Lotus de la bonne loi/Chapitre 5

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Lotus de la bonne loi
Version du soutra du lotus traduite directement à partir de l’original indien en sanscrit.
Traduction par Eugène Burnouf .
Librairie orientale et americaine (pp. 75-89).


CHAPITRE V.
LES PLANTES MÉDICINALES.


Alors Bhagavat s’adressa ainsi au respectable Mahâkâçyapa, et aux autres Sthaviras qui étaient des grands Auditeurs ; Bien, bien, ô Mahâkâçyapa ! et encore bien pour vous, que vous ayez prononcé le véritable éloge des qualités du Tathâgata ; car ce sont là, ô Kâçyapa, les véritables qualités du Tathâgata. Mais il en possède encore un plus grand nombre d’autres qui sont incommensurables, innombrables, dont il ne serait pas facile d’atteindre le terme, dût-on exister pendant des Kalpas sans fin. Le Tathâgata, ô Kâçyapa, est le maître des lois ; il est le roi, le souverain, le maître de toutes les lois. En quelque lieu que le Tathâgata dépose la loi, cette loi est comme il la dépose. Le Tathâgata, ô Kâçyapa, sait montrer convenablement, déposer, déposer avec la science des Tathâgatas toutes les lois ; et il les dépose de manière que ces lois arrivent au rang qu’occupe celui qui a l’omniscience. Le Tathâgata contemple l’ordre du sens de toutes les lois ; ayant acquis la possession du sens de toutes les lois, ayant acquis la faculté de réfléchir sur toutes les lois, ayant acquis la perfection suprême de la science de l’habileté à déterminer toutes les lois avec certitude, le Tathâgata vénérable, etc., ô Kâçyapa, enseigne la science de celui qui sait tout ; il communique, il dépose cette science [dans l’esprit des autres].

C’est, ô Kâçyapa, comme si dans cet univers formé d’un grand millier de trois mille mondes, au-dessus des herbes, des buissons, des plantes médicinales, des rois des forêts de différentes couleurs et de différentes espèces, des familles de plantes médicinales ayant des noms divers, qui naissent sur la terre, dans les montagnes, ou dans les cavernes des montagnes, il venait à s’élever un grand nuage plein d’eau, et que s’étant élevé, ce nuage couvrît tout cet univers formé d’un grand millier de trois mille mondes, et qu’après l’avoir couvert, il laissât tomber l’eau qu’il contient partout en même temps. Alors, ô Kâçyapa, les herbes, les buissons, les plantes médicinales, les rois des forêts qui se trouvent dans cet univers formé d’un grand millier de trois mille mondes, leurs tiges, leurs branches, leurs feuilles, leurs rameaux qui sont jeunes et tendres, ceux qui sont parvenus à une moyenne grosseur, comme ceux qui ont atteint tout leur développement ; tous ces végétaux, avec les rois des forêts, les arbres et les grands arbres, boivent, chacun selon ses forces, sa part et sa destination, l’élément de l’eau qui vient de la pluie versée par ce grand nuage ; et au moyen de cette eau qui est homogène et qui est versée abondamment par ce nuage unique, ils acquièrent, chacun selon la force de sa semence, un développement régulier, de la croissance, de l’augmentation et de la grosseur : c’est ainsi qu’ils produisent des fleurs et des fruits. Alors ils reçoivent chacun individuellement des noms divers. Etablies sur la même terre, toutes ces familles de plantes médicinales et de germes se développent par l’action d’une eau partout homogène.

