublient Dieu, et Dieu les oubliera à son tour. Les hypocrites sont des impies.
  69. Dieu menace du feu de la géhenne les hypocrites, hommes et femmes, et les infidèles ; ils y resteront éternellement. C’est la portion qui leur est destinée. Dieu les a maudits, un supplice incessant leur est réservé.
  70. Vous agissez comme ceux qui vous ont précédés, Ils étaient plus forts que vous et plus riches, et avaient plus d’enfants que vous : Ils se contentaient de jouir de leur part dans ce monde sans songer à la vie future. Vous aussi, vous vous contentez de jouir de votre part, comme jouissaient de leur part ceux qui vous ont précédés ; vous tenez des discours pareils a ceux qu’ils tenaient. Leurs actions ont été en pure perte pour ce monde et pour l’autre. Ils sont perdus.
  71. N’ont-ils point entendu l’histoire de leurs devanciers du peuple de Noé, d’Ad, de Themoud, du peuple d’Abraham, des habitants de Madian et des villes renversées[22] ? Ils eurent des apôtres accompagnés de signes évidents. Ce n’est point Dieu qui a agi mal envers eux, ce sont eux-mêmes.
  72. Les croyants, hommes et femmes, sont amis les uns des autres ; ils se recommandent mutuellement le bien et s’interdiront mutuellement le mal ; ils observent la prière, font l’aumône, obéissent à Dieu et à son apôtre. Dieu aura pitié d’eux, car Dieu est puissant et sage.
  73. Dieu a promis aux croyants, hommes et femmes, les jardins arrosés par des cours d’eau ; ils y demeureront éternellement, il leur a promis des habitations charmantes dans les jardins d’Eden. La satisfaction de Dieu est quelque chose de plus grand encore ; c’est un bonheur immense.
  74. O prophète ! Combats les hypocrites et les infidèles, traite-les avec rigueur. La géhenne est leur demeure. Quel détestable séjour !
  75. Ils jurent par le nom de Dieu de n’avoir pas dit telle chose, et cependant ils ont dit la parole de l’incrédulité, ils sont devenus infidèles après avoir embrasse l’islam. Ils ont formé un dessein, mais ne l’ont point accompli[23], et ils ne l’ont formé que parce que Dieu et son apôtre les ont enrichis par l’effet de leur bonté. S’ils se convertissent, cela leur sera plus avantageux ; mais, s’ils tergiversent, Dieu les châtiera d’un châtiment douloureux dans ce monde et dans l’autre. Sur toute la terre ils ne trouveront ni protection ni aide.
  76. Il en est parmi eux qui avaient pris cet engagement avec Dieu : S’il nous accorde des dons de sa grâce, nous ferons l’aumône et nous serons justes.
  77. Et lorsque Dieu les eut comblés de ses dons, ils se sont montrés avares ; ils tergiversent, ils se détournent de la vérité.
  78. Dieu a fait succéder l’hypocrisie dans leur cœur, jusqu’au jour où ils comparaitront devant lui pour rendre compte d’avoir violé les promesses qu’ils avaient faites à Dieu, et d’avoir accusé les autres de mensonge.
  79. Ne savent-ils pas que Dieu connaît leurs secrets et leurs entretiens cachés ? Dieu connaît parfaitement les choses cachées.
  80. Quant a ceux qui calomnient[24] les croyants à propos des aumônes surérogatoires, ou parce qu’ils ne peuvent les acquitter, qu’avec beaucoup de peine, — ceux qui raillent, Dieu les raillera à son tour. Un châtiment douloureux les attend.
  81. Implore le pardon pour eux ou ne l’implore pas, peu importe. Si tu l’implores soixante et dix fois, Dieu ne leur pardonnera pas, car ils ne croient point en Dieu ni à son apôtre, et Dieu ne dirige point les impies.
  82. Ceux qui restèrent dans leurs foyers à l’époque de l’expédition de Tabouk, étaient enchantés de rester en arrière du prophète ; il leur répugnait de combattre dans le sentier de Dieu avec leurs biens et leurs personnes. Ils disaient : Les une aux autres, n’allez pas à la guerre pendant ces chaleurs. Dis-leur : La chaleur du feu de la géhenne est plus brulante encore. Ah ! S’ils le comprenaient !
