Le Zend-Avesta (trad. Darmesteter)/Volume III/Chapitre II/III

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Traduction de James Darmesteter

Édition : Musée Guimet. Publication : Ernest Leroux, Paris, 1893.
Annales du Musée Guimet, Tome 24.


INTRODUCTION
CHAPITRE II
Formation de la collection avestéenne d’après la tradition parsie
III.
Additions à l’Avesta sous Shâhpûhr Ier (241-272).


III

La collection de Tansar ne ferma point le canon. Elle fut complétée sous la génération qui suivit. Le successeur d Ardashîr, Shâhpûhr I er

1. Litt. « Le venir du saint Pôryôtkêsh, Tansar, qui était Herbed des Herbeds, avec la mission d’incorporer (cf. la fin de la citation, note 1 de la page qui suit), un ensemble manifesté de l’Avesta ». Ce qu’il apporte ce n’est pas l’Avesta même, mais un ensemble de : min Apastâk padtâk, « il ressort de l’Avesla », c’est-à-dire un ensemble de textes donnés comme reproduisant le sens de l’Avesta perdu.

2. Voir plus haut, page xxi.

3. Maçoudi, II, 125. (251-272), le vainqueur de Valérien, fait réunir, nous dit-on, et incorporer dans l’Avesta les fragments d’un intérêt scientifique dispersés dans l’Inde, en Grèce ou ailleurs 1, touchant « la médecine et l’astronomie, le temps et l’espace, la nature et la création, la naissance et la destruction ». C’est là un renseignement bien inattendu, et qui semblerait indiquer qu’au m 8 siècle de notre ère on introduisit dans l’Avesta des textes traduits du sanscrit et du grec. L’idée n’a rien de bien étrange pour un Parsi, puisque la tradition nationale veut qu’Alexandre ait emporté en Grèce et fait traduire la partie des Nasks qui traitait d’astronomie et de médecine 2 : en traduisant du grec, les docteurs n’auraient donc fait que reprendre le bien de leurs pères 3. Pour nous, nous avons le choix entre deux hypothèses : ou bien les Mages, sous Shùhpûhr I er, se sont mis à l’école des Grecs et leur ont emprunté les éléments d’une partie de l’Avesta ; ou bien ils ont profité de la légende des Nasks traduits en grec par Alexandre pour donner une autorité antique à des textes qui n’y avaient pas droit par eux-mêmes, quelle que fût d’ailleurs leur origine. Pour choisir en connaissance de cause entre ces deux hypothèses, il faudrait que nous connussions le contenu de tout l’Avesta d’une façon plus complète que nous ne faisons. Précisément pour la partie qui traitait plus particulièrement de questions scien-

1. niplkîhâ-c-î, min dênbarà, madam bêjashkihu-slar-gavisfinîhvijôyishn u-damàn, jîvâk, gôhar, dahishn, yahvûnishn, vindsishn, datak-êrîh u-gôbâkîh û-apârilc kirûkîh u-afzâr dar UûndûJcân Arûm apàrlk-ic damîklhâ pargandak yahvûnt lakhvâr ol ham yâityûnt ù-lvatâ Apastâk lakhvâr andâkht (document B, § 26).

2. Cette tradition dérive de notre texte même.

3. En janvier 1887, je visitais à Surate un vieux médecin indigène, Bahramji Doctor, dont la famille exerce la médecine de père en fds : Bahramji était Hakim et suivait la vieille école, la yûnânl ; les fds ont étudié à l’Université et combinent la nouvelle avec l’ancienne, le Doctor avec le Hakim. Bahramji avait devant lui un immense in-folio persan, le livre de référence des médecins indigènes, le^j^l gjjz, compilation faite sur les Grecs. Il m’expliqua que la médecine persane était originale, malgré ses sources grecques : « Les livres grecs que nous étudions, disait-il, dans des traductions persanes faites sur l’arabe, avaient été eux mêmes traduits jadis de nos Nasks médicaux enlevés par Alexandre. » Le bon docteur m’en donnait une preuve décisive : les livres persans, traduits du grec, décrivent le choléra ( « U » ; *) et enseignent qu’il prévaut au mois de Tir (août). Or, le choléra est inconnu en Grèce : c’est donc que les Grecs ont trouvé la description du choléra dans les livres persans enlevés par Alexandre. titiques, pour les Nasks du Hadha-màthra, l’analyse du Dînkart est aussi brève que possible. Nous reviendrons sur ce point quand nous passerons à l’analyse interne de l’Avesta.