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Le Lalita-Vistara, ou Développement des jeux/Chapitre XVII

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Traduction par Philippe-Édouard Foucaux.
Texte établi par Musée Guimet, Paris (Annales du Musée Guimet, tome 6p. 210-224).

CHAPITRE XVII

Religieux, en ce temps-là, au fils de Râma nommé Roudraka, s'étant retiré dans la ville nommée Râdjagrĭha, il y demeurait avec une grande réunion de disciples au nombre de sept cents. Il leur enseignait la Loi qui, avec les mortifications, conduit au séjour où il n'y a ni idée ni absence d"idées. Ce Bôdhisattva vit donc Roudraka, le fils de Râma, le guide de l'assemblée, le précepteur de la réunion (des disciples), connu, recherché, très vénéré, estimé des savants. Et après l'avoir vu, il lui vint à la pensée : Ce Roudraka, en vérité, guide de l'assemblée, précepteur de la réunion, est connu, recherché, très vénéré et estimé des savants. Si, étant allé moi-même auprès de lui, je ne me livrais pas aux austérités et à la pénitence, il n'aurait pas vis-à-vis de moi une science distincte, il ne serait pas connu par une science frappant les yeux, et le vice des composés avec ce qui en découle et ce qu'ils apportent avec eux, (le vice) des contemplations, des méditations et de l'acquisition de la quiétude ne serait pas non plus démontré. C'est moi-même qui pourrais indiquer un moyen tel que, par ce moyen, ces choses seraient évidentes. Des domaines de la contemplation, des acquisitions de la quiétude et des méditations de ce monde la qualité de ne pas être une issue serait démontrée. Après être allé moi-même auprès de Roudraka, fils de Ràma, afin de démontrer la supériorité des qualités de ma méditation, prenant la condition de disciple, je pourrais démontrer l'absence d'essence de la méditation produite par ce qui est composé (sañskrita).

Alors, Religieux, le Bôdhisattva agissant sous l’influence de cette idée, se rendit à l’endroit où était Roudraka, fils de Râma, et lui parla ainsi :

Ami, quel est ton précepteur ou de qui est la loi enseignée que tu connais tout entière ?

Ainsi interrogé, Roudraka, fils de Râma, répondit au Bôdhisattva : Je n’ai, ami, aucun précepteur et c’est uniquement de moi-même que j’ai compris cela.

Le Bôdhisattva dit : Qu’est ce qui a été compris par toi ? Roudraka dit : La voie de l’acquisition de la quiétude, de la demeure où il n’y a ni idée ni absence d’idée.

Le Bôdhisattva dit : Puissions-nous obtenir de ta bouche le précepte, la règle et la voie de cette méditation.

Roudraka dit : Eh bien ! qu’il en soit ainsi jusqu’à ce que le précepte en ait été donné.

Alors le Bôdhisattva s’étant mis à l’écart croisa ses jambes et s’assit. Il ne fut pas plutôt assis que, par la supériorité de la vertu, la supériorité de Ja science, la supériorité des fruits de la pratique des bonnes œuvres antérieures, par la supériorité de l’accumulation de toutes les méditations, à commencer par toutes les contemplations du monde ou au delà du monde, les centaines d’acquisitions de la quiétude lui apparurent face à face, avec leurs formes, leurs caractères, et, cela, parce qu’il disposait en maître de son esprit.

Alors le Bôdhisattva, avec le souvenir et la science, s’étant levé de son siége, s’approcha de l’endroit où était Roudraka, le fils de Râma, et lui parla ainsi : Ami. au-dessus de la voie de l’acquisition de la quiétude, du séjour où il n’y a ni idée, ni absence d’idée, y en a-t-il encore une autre ? Celui-ci dit, il n’y en a pas.

Alors, le Bôdhisattva pensa : Roudraka n’a certainement pas à lui seul la foi, le courage, le souvenir, la méditation, la sagesse. Moi aussi j’ai la foi, le courage, le souvenir, la méditation et la sagesse.

Puis le Bôdhisattva parla ainsi au fils de Râma, Roudraka : Par moi aussi, ami, la loi a été obtenue là où elle a été puisée pour toi.

Celui-ci dit : Eh bien ! viens donc, toi et moi nous la communiquerons à cette multitude.

Et dans un but commun, il installa le Bôdhisattva en qualité d’instituteur.

Le Bôdhisattva dit : Ami, cette voie ne conduit ni au dégoût (du monde), ni à l’absence de passion, ni à l’empêchement (de la transmigration), ni au calme, ni à la science supérieure, ni au revêtissement de l’Intelligence, ni à l’état de Çramana, ni au Nirvana.

Alors, Religieux, le Bôdhisattva ayant abandonné Roudraka, fils de Râma, et ses disciples, se dit : en voilà assez. J’en ai assez de celui-ci.

En ce même temps-là, cinq personnages de bonne caste, exerçaient les pratiques des Brahmatcharis sous Roudraka, fils de Râma.