  83. Qu’ils rient un peu, un jour ils pleureront beaucoup, en récompense de leurs œuvres.
  84. Si Dieu te ramène du combat, au milieu d’une troupe de ces gens, ils te demanderont la permission d’aller en expédition. Dis-leur : Vous n’irez jamais avec moi, jamais vous n’irez avec moi combattre l’ennemi. La première fois vous avez préféré rester ; restez maintenant avec ceux qui restent[25].
  85. S’il meurt quelqu’un d’entre eux, ne prie point pour lui, ne t’arrête point sur sa tombe, car ils n’ont point cru en Dieu et à son apôtre, et ils moururent impies.
  86. Que leurs richesses et leurs enfants ne le séduisent pas. Dieu veut les punir par ces dons même dans ce monde ; leurs âmes les quitteront dans leur infidélité.
  87. Lorsque la sourate[26] qui leur enjoignait de croire en Dieu et d’aller à la guerre avec le prophète fut envoyée d’en haut, les plus aisés d’entre eux te sollicitèrent pour être exemptés ; ils te dirent : Laisse-nous ici, nous resterons avec ceux qui restent.
  88. Ils ont préféré rester en arrière. Le sceau a été imprimé sur leurs cœurs ; ils n’entendent rien.
  89. Mais le prophète et ceux qui ont cru avec lui combattent avec leurs biens et leurs personnes dans le sentier de Dieu. A eux sont réservés tous les biens, et ils seront les bienheureux.
  90. Dieu a préparé pour eux des jardins arrosés de cours d’eau ; ils y resteront éternellement. C’est un bonheur immense.
  91. Plusieurs des Arabes du désert sont venus s’excuse : Et demander à être exemptés de la guerre. Ceux qui accusent de mensonge Dieu et son apôtre sont restés chez eux. Un châtiment douloureux attend ceux d’entre eux qui n’ont point de foi.
  92. Les faibles, les malades, ceux qui n’ont point de moyen, ne seront point tenus d’aller à la guerre, pourvu qu’ils soient sincères envers Dieu et son apôtre. On ne s’en prendra pas à ceux qui font le bien : Dieu est indulgent et miséricordieux ;
  93. Ni ceux n’ont plus qui sont venus te demander de leur donner des montures, et qui, lorsque tu leur as répondu : Je n’ai point de montures à vous donner, s’en retournèrent les larmes aux yeux, de chagrin de ne pas pouvoir en faire la dépense.
  94. On s’en prendra à ceux qui te demanderont l’exemption, quoiqu’ils soient riches, qui préfèrent rester avec ceux qui restent. Le sceau est imprimé sur leurs cœurs. Ils ne savent rien.
  95. Quand vous revenez au milieu d’eux, ils présentent des excuses. Dis-leur : Ne vous excusez point, nous ne vous voyons pas. Dieu nous a instruits sur votre compte. Dieu et son apôtre voient vos actions. Vous retournerez un jour à celui qui connait les choses visibles et invisibles, et qui vous redira ce que vous avez fait.
  96. Quand vous serez de retour au milieu d’eux, ils vous adjureront, au nom de Dieu, de vous éloigner d’eux, et de ne pas les punir. Oui, éloignez-vous d’eux, ils sont immondes. La géhenne leur servira de demeure, comme récompense, de leurs œuvres.
  97. Ils vous adjureront d’être bienveillants envers eux ; si vous l’êtes, Dieu ne sera point bienveillant envers les méchants.
  98. Les Arabes du désert sont les plus endurcis dans leur infidélité et dans leur hypocrisie, et il est naturel qu’ils ignorent les préceptes que Dieu a révélés à son apôtre. Dieu est sage et savant.
  99. Il en est, parmi les Arabes du désert, qui regardent l’aumône comme une contribution ; ils guettent les vicissitudes du sort à votre égard[27]. Une mauvaise vicissitude les attend[28], eux ; car Dieu entend et sait tout.
