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Les Amours (1553)/Poème 136

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Les amours de P. de Ronsard Vandomois, nouvellement augmentées par lui, & commentées par Marc Antoine de Muret. Plus quelques odes de l'auteur, non encor imprimées
chez la veuve Maurice de la Porte (p. 156-157).

De ton poil d’or en tresses blondissant
Amour ourdit de son arc la ficelle,
Il me tira de ta vive estincelle,

Le dous-fier trait, qui me tient languissant.

Du premier coup j’eusse esté perissant,
Sans l’autre coup d’une flêche nouvelle,
Qui mon ulcere en santé renouvelle,
Et par son coup, le coup va guarissant.

Ainsi jadis sur la poudre Troïenne,
Du soudart Grec la hache Pelienne,
Du Mysien mit la douleur a fin:

Ainsi le trait que ton bel oeil me ruë,
D’un mesme coup me guarit & me tuë.
Hé, quelle Parque à filé mon destin!