Il leur vint à la pensée : Ce à cause de quoi, depuis longtemps, nous faisons des efforts et nous nous appliquons et dont nous ne pouvons comprendre la fin et la limite, a été, avec peu de peine, saisi et compris par le Çramana Gâutama, et cela ne le satisfait pas ; et il cherche au-dessus. Sans aucun doute il sera le précepteur du monde ; et ce qu’il comprendra, il nous en fera part. Après avoir raisonné ainsi, les cinq personnages de bonne caste s’étant éloignés de la présence de Roudraka, fils de Râma, s’attachèrent au Bôdhisattva.

Ainsi, Religieux, le Bôdhisattva ayant demeuré autant qu’il lui avait plu à Râdjagriha fit une excursion dans le pays de Magadha avec les cinq personnages de bonne caste.

Et en ce même temps-là, entre Râdjagriha et Gayâ, une autre compagnie faisait la fête. Le Bôdhisattva fut, par cette compagnie, invité à demeurer et à prendre part au festin avec les cinq personnages de bonne caste.

Cependant, Religieux, le Bôdhisattva ayant fait une excursion dans le pays de Magadha, du côté où était (la ville de) Gayâ, se dirigea vers ce lieu et y arriva. Là, le Bôdhisattva, en vue du renoncement, demeura au sommet du mont Gayâ. Et pendant qu’il y demeurait, trois comparaisons ignorées auparavant, inconnues auparavant se présentèrent. Lesquelles au nombre de trois ?

1o Pour les Çramanas et Brahmanes, quels qu’ils soient, qui n’ont pas tenu leur corps isolé du désir, n’ont pas tenu leur esprit isolé du désir, qui, au contraire, se sont plus dans les désirs, se sont nourris de désirs, ont été enivrés de désir, altérés de désir, consumés de désir, cette persistance dans les désirs n’est pas apaisée. Bien plus, ils éprouvent une sensation douloureuse, aiguë, cuisante et cruelle qui tourmente leur âme et brûle leur corps ; de sorte qu’ils sont incapables de comprendre clairement la supériorité de la science vénérable au-dessus de la loi humaine. Ainsi, par exemple, si un homme qui désire du feu et cherche de la lumière, après avoir pris un morceau de bois vert pour le frotter et un morceau de bois vert pour être frotté, les frotte, après les avoir plongés dans l’eau, il ne pourra produire du feu et faire jaillir la flamme.

De même aussi, ces Çramanas et Brahmanes qui n’ont pas tenu leur corps et leur esprit isolés des désirs, mais qui se sont plus au désir, se sont nourris de désirs, enivrés de désirs ; ont été altérés de désirs, consumés de désirs, cette persistance dans le désir n’est pas apaisée, mais, au contraire, ils éprouvent une sensation douloureuse, aiguë, cuisante et cruelle qui tourmente leur âme et brûle leur corps, en sorte qu’ils sont incapables de comprendre clairement la supériorité de la science vénérable au-dessus de le loi humaine. Telle fut la première comparaison qui se présente au Bôdhisattva.

2o Et il lui vint encore à la pensée : Ces Çramanas et Brahmanes qui ont tenu leur corps et leur esprit isolés des désirs, mais cependant se sont plus au désir, etc., comme précédemment, jusqu’à : cherche de la lumière. Celui qui, après avoir pris un morceau de bois vert et l’avoir placé dans un lieu ouvert, le frotte contre un autre bois humide, est incapable de produire du feu. De même aussi, ces Çramanas et Brahmanes etc.^^1, le reste comme précédemment jusqu’à : sont incapables de comprendre clairement la supériorité de la science vénérable au-dessus de la loi humaine. Telle fut la seconde comparaison auparavant ignorée et inconnue qui se présenta au Bôdhisattva.

3o Et encore, ces Çramanas et Brahmanes autant il y en a qui tiennent leur corps et leur esprit isolés des désirs, mais qui se sont plu> au désir, etc. tout le reste comme précédemment, et quoique le calme leur soit venu, ils n’en éprouvent pas moins une sensation douloureuse, aigùe, cuisante et cruelle. Ils sont cependant capables de comprendre clairement la supériorité de la science vénérable, au-dessus de la loi humaine. Ainsi, par exemple, s’il y a un homme qui désire du feu et cherche de la lumière,

1 Ces abréviations et les suivantes appartiennent au texte. après avoir pris un morceau de bois sec et avoir placé un autre morceau de bois sec dans un endroit sec, s’il se met à frotter, il est capable de faire jaillir du feu et de faire briller la flamme.

De même ces Çramanas et Brahmanes, autant il y en a qui, etc., tout le reste comme plus haut, jusqu’à : éprouvent une sensation, etc. Et alors ils sont capables de comprendre clairement la supériorité de la science vénérable au-dessus de la loi humaine. Voilà la troisième comparaison qui se présenta, ignorée auparavant, inconnue auparavant.