  100. Il en est, parmi les Arabes du désert, qui croient en Dieu et au jour dernier, qui regardent l’aumône comme un moyen de s’approcher de Dieu et d’obtenir les prières du prophète. Certainement l’aumône les approchera de Dieu ; il (Dieu) les fera comprendre dans sa miséricorde, car il est indulgent et miséricordieux.
  101. Les plus anciens, les premiers d’entre les Mohadjers et les Ansars[29], et ceux qui les ont imités dans leur belle conduite, seront satisfaits de Dieu comme il sera satisfait d’eux. Il leur a promis des jardins arrosés par des cours d’eau ; ils y resteront éternellement. C’est un bonheur immense.
  102. Il y a, parmi les Arabes du désert qui habitent autour de vous, et parmi les habitants de Médine, des hommes endurcis dans leur hypocrisie. Tu ne les connais pas, O Mohammed, mais nous les connaissons. Nous les punirons deux fois[30], puis ils seront livrés au châtiment douloureux.
  103. D’autres ont avoué leurs fautes ; ils ont ainsi mêlé une bonne action à une action mauvaise. Peut-être Dieu pardonnera-t-il à ceux-ci, car il est indulgent et miséricordieux.
  104. Reçois une aumône de leurs biens pour les purifier et les relever de leurs péchés ; prie pour eux, car tes prières leur rendront le repos, et Dieu entend et sait tout.
  105. Ne savent-ils pas que Dieu accepte le repentir de ses serviteurs, qu’il agrée l’aumône ? Il est indulgent et miséricordieux.
  106. Dis-leur encore : Agissez ; Dieu verra vos actions, ainsi que son apôtre et les croyants. Vous retournerez un jour à celui qui connaît les choses visibles et invisibles ; alors il vous redira ce que vous avez fait.
  107. D’autres attendent la décision de Dieu, soit qu’il les punisse, soit qu’il leur pardonne. Dieu est savant et sage.
  108. Il en est qui ont bâti un temple pour nuire aux croyants, et par infidélité, dans le but de désunir les croyants et afin que ce temple soit un lieu d’embuscade pour ceux qui font la guerre à Dieu et à son apôtre. Ils jureront en disant : Nous n’avons voulu que le bien. Dieu est témoin qu’ils mentent[31].
  109. N’y mets jamais le pied. Il est un temple[32] bâti dès le premier jour sur la crainte de Dieu ; il mérite mieux que tu y entres. Il s’y rassemble des hommes qui désirent être purs. Dieu aime ceux qui aspirent à la pureté.
  110. Lequel des deux vaut mieux ; est-ce celui qui a établi les fondements d’un temple sur la crainte de Dieu et sur le désir de lui plaire, ou celui qui les a assis sur un escarpement d’argile miné par un torrent, et prêt à s’écrouler avec lui dans le feu de la géhenne ? Dieu ne conduit pas les méchants.
  111. Le temple qu’ils ont construit ne cessera pas d’être une occasion de doute dans leurs cœurs, jusqu’à ce que leurs cœurs soient brisés en morceaux. Dieu est savant et sage.
  112. Dieu a acheté aux croyants leurs biens et leurs personnes pour leur donner le paradis en retour ; ils combattront dans le sentier de Dieu, ils tueront et seront tués. La promesse de Dieu est vraie : il l’a faite dans le Pentateuque, dans l’Évangile, dans le Koran ; et qui est plus fidèle à son alliance que Dieu ? Réjouissez-vous du pacte que vous avez contracté ; c’est un bonheur immense.
  113. Ceux qui reviennent à Dieu, qui adorent Dieu, qui le louent, qui le célèbrent, qui font des génuflexions et des prostrations, qui recommandent le bien et défendent le mal, qui respectent les limites de Dieu[33], seront récompensés. Annonce cette bonne nouvelle aux croyants.
  114. Il ne sied point au prophète ni aux croyants d’implorer le pardon de Dieu pour les idolâtres, fussent-ils leurs parents, lorsqu’il est devenu évident qu’ils seront livrés au feu.