De la même manière, ô Kâçyapa, le Tathâgata vénérable, etc., naît dans le monde : comme un grand nuage s’élève, ainsi naît le Tathâgata. Il enseigne de la voix le monde entier avec les Dêvas, les hommes et les Asuras. Tout de même, ô Kâçyapa, que le grand nuage couvre cet univers formé d’un grand millier de trois mille mondes, ainsi le Tathâgata vénérable, etc., fait entendre sa voix en présence du monde formé de la réunion des Dêvas, des hommes et des Asuras. Il prononce ces paroles : Je suis le Tathâgata, ô vous tous, Dêvas et hommes, le Tathâgata vénérable, etc. ; passé à l’autre rive, j’y fais passer les autres ; délivré, je délivre ; consolé, je console ; arrivé au Nirvâna complet, j’y conduis les autres. Avec mon intelligence absolue, je connais parfaitement tel qu’il est ce monde-ci et l’autre monde, je sais tout, je vois tout. Accourez tous à moi, Dêvas et hommes, pour entendre la loi. Je suis celui qui montre le chemin, qui indique le chemin, qui le connaît, l’enseigne et le possède parfaitement. Alors, ô Kâçyapa, plusieurs centaines de mille de myriades de kôṭis d’êtres vivants accourent auprès du Tathâgata pour entendre la loi ; et le Tathâgata, qui connaît les sens et les divers degrés d’énergie que possèdent ces êtres, présente à chacun d’eux diverses expositions de la loi, énonce pour chacun d’eux des développements divers de la loi, variés, agréables, faits pour plaire, pour donner du contentement, pour produire du bonheur et des avantages, développements grâce auxquels ces êtres, au sein même des conditions visibles, deviennent heureux, pour, ensuite, après avoir fait leur temps, renaître dans les bonnes voies de l’existence. Alors ils jouissent abondamment, là où ils naissent, de tous les plaisirs ; ils entendent la loi, et l’ayant entendue ils sont dégagés de toute espèce de ténèbres ; et ils s’appliquent successivement à la loi de celui qui sait tout, chacun selon sa force, sa part, son objet et sa situation.

De même, ô Kâçyapa, que le grand nuage, après avoir couvert la totalité de cet univers formé d’un grand millier de trois mille mondes, verse son eau partout également, et rafraîchit également de son eau toutes les herbes, tous les buissons, toutes les plantes médicinales et tous les rois des forêts ; de même que les herbes, les buissons, les plantes médicinales et les rois des forêts boivent cette eau, chacun selon sa force, sa part, son but et sa situation, et que tous ces végétaux parviennent au développement assigné à leur espèce ; de même, ô Kâçyapa, la loi qu’expose le Tathâgata vénérable, etc., cette loi est la loi universelle de tous ; elle est d’une seule et même nature, et sa nature, c’est celle de l’affranchissement, de l’indifférence, de l’anéantissement, en un mot c’est le terme auquel aboutit la science de celui qui sait tout. Alors, ô Kâçyapa, les êtres qui écoutent le Tathâgata exposant la loi, qui la possèdent, qui s’y appliquent, ces êtres ne se connaissent pas, ne se savent pas, ne se comprennent pas eux-mêmes. Pourquoi cela ? C’est que, ô Kâçyapa, c’est le Tathâgata seul qui connaît réellement ces êtres, qui voit avec certitude, qui sait réellement qui, comment et quels ils sont ; qui sait à quoi ils pensent, comment ils pensent, par quoi ils pensent, ce qu’ils imaginent, comment ils imaginent, par quoi ils imaginent, ce qu’ils atteignent, comment et par quoi ils atteignent cela.

De même, ô Kâçyapa, connaissant la loi dont la nature est homogène, dont la nature est celle de l’affranchissement et du Nirvâna, qui aboutit au Nirvâna, qui repose perpétuellement dans le Nirvâna, dont le terrain est homogène, qui a pour étendue l’espace, je sais, par égard pour les inclinations des êtres, ne pas déployer tout d’un coup la science de celui qui sait tout aux yeux des créatures placées chacune dans des positions diverses, basses, élevées ou moyennes, comme sont les herbes, les buissons, les plantes médicinales et les rois des forêts. Vous êtes étonnés, vous êtes surpris, ô Kâçyapa, de ce que vous ne pouvez comprendre le langage énigmatique du Tathâgata. Pourquoi cela ? C’est qu’il est difficile à comprendre, ô Kâçyapa, le langage énigmatique des Tathâgatas vénérables, etc.

Ensuite Bhagavat, pour exposer ce sujet plus amplement, prononça dans cette occasion les stances suivantes :

1. Moi qui suis le roi de la loi, moi qui suis né dans le monde et qui dompte l’existence, j’expose la loi aux créatures, après avoir reconnu leurs inclinations.

2. Les grands héros, dont l’intelligence est ferme, conservent longtemps ma parole ; ils gardent aussi mon secret, et ne le révèlent pas aux créatures.

3. Du moment, en effet, que les ignorants entendraient cette science si difficile à comprendre, concevant aussitôt des doutes dans leur folie, ils en seraient déchus et tomberaient dans l’erreur.