Ensuite, Religieux, ceci vint à la pensée du Bôdhisattva : Pour moi, je tiens certainement aujourd’hui mon corps isolé des désirs, mon esprit isolé des désirs, quoique je me sois plu au désir, etc., tout le reste comme plus haut jusqu’à : le calme m’est venu. Et quoiqu’elle soit douloureuse, tourmentant l’âme et brûlant le corps, etc., le reste comme plus haut jusqu’à : la sensation que j’éprouve. Cependant, je suis certainement capable de comprendre clairement la supériorité de la science vénérable au-dessus de la loi humaine.

Ainsi, Religieux, le Bôdhisattva, après être resté autant qu’il lui avait plu à Gayâ, sur le mont Gayâcîrcha, en faisant une promenade à pied du côté d’Ourouvilvâ, village où résidait un général d’armée, il s’approcha et arriva dans ce village. Là, il aperçut la rivière appelée Nâirañjanâ aux eaux pures, aux beaux escaliers, embellie par des arbres et des bosquets agréables, de tous côtés entourée de pâturages et de villages. Là, l’esprit du Bôdhisattva fut extrêmement satisfait. « En vérité, cet endroit de la terre est uni, agréable et fait pour qu’on y demeure ; il est convenable pour un tils de famille désireux du renoncement ; et comme je suis vraiment désireux du renoncement, il faut que je reste ici. »

Ainsi donc, Religieux, ceci vint à l’esprit du Bôdhisattva : Au temps des cinq dégénérescences, je suis descendu ici dans le Djamboudvipa au milieu d’êtres aux inclinations basses, envahis par des troupes de Tîrthyas, imbus de différentes vues (doctrines), placés sous la prise de la masse du corps, et qui, par diverses pénitences et mortifications, recherchent la pureté du corps, et qu’ils enseignent, les insensés. Comme, par exemple : Par des (Tîrthyas) qui emploient les mantras, qui lèchent les mains ; qui ne demandent rien, ne parlent pas ; mangent plusieurs sortes de racines ; ne mangent ni chair ni poisson, ne voyagent pas dans la saison des pluies ; s’abstiennent de liqueurs spiritueuses et d’eau de gruau de riz aigri ; qui prennent leur nourriture chez une, trois, cinq, sept familles ; qui prennent pour nourriture et breuvage des racines, des fruits, de la valisnérie, de l’herbe Kouça, des feuilles, de la fiente de vache, de l’urine de vache, du lait, du caillé, du beurre, de la mélasse, du (grain) non broyé ; qui mangent, après l’avoir lavé, ce qui, mordu par les grues et les pigeons, en a été rejeté ; qui cherchent leur subsistance dans les villages ou les déserts ; qui imitent la manière de vivre des vaches, des gazelles, des chiens, des sangliers, des singes et des éléphants ; qui bivouaquent debout et silencieux : qui mangent depuis une bouchée jusqu’à sept bouchées ; mangent une fois le jour, une fois en un jour et une nuit, puis, progressivement, quatre, cinq, six bouchées ; qui jeûnent pendant une demi-lune en pratiquant le Tchandràjana ; qui portent des ailes de vautour et de hibou ; ont pour vêtement une planchette, de l’herbe Mouhja, de l’écorce d’Asana, de l’herbe Darbha, de l’herbe Valvadja, une couverture de poil de chameau, une couverture de poil de chèvre, une couverture de crin ou une peau ; qui se couchent sur une étoffe mouillée ; dans un peu d’eau ; se couchent eu prenant pour lit de la cendre, du gravier, des pierres, une planche, des épines, de l’herbe, un pilon ; dorment la tête en bas (ou) debout sur un carré de terre nue ; ont un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept vêtements ou davantage ; restent nus ; prennent pour règle de se baigner ou de ne pas se baigner ; portent longs les cheveux nattés et relevés en crête ; mangent un (seul) grain de Kola, de sésame et de riz, même de la cendre ; enduisent leur corps de poussière, d’ordures, de vase ; portent des poils, des crânes humains, des cheveux, des ongles, un vêtement inférieur (seulement), des ossements ; boivent de l’eau chaude, de l’eau de riz, filtrée dans un feutre, bouillie dans un chaudron ; portent des charbons, des marques de couleur, des vêtements rougeâtres, trois bâtons (liés ensemble) ; la tête rasée, un pot à l’eau, un crâne humain et la massue ; c’est en chacune de ces pratiques qu’ils comprennent la pureté, les insensé I Ils respirent la fumée, respirent le feu, regardent le soleil, fout le Pantchatapas, se tiennent dans une seule posture, sur un seul pied, les bras levé-, ils amassent des austérités.