  115. Abraham n’implora le pardon de Dieu pour son père que parce qu’il le lui avait promis ; mais quand il lui fut démontré que son père était l’ennemi de Dieu, il ne voulut plus s’en mêler, et pourtant Abraham était compatissant et humain.
  116. Dieu n’égare un peuple, après l’avoir conduit dans le chemin droit, que lorsqu’il lui a déclare ce qu’il devrait craindre. Dieu sait tout.
  117. L’empire des cieux et de la terre appartient à Dieu ; il donne la vie et la mort ; hors de lui il n’y a ni patron ni protecteur.
  118. Dieu revint[34] au prophète et aux Mohadjers, et aux Ansars[35] qui l’avaient suivi à l’heure d’affliction alors que les cœurs d’une grande partie d’entre eux étaient si prés de défaillir. Il retourna à eux parce qu’il est plein de bonté et de miséricorde.
  119. Il revint aussi à ces trois d’entre eux qui étaient restés[36]. Toute vaste qu’elle est, la terre devint alors étroite pour eux ; ils se croyaient à l’étroit dans leurs propres corps, et pensaient que le seul abri contre Dieu était chez Dieu lui-même ; il revint à eux, afin qu’eux aussi revinssent à lui ; car Dieu aime revenir aux pécheurs, et il est miséricordieux.
  120. O croyants ! Craignez Dieu, et soyez avec les justes.
  121. Quelle raison avaient les habitants de Médine et les Arabes nomades d’alentour d’abandonner l’apôtre de Dieu, et de préférer leur vie à la sienne ? Quelle raison avaient-ils d’en agir ainsi, quand ni la soif, ni la fatigue, ni le besoin ne pouvaient les atteindre dans le sentier de Dieu, quand ils ne faisaient aucun pas capable d’irriter les infidèles, quand ils n’éprouvaient de la part de l’ennemi rien sans que cela leur fût compté comme une bonne œuvre ? Certes, Dieu ne laisse point périr la récompense de ceux qui font le bien.
  122. Ils ne feront pas une aumône petite ou grande, ils ne franchiront pas un torrent (en allant à la guerre), sans que tout soit inscrit, afin que Dieu leur accorde la plus magnifique récompense de leurs actions.
  123. Il ne faut pas que tous les croyants marchent à la fois à la guerre. Il vaut mieux qu’un certain nombre seulement de chaque tribu parte, et qu’ils s’instruisent dans la religion et enseignent à leurs concitoyens à leur retour, afin que ceux-ci se tiennent sur leurs gardes.
  124. O croyants ! Combattez les infidèles qui vous avoisinent ; qu’ils trouvent toujours en vous un rude accueil. Sachez que Dieu est avec ceux qui le craignent.
  125. Quand une nouvelle sourate (chapitre du Koran) descend d’en haut, il en est parmi eux qui disent : Cette nouvelle, sourate peut-elle accroître la foi d’aucun de vous ? Oui, elle augmente la foi des croyants, et ils s’en réjouissent.
  126. Mais, pour ceux dont les cœurs sont atteints d’une maladie, elle n’ajoute qu’abomination sur abomination, et ils meurent dans l’infidélité.
  127. Ne voient-ils pas qu’ils sont éprouvés une ou deux fois par an ? Et cependant ils ne se convertissent pas, ni ne réfléchissent.
  128. Lorsqu’une nouvelle sourate descend d’en haut, ils se regardent mutuellement, et se disent : Est-ce que quelqu’un nous voit ? Et puis ils tournent le dos et s’en vont. Que Dieu détourne leur cœur de la vérité, parce qu’ils ne la comprennent pas.
  129. Un prophète est venu vers vous, un prophète pris parmi vous. Vos iniquités lui pèsent, il désire ardemment vous voir croyants. Il est plein de bonté et de miséricorde.
  130. S’ils se détournent de tes enseignements, dis-leur : Dieu me suffit. Il n’y a point d’autre Dieu que lui. J’ai mis ma confiance en lui ; il est le possesseur du grand trône[37].