4. Je proportionne mon langage au sujet et aux forces de chacun ; et je redresse une doctrine par une explication contraire.

5. C’est, ô Kâçyapa, comme si un nuage s’élevant au-dessus de l’univers, le couvrait dans sa totalité, en cachant toute la terre.

6. Rempli d’eau, entouré d’une guirlande d’éclairs, ce grand nuage, qui retentit du bruit de la foudre, répand la joie chez toutes les créatures.

7. Arrêtant les rayons du soleil, rafraîchissant la sphère [du monde], descendant assez près de terre pour qu’on le touche de la main, il laisse tomber ses eaux de toutes parts.

8. C’est ainsi que répandant d’une manière uniforme une masse immense d’eau, et resplendissant des éclairs qui s’échappent de ses flancs, il réjouit la terre.

9. Et les plantes médicinales qui ont poussé à la surface de cette terre, les herbes, les buissons, les rois des forêts, les arbres et les grands arbres ;

10. Les diverses semences et tout ce qui forme la verdure ; tous les végétaux qui se trouvent dans les montagnes, dans les cavernes et dans les bosquets ;

11. Les herbes, en un mot, les buissons et les arbres, ce nuage les remplit de joie ; il répand la joie sur la terre altérée, et il humecte les herbes médicinales.

12. Or cette eau tout homogène qu’a répandue le nuage, les herbes et les buissons la pompent chacun selon sa force et selon sa destination.

13. Et les diverses espèces d’arbres, ainsi que les grands arbres, les petits et les moyens, tous boivent cette eau, chacun selon son âge et sa force ; ils la boivent et croissent, chacun selon le besoin qu’il en a.

14. Pompant l’eau du nuage par leur tronc, par leur tige, par leur écorce, par leurs branches, par leurs rameaux, par leurs feuilles, les grandes plantes médicinales poussent des fleurs et des fruits.

15. Chacune selon sa force, suivant sa destination et conformément à la nature du germe d’où elle sort, produit un fruit distinct ; et cependant c’est une eau homogène, que celle qui est tombée du nuage.

16. De même, ô Kâçyapa, le Buddha vient au monde, semblable au nuage qui couvre l’univers ; et à peine le Chef du monde est-il né, qu’il parle et qu’il enseigne aux créatures la véritable doctrine.

17. Et c’est ainsi que parle le grand Richi, honoré dans le monde réuni aux Dêvas : Je suis le Tathâgata, le Djina, le meilleur des hommes ; j’ai paru dans le monde semblable au nuage.

18. Je comblerai de joie tous les êtres dont les membres sont desséchés, qui sont attachés à la triple condition de l’existence ; j’établirai dans le bonheur les êtres consumés par la peine, et je leur donnerai les plaisirs et le Nirvâna.

19. Ecoutez-moi, ô vous, troupes des Dêvas et des hommes : approchez pour me voir. Je suis le Tathâgata bienheureux, l’être sans supérieur, qui est né ici, dans le monde, pour le sauver.

20. Et je prêche à des milliers de kôtis d’êtres vivants la loi pure et très belle ; sa nature est une et homogène : c’est la délivrance et le Nirvâna.

21. C’est avec une seule et même voix que j’expose la loi, prenant sans cesse pour sujet l’état de Bôdhi ; car cette loi est uniforme, l’inégalité n’y trouve pas place, non plus que l’affection ou la haine.

22. Convertissez-vous ; jamais il n’y a en moi ni préférence ni aversion pour qui que ce soit ; c’est la même loi que j’expose pour les êtres, la même pour l’un que pour l’autre.

23. Exclusivement occupé de cette œuvre, j’expose la loi ; soit que je marche, que je reste debout, que je sois couché sur mon lit ou assis sur mon siège, jamais je n’éprouve de fatigue.

24. Je remplis de joie tout l’univers, semblable à un nuage qui verse [partout] une eau homogène, toujours également bien disposé pour les Aryas comme pour les hommes les plus bas, pour les hommes vertueux comme pour les méchants ;

25. Pour les hommes perdus comme pour ceux qui ont une conduite régulière ; pour ceux qui suivent des doctrines hétérodoxes et de fausses opinions, comme pour ceux dont les opinions et les doctrines sont saines et parfaites.

26. Enfin j’expose la loi aux