Ils vont dans la paille et autres substances (qui brident), sur des charbons ardents, des vases brûlants, des pierres brûlantes, dans le feu qui flambe ; en ne prenant pas de nourriture, en allant dans les déserts, aux étangs consacrés et, par la mort, ils recherchent la voie désirée. En disant Om ; en disant Vachat ; en disant Svadhâ ; en disant Svahâ ; par des récitations de mantras. la lecture des livres sacrés et le Dharana ils poursuivent la pureté. Se croyant purs, ceux vers lesquels ils vont en refuge sont, par exemple : Brahmà, ludra. Rendra, Vichnou, Dèvî, Koumâra, Mâtrî, Katvâyanî, Tchandra, Aditya, Vaiçravana, Varouna, les Vasous, les Açvins, les Nàgas, les Yakchas, les Gandharbas, les Asouras, hs Garoudas, les Kinnaras, les Mahôragas, les Râkchasas, les Bhoûtas, les Koumbhàndas, les Pàrchadas, les Ganas, les Pitrîs, les Piçàtchas, les Dévarchis, les Ràdjarchis, les Brahmarchis, auxquels Is rendront hommage. C’est à eux qu’ils appliquent l’idée d’essence. Ils prennent aussi pour refuge la terre, l’eau, le feu, le vent et l’éther, les montagnes, les vallées, les fleuves, les fontaines, les lacs, les étangs, les réservoirs, la mer, les bassins, les puits, les fossés, les arbres, les arbustes, les lianes, les herbes, les troncs d’arbre, les étables, les cimetières, les carrefours, les places, les marchés et les portes, ils rendent hommage aux maisons, aux piliers, aux pierres, aux pilons, aux épées, aux arcs, aux haches, aux flèches, aux lances, aux armes à trois pointés. Ils reconnaissent comme (signes de) bénédiction le lait caillé, le beurre clarifié, le sénevé, l’orge, les guirlandes, l’herbe Dourba, les perles, l’or, l’argent, etc. Telles sont les choses que ces Tîrthikas font et auxquelles ils ont recours, tourmentés par la crainte de la transmigration. Et alors quelques-uns pensent :

Le Svarga et la délivrance seront, tous les deux, avec ces moyens, obtenus par nous.

Et, en se disant cela, engagés dans une fausse route, prenant pour refuge ce qui n’est pas un refuge, prenant pour bénédiction ce qui n’est pas une bénédiction, ils prennent pour pur ce qui est impur. C’est pourquoi j’entreprendrai, moi, des mortifications d’une supériorité telle que tous les contradicteurs seront confondus. Je montrerai que, pour les êtres disparus après l’accomplissement des actes, il n’y a pas anéantissement de l’accomplissement des actes. Et, par la démonstration de la supériorité de la méditation des dieux Dhyânagôtcharas et Roûpâvatcharas, je pourrai faire un renoncement complet.

Et alors, Religieux, le Bôdhisattva, après avoir ainsi réfléchi, se mit à pratiquer, pendant six années, des austérités terribles, des plus difficiles à pratiquer, des plus difficiles entre les plus difficiles.

Pourquoi a-t-il été appelé Douskaratcliaija (qui fait des choses difficiles) ? C’est qu’il a fait des choses difficiles qui l’ont fait nommer ainsi. Il n’y a pas d’être, quel qu’il soit, dans la multitude des êtres, homme ou non, qui soit capable de pratiquer des austérités aussi difficiles, excepté un Bôdhisattva qui en est à sa dernière existence et qui est entré dans la contemplation Asphânaka.

Pourquoi (cette contemplation) est-elle appelée Asphânaka ? (C’est que) la première fois qu’il (le Bôdhisattva) entra dans le calme de la quatrième méditation profonde, il intercepta, intercepta complètement le souffle d’aspiration et d’expiration. Cette méditation ne peut être jugée, ne peut nullement être jugée, est inébranlable, imperturbable, immuable, pénètre partout, est indépendante de tout. Et cette méditation n’a jamais été atteinte précédemment par qui que ce soit, disciple ou non disciple ou Pratyèkabouddlia ou par un Bôdhisattva non doué de conduite ; et de là vient le nom d’Asphânaka.

Et comme on dit que cette contemplation agite tout entier l’Akâça inébranlable, et indivisible, elle est dite pareille à l’Akâça, et, par suite, Asphânaka.

Cependant, Religieux, le Bôdhisattva, afin de faire voir une merveille au monde, afin d’abaisser l’orgueil des Tirthikas, afin de confondre les contradicteurs, à cause du désir des dieux, afin de montrer la transmission de l’accomplissement des actes des êtres desquels l’accomplissement des actes a disparu et qui disent que l’interruption (en) est éternelle, afin de produire le fruit des bonnes œuvres, afin de faire voir les fruits de la science, pour la division des parties de la méditation, pour bien montrer la force de l’énergie du corps, afin de produire complètement l’héroïsme de la pensée (le Bôdhisattva) s’assit les jambes croisées sur la terre non nettoyée ; et, après s’être assis, il dompta son corps par son esprit et le tourmenta.