  1. Ce chapitre est intitulé l’immunité (elberat) parce qu’il parle de l’immunité accordée par Mahomet aux infidèles pendant un certain temps, ou bien parce que, ce terme expiré, les fidèles seront dans une liberté complète (berat) d’agir avec les idolâtras comme ils voudront. Il est intitulé le Repentir, car il est question du repentir dans ce chapitre. C’est la seule sourate en tête de laquelle ne se trouve pas l’invocation usuelle bismillahi rahmanirrahim (au nom du Dieu clément et miséricordieux). On croît que cette omission vient de ce que ce chapitre a dû dans l’origine n’en former qu’un seul avec le précédent, ou bien de ce que Mahomet n’a rien décidé là·dessus, le chapitre ayant été révélé peu de temps avant sa mort. C’est encore la seule sourate qui ait été révélée, dit-on, à la fois, quelques versets exceptés.
  2. C’est-a-dire que ces mots : Dieu est libre de tout engagement, etc. ne concernent pas ceux avec lesquels on a fait un traité.
  3. Les quatre mois : chawwal, dhoulcada. dhoulhiddjé et moharram.
  4. Ce mot peut être placé ici à dessein pour effrayer les idolâtres, puisque les croyants eux-mêmes ne sont pas sûrs d’être dirigés.
  5. Ceci s’adresse à quelques Arabes qui faisaient valoir les soins qu’ils prenaient des pèlerins comme un titre à la récompense de Dieu.
  6. La bataille de Honeïn, vallée située à trois milles de la Mecque, du coté de Taïef, fut donnée la huitième année de l’hégire. Mahomet y avait réuni jusqu’à douze mille combattants ; les tribus Hawazen et Thakif, en guerre avec Mahomet, n’y étaient qu’au nombre de quatre mille. Cette supériorité de forces inspira aux musulmans une grande présomption, que Dieu punit en jetant le désordre dans leurs rangs. Les musulmans prirent d’abord la fuite. Le courage de Mahomet et de ses parents finit par rallier les fuyards et réparer la défaite.
  7. À cause des pertes que vous éprouverez en cessant des relations de commerce avec ceux qui viennent à la Mecque.
  8. Ce passage établit une différence entre les idolâtres qui doivent être exterminés, et les peuples qui ont par-devers eux quelque livre sacré. Du temps de Mahomet on y joignait les mages, adorateurs du feu, comme ayant aussi quelques livres sacrés. Quant aux mots : tous sans exception, c’est une explication que nous hasardons, à la place de celle de leurs propres mains (`an yedin) du texte que les commentateurs interprètent différemment. Les uns croient que ces mots veulent dire : de leurs propres mains, et non pas par l’entremise d’un tiers ; d’autres pensent que ces mots veulent dire : par les riches seulement, explications toutes peu satisfaisantes. Peut-être les mots : tous sans exception, s’appliquent-ils mieux à un impôt perçu par tète, par main, à une capitation enfin.
  9. Ozaïr est le même qu’Esdras. C’est cet homme, disent les commentateurs, que Dieu avait fait mourir, et qu’il ressuscite au bout de cent ans. Ozaïr ressuscité récita aux juifs tout le Pentateuque qu’il savait par cœur avant de mourir, ce qui fit dire aux juifs que, pour le faire, il fallait qu’il fût fils de Dieu.
  10. Ou que Dieu les combatte, formule de malédiction.
  11. Ceci est sans doute une allusion au titre rabbi, seigneur, que les juifs donnaient à leurs docteurs, et les chrétiens à leurs prêtres. Chez les Arabes, depuis Mahomet, ce mot ne saurait s’appliquer qu’à Dieu seul.
  12. On entend par là les présents que l`on donnait aux prêtres pour obtenir des dispenses, des indulgences, etc. Mahomet appelle cela elbatel, ce qui est vain.
  13. Par ce passage, l’intercalation d’un mois tous les trois ans, pratique en usage chez es Arabes et les juifs pour ramener les années lunaires aux solaires, est formellement défendue.