Alors, Religieux, après avoir ainsi, pendant huit nuits d’hiver, dompté et tourmente mon coi-ps, des sueurs coulaient de mes aisselles, coulaient de mon front et tombaient à terre ; se congelaient, se réchauffaient, et s’évaporaient en fumée. De même qu’un homme doué de vigueur, ayant saisi par le cou un homme très faible, le tourmenterait, de même Religieux, tandis que je domptais mon corps avec mon esprit et le tourmentais, des sueurs coulaient de mon front, se congelaient, se réchauffaient et s’évaporaient en fumée.

Ensuite, Religieux, il me vint à la pensée : Je me livrerai à la contemplation Âsphànaka. Tandis que je me livrais à cette contemplation, l’aspiration et l’expiration par la bouche et le nez furent interceptées ; des deux ouvertures de mes oreilles, des bruits forts, de grands bruits sortirent ; comme, par exemple, quand on agite le soufflet d’une forge, il en sort un bruit fort, un grand bruit. De même aussi, Religieux, mes deux souffles d’aspiration et d’expiration ayant été tous les deux interceptés, un bruit fort, un grand bruit sortit par les deux ouvertures de mes oreilles.

Ensuite, Religieux, il me vint à la pensée : Je me livrerai encore à la contemplation Âsphànaka. Alors, Religieux, mes oreilles, mon nez et ma bouche furent bouchés. Ceux-ci bouchés, le vent heurta le crâne au sommet de la tête. De même, Religieux, qu’un homme, avec une lance aiguë pei’cerait le crâne de la tête, de même. Religieux, ma bouche, mon nez et mes oreilles ayant été bouchés, le souffle de mon aspiration et de mon expiration heurta le crâne au sommet de la tête.

En ce moment, quelques dieux ayant vu cet état du Bodhisattva, parlèrent ainsi : Hélas ! il est allé à la mort, en vérité, ce jeune Siddhârta ! D’autres dirent : Non, il n’est pas allé à la mort, mais il en est ainsi pour les Arhats qui demeurent dans la méditation. En ce moment, ils récitèrent ces deux stances :

1. Non, vraiment, ce fils du roi des Çâkyas, sans avoir rempli son dessein, ne mourra pas ici même dans un désert en laissant les trois mondes dans la douleur et sans guide, sans avoir atteint son but !

2. Ah ! essence des êtres dont la promesse est solide, qui fus invité au sacrifice de la bonne loi, où est, ô guide, la promesse solide que tu nous fis autrefois dans le Touchita, être pur ?

Puis ces dieux étant allés au milieu des dieux Tràyastrimçats, firent entendre cette nouvelle à Màyà Dêvî : Le jeune prince est arrivé à l’heure de la mort.

Alors Mâyâ Dêvî, entourée des troupes d’Apsaras, à l’heure de minuit s’étant rendue sur le bord de la rivière Nâirañjanâ, à l’endroit où était le Bôdhisattva, le vit qui avait le corps desséché. En le voyant ainsi pareil à un mort, suffoquée par les sanglots, elle se mit à pleurer. En cette circonstance, elle récita ces stances :


3. Lorsque tu es né dans le jardin appelé Loumbini, ô mon fils, alors, comme un lion, sans être soutenu, tu fis de toi-même sept pas en avant.

4. Ces belles paroles prononcées par toi, après avoir regardé les quatre points de l’espace : « C’est là ma dernière naissance, » elles ne sont pas accomplies par toi.

5. Quand Asita te le déclarait : « Tu seras un Bouddha dans le monde, » elle était fausse sa prophétie. Il n’avait pas vu l’instabilité (de la destinée).

6. La splendeur qui ravit le cœur d’un roi Tchakravartin n’a pas non plus été goûtée par toi, ô mon fils ; et, sans avoir obtenu l’Intelligence suprême, tu es allé à la mort dans la forêt !

7. À qui recourir pour (secourir), mon fils, à cause duquel je gémis, profondément affligée ? Qui donc, comme je le désire, rendra à mon fils le souffle de vie ? 8. — Quelle est cette femme qui pleure amèrement, les cheveux épars, et dont la beauté est altérée ? Qui se lamente à l’excès à cause de son fils et se tient debout sur la terre, extrêmement agitée ?

9. — Pendant dix lunes, tu as été par moi porté dans mon sein comme un diamant. mon fils, je suis ta mère, moi qui gémis, profondément affligée.


Alors le Bôdhisattva la consolant, lui dit : Il ne faut pas craindre ; tu retrouveras ton lils. Je rendrai ton labeur fructueux. Le renoncement d’un Bouddha n’est pas stérile. Je rendrai visible la prédiction d’Asita ; je rendrai visible la prédiction de Dipangkara. La terre pourrait se diviser en cent morceaux, le Mèrou pourrait s’engloutir dans les eaux, la foule des étoiles pourrait tomber à terre, que (resté) le seul homme, je ne mourrais pas ! C’est pourquoi tu ne’ dois pas te livrer à la douleur Le temps n’est pas loin où tu verras l’Intelligence d’un Bouddha !

A mesure qu’elle entendait, Mâyâ Dêvi sentait ses pores frissonner de plaisir. Après avoir couvert le Bôdhisattva de fleurs de Maudàrava et avoir tourné trois fois autour de lui an présentant la droite, elle se retira à sa demeure au son des instruments divins.

Alors, Religieux, il me vint à la pensée : Il y a des Gramanas et des Brahmanes qui croient qu’en prenant peu de nourriture, on est pur. Et je pensai : Moi aussi, il faut que je m’applique à prendre peu de nourriture.

Et je reconnais, Religieux, qu’il faut que je mange un seul fruit de Kola et pas un second. Et si c’est votre pensée, Religieux, que le Kola de ce temps-là était plus gros, ce n’est certes pas ainsi qu’il faut voir. En ce temps-là, en vérité, le Kola était le même. Et mon corps à moi qui ne prenais pour nourriture qu’un seul Kola, devint extrêmement maigre et très faible. Comme par exemple, Religieux, les nœuds de la plante Asîtaki ou les nœuds de la plante Kâlika. Tels étaient nies membres et leurs parties. Comme, par exemple, les côtes du crabe, telles aussi étaient mes côtes. Comme, par exemple, dans l’écurie des bêtes de somme ou l’étable des éléphants qui tombe en ruine, trouée des deux côtés, les intervalles des solives sont brillants et éclairés de deux côtés, de même aussi, mes côtes, à l’intérieur du corps, étaient à jour des deux côtés, et éclairées. Comme, par exemple, le tissu d’une tresse est haut et bas, inégal, de même mon épine dorsale était haute et basse, inégale. Comme, par exemple, une gourde coupée jeune, se fane, se fane encore et se dessèche entièrement, de même aussi, ma tête se fanait, se fanait encore, se desséchait entièrement. Comme, par exemple, au dernier mois de l’été, les (images des) étoiles se sont abaissées dans les puits et ne se voient plus qu’avec peine, de même aussi, les prunelles de mes yeux s’étaient enfoncées et ne se voyaient plus qu’avec peine. Comme, par exemple, le pied de la chèvre ou le pied du chameau, de même aussi, étaient mes épaules, mon ventre, ma poitrine et le reste. Et, Religieux, lorsque je disais : C’est mon ventre que je touche avec la main, c’était l’épine dorsale que je touchais. Et en disant : Je me lève, et que je me suis levé, j’étais tellement courbé que je tombai à la renverse. Relevé avec peine, quand j’ai frotté avec la main mes membres couverts de poussière, tous les poils corrompus se détachèrent du corps et la couleur belle et délicate qui était la mienne autrefois, disparut par l’effet du rude abandon de moi-même qui me dominait. Et les gens qui demeuraient dans le village voisin du lieu oùj’étais pensaient : Ah ! vraiment, il est noir, le Çramana Gâutama ! Ah ! vraiment, il est bleuâtre h Çramana Gâutama ! Ah ! vraiment, il a la couleur du poisson Madgoura, le Çramana Gâutama ! La belle et délicate couleur qu’il avait autrefois a disparu !

Religieux, ceci me vint à la pensée : Il faut que je m’applique dans une plus forte mesure à prendre peu de nourriture. Et je reconnais qu’il ne faut prendre qu’un seul grain de riz et pas un second. Religieux, si vous pensez que le grain de riz de ce temps-là était plus gros, ce n’est certes pas ainsi qu’il faut voir. Le grain de riz de ce temps-là était le même qu’à présent. Religieux, de moi qui ne mangeais qu’un seul grain de riz, le corps fut bientôt comme il a été dit jusqu’à présent : Ah ! vraiment, le Çramana Gâutama a la couleur du poisson Madgoura. Cette belle et délicate couleur qu’il avait autrefois a disparu. Voilà ce qu’on disait.

Religieux, ceci me vint à la pensée : Il faut que je m’applique dans une (encore) plus forte mesure à prendre peu de nourriture. Et je reconnais qu’il ne faut prendre qu’un seul grain de sésame et pas un second, etc., comme précédemment, jusqu’à : et cette couleur belle et délicate disparut.

Religieux, ceci me vint à la pensée : Il y a des Çramanas et des Brahmanes qui croient que ne pas prendre de nourriture, c’est la pureté. En tout et partout, il faut que je m’applique à ne pas prendre de nourriture. Et alors, Religieux, de moi qui ne prenais pas de nourriture, le corps devint excessivement sec, maigre et sans force. Ainsi, par exemple, mes membres et leurs parties devinrent deux fuis ou trois fois, quatre fois, cinq fois, dix fois plus maigres que les nœuds delà plante Asitakî ou les nœuds delà plante Kâlika. Les cotes devinrent comme celles du crabe, comme les solives du toit de l’écurie des bêtes de somme ; mon épine dorsale devint comme le tissu d’une tresse, le crâne de ma tête comme une gourde, les prunelles de mes yeux comme des étoiles (réfléchies au fond) d’un puits. Et, Religieux, quand je me dis : Il est bon que je me lève et que je secouai mes membres, courbé, je tombe renversé. Puis, relevé avec peine, de moi qui me frottais les membres, les poils dont la racine était corrompue se détachèrent. Et la couleur belle, délicate et brillante qui était la mienne, elle aussi disparut, et cela par l’effet du rude abandon de moi-même qui me dominait. Et les gens qui demeuraient dans le village voisin du lieu où j’étais pensaient : Ah ! vraiment, il est noir, le Çramana Gâutama ! Ah ! vraiment, il est bleuâtre le Çramana Gâutama ! Ah ! vraiment, il a la couleur du poisson Madgoura, le Çramana Gâutama !