  14. Les quatre mois sacrés, pendant lesquels toute hostilité cessait, étaient observés par les Arabes avant Mahomet ; mais ils se mettaient quelquefois à leur aise, quand l’intérêt de la guerre l’exigeait, et remettaient l’observance d’un mois sacré à un autre mois.
  15. Mot à mot : Deuxième de deux ; Mahomet se sauva de la Mecque avec Abou bekr. Poursuivis par les idolâtres frotte. Dieu ordonna à une araignée d’étendre sa toile sur l’entrée de la grotte ; les idolâtres en conclurent que la grotte ne contenait personne, et passèrent outre.
  16. Ces mots en arabe peuvent signifier : A cheval ou à pied, bon gré, mal gré, couverts de cuirasses ou légèrement armés.
  17. Il s’agit ici de l’expédition de Tabouk, ville située à moitié chemin entre Médine et Damas. Elle eut lieu contre les Grecs dans l’année 9 de l’hégire. Mahomet était déjà à la tête d’une armée considérable (environ trente mille hommes)·
  18. Par les mots : l’une de deux belles choses, les musulmans entendent le martyre ou la victoire. On l’emploie aussi pour : l’un de deux avantages quelconques.
  19. Aux indigents et aux pauvres ; en arabe, ce n’est peut-être qu’un pléonasme. On veut cependant établir une distinction entre ces deux mots. Par les indigents, fokara, on entendrait ceux qui sont réduits à la misère et ne peuvent plus se relever, et par les pauvres, meçakin, ceux qui sont momentanément dans la géne.
  20. Après la bataille de Honeïn, Mahomet avait fait distribuer des présents aux Arabes pour les gagner à en cause. Depuis l’établissement de l’islam, cette prescription n’a plus de valeur.
  21. Chapitre du Koran.
  22. Les villes renversées sont la Pentapole ou les cinq villes situées sur la mer Morte.
  23. Celui de tuer Mahomet
  24. Quelques musulmans firent, à l’occasion de l’expédition de Tabouk, des dons généreux, et qui dépassaient leurs moyens ; l’un d’entre eux offrit le blé qu’il avait moissonné pendant toute une nuit. Les hypocrites décriaient ces dons en les attribuant à des motifs de vanité.
  25. C’est-à-dire ceux qui, à cause de leur âge et de leurs infirmités, sont autorisés à rester dans leurs foyers.
  26. Chapitre du Koran.
  27. Pour être, lors de la défaite des musulmans, délivrés de l’obligation de faire des aumônes.
  28. Mot à mot : mauvais tour du sort contre eux. Ces mots peuvent être, par conséquent, entendus comme une malédiction.
  29. Les Mohadjers sont ceux qui émigrèrent de la Mecque ; les Ansars ou auxiliaires, sont les Médinois qui accueillirent Mahomet fugitif, et l’aidèrent dans ses entreprises.
  30. C’est-à-dire, en les punissant dans ce monde et dans l’autre.
  31. La tribu des Benou Genem ben Awf avait construit un temple et invité Mahomet à y faire la prière. C’était dans le but, dit-on, de le détourner d’une expédition projetée, ou de tramer quelque complot contre lui.
  32. Il s’agit ici du temple de Koba inauguré par Mahomet après sa fuite de la Mecque, et situé à deux lieues de Médine.
  33. Les limites de Dieu sont les préceptes, les lois, les dispositions de la loi.
  34. Le mot revenir s’emploie en arabe dans le sont de pardonner quand il est appliqué à Dieu, et dans le sens de se repentir quand on parle du pécheur. Il s’agit du reste, dans ce verset, du pardon que Dieu accorde aux péchés que Mahomet avait commis dans différentes circonstances.
  35. Voyez l’explication de ces deux mots dans le verset 101, note.
  36. Il s’agit ici de trois d’entre les Ansars qui, par négligence ou manque de foi, n’avaient pas suivi Mahomet à Tabouk. Il défendit aux fidèles tout commerce avec eux, et ne leva l’excommunication qu’après cinquante jours de pénitence de leur part.
  37. Le grand trône, le trône désigné en arabe par elarch, est celui de la majesté divine ; il est placé dans le ciel le plus élevé, dans le ciel sans étoiles.