Et le roi Çouddhodana envoyait alors chaque jour un messager auprès du Bôdhisattva.

Ainsi donc, Religieux, le Bôdhisattva, afin de faire voir au monde des actions merveilleuses, comme précédemment (p. 217), afin de faire passer (d’un corps à un autre ?) l’accomplissement des œuvres, et afin de produire l’accumulation des mérites, afin de montrer les qualités de la grande science, afin de bien séparer les degrés de la contemplation, fit voir, pendant six ans, la pratique de choses difficiles à accomplir. Sans avoir l’esprit abattu, le Bôdhisattva, pendant six ans, resta les jambes croisées, de la même manière, et ne s’écarta pas de la voie honorable. D’un lieu brûlé par le soleil, il n’alla pas à l’ombre, et de l’ombre n’alla pas au soleil. Il ne se fit pas d’abri contre le vent, le soleil ni la pluie. Il ne chassa ni les taons, ni les moustiques, ni les serpents. Il ne rendit ni excrément, ni urine, ni crachat, ni morve ; ne se ramassa ni se s’allongea ; ne se tint pas couché sur le côté, ni étendu sur le ventre ou sur le dos. Les grands nuages, les grandes ondées, la pluie, la grêle, en automne, au printemps, en hiver, tombaient sur le corps de Bôdhisattva qui, à la fin, ne s’abritait pas même avec la main. Il ne combattait pas les sens ; il n’accueillait pas les objets des sens. Et ceux qui venaient là, jeunes gens du village ou jeunes filles du village, ou pasteurs de vaches ou pasteurs de bestiaux, ou ramasseurs d’herbes, ou ramasseurs de bois, ou ramasseurs de fiente de vache, pensaient : C’est un Piçâtcha de la poussière ; et ils se raillaient de lui et le couvraient de poussière.

En ce temps-là, le corps du Bôdhisattva, par ces six années, était devenu tellement chétif, faible et maigre, qu’après avoir mis de l’herbe et du coton dans les ouvertures de ses oreilles, ils sortaient par les ouvertures du nez. Qu’après les avoir mis dans les ouvertures du nez, ils sortaient par les ouvertures des oreilles. Qu’après les avoir mis dans les ouvertures des oreilles^ ils sortaient par l’ouverture de la bouche. Qu’après les avoir mis dans l’ouverture de la bouche, ils sortaient par les ouvertures des oreilles et du nez. Qu’après les avoir mis dans le nez. ils sortaient par l’ouverture de l’oreille, du nez et de la bouche.

Et les dieux, les Nàgas, les Yakchas, les Gandharbas, les Asouras, les Garoudas, les Kinnaras, les Mahôragas, qui étaient témoins des qualités du Bôdhisattva, demeurant jour et nuit auprès de lui, rendaient hommage au Bôdhisattva et lui faisaient des prières.

Là, par le Bôdhisattva, montrant la pratique des austérités, douze Ñiyoutas complets de dieux et d’hommes, furent complètement mûris par les trois véhicules.

Et là il est dit :

10. De ce Bôdhisattva doué de qualités qui est sorti de la ville, les pensées se produisent avec les moyens de réussite pour le profit et le secours des êtres.

11. Au temps de la cinquième dégénération, où l’on a de l’inclination pour une loi défectueuse, il est né dans ce Djamboudvipa, pour arracher à la perpétuation des œuvres dans le monde.

12. Rempli de Tîrthikas, ces insensés qui, ayant des théâtres (pour se montrer comme objets) de curiosité, pour les tortures exercées sur leur corps, croient que c’est (atteindre) la pureté.

13. Ils vont dans le feu et des précipices, nus et couverts de poussière et de cendre. Afin de bien tourmenter leur corps, s’appliquant à pratiquer la Pantchâtapas.

14. Quelques-uns agissant d’après la décision des Mantras, léchant les mains, les ignorants, ne prennent ni ce qui sort de la bouche d’un vase d’airain, ni de la fente d’une porte ;

15. Ni d’un lieu où il y a un chien, ni où l’on dit : Attends ! ou viens ! Après avoir pris une seule aumône d’une maison, ils croient qu’ils ont (atteint) la pureté ici-bas.

16. Ils laissent le beurre clarifié, l’huile do Tila, le miel, la mélasse, le lait, le caillé, le poisson et la chair ; ils mangent le grain de Çyâmaka et les légumes ; ils mangent les fibres du lotus, les Gardoùlas et les bourgeons de riz.

17. Ils mangent des racines, des feuilles et des fruits ; ils portent des habits d’herbe Kouça, de peau et de feutre ; d’autres errent nus, en disant, les insensés : Voilà la vérité, le reste est mensonge !

18. Ils tiennent leurs mains levées ; ils portent leurs cheveux relevés et nattés ; ayant complètement perdu la voie, et demeurant dans ce qui n’est pas la voie, ils sont désireux de marcher dans la bonne voie.

19. Ils dorment sur de l’herbe, sur des pilons, sur de la cendre ; ils dorment aussi sur des épines en se tenant ramassés sur eux-mêmes ; quelques-uns se tiennent sur un pied, le visage élevé, regardant le soleil et la lune.

20. Une fontaine, un étang, un lac, la mer, un fleuve, la lune et le soleil, un arbre, une montagne, une jarre (voilà les objets qu’) ils honorent.

21. Par diverses tortures, ils dessèchent leurs corps, les insensés ! Enveloppés de vues fausses, ils tombent vite dans les voies mauvaises.

22. Certes, cette pratique difficile des vœux et des mortifications que j’entreprends est terril)le ; elle est difficile et impossible à accomplir par les dieux ou les hommes.

23. Et je me livrerai à la contemplation Asphànaka, dont le siège est solide comme le diamant ; contemplation que les Pratyêknbouddhas sont incapables de faire voir.

24. Il y a, en ce monde, des dieux et des hommes qui se contentent des vœux misérables des Tîrthikas ; afin de les mûrir complètement, il faut que j’entreprenne une pénitence rude et difficile.

25. Et (le Bôdhisattva) ayant croisé ses jambes, resta assis sur la terre où il n’y avait pas de tapis ; il montra la règle qui ne laisse prendre pour nourriture qu’un Kola, un Tila, un Tandoula.

26. Complètement privé du souffle d’aspiration, n’ayant plus le souffle d’expiration, il n’est pas ébranlé lui qui est fort ! Pendant six ans, il se livre à la contemplation par excellence, la contemplation Asphânaka.

27. Pas de raisonnement, pas de jugement, pas de trouble, pas d’erreur dans l’esprit ; il se livre à la contemplation Asphânaka qui embrasse l’étendue de l’éther. 28. Et il ne va ni du soleil à l’ombre, ni de l’ombre au soleil ; inébranlable comme le Mérou, il se livre à la contemplation Asphânaka.

29. Et sans abri contre le vent et la pluie, sans protection contre les moustiques, les taons et les serpents, par une pratique inébranlable, il se livre à la contemplation Asphânaka.

30. Et ce n’est pas seulement à cause de lui-même qu’il se livre à la contemplation Asphânaka ; pour les autres (aussi), avec un esprit de bonté, il songe au grand avantage du monde.

31. Et les jeunes gens du village, les pasteurs de vaches, les ramasseurs de bois, les ramasseurs d’herbe, s’imaginent que c’est un Pànteoupiçâtcha et le couvrent de poussière.

32. Ils répandent des ordures et font diverses malices. Mais lui ne songe pas, ne se trouble pas ; il se livre à la contemplation Asphânaka.

33. Il ne se lève ni ne se baisse ; il ne s’occupe pas de protéger son corps, il ne rend ni excréments ni urine ; il n’est pas effrayé au milieu des bruits, et ne regarde pas les autres.

34. Ce qui (lui) reste de chair, de sang, de peau, de tendons et d’os est desséché, et, par le ventre, on aperçoit l’épine dorsale comme les nœuds d’une tresse. 35. Et ceux qui ont fait leur devoir : Dieux, Souras, Nâgas, Yakchas et Gandharbas, en présence de celui qui possède des qualités, lui rendent hommage jour et nuit.

36. Et ils font cette prière : Puissions-nous bientôt être pareils (à lui) et comme lui qui, avec la pensée du ciel, se livre à la contemplation Asphânaka !

37. Ce n’est pas seulement à cause de lui-même, ni pour goûter la douceur de la méditation, ni avec une pensée de bien-être ; mais, par une pensée de bien-être pour les autres, il fera largement les affaires du monde.

38. Les contradicteurs sont vaincus ; ils sont subjugués, les Tîrthikas à l’esprit abaissé ; la perpétration des œuvres a été montrée, celle qui fut expliquée à Kâçyapa par la parole.

39. Où est l’Intelligence très difficile à obtenir avec la durée de nombreux Kalpas ? En vue de la joie des créatures, il se livre à la contemplation Asphânaka.

40. Douze Niyoutas complets d’hommes sont disciplinés par les trois véhicules. A cause de cela, celui qui a une belle intelligence se livre à la contemplation Asphânaka.

Chapitre nommé : Pratique des choses difficiles, le dix-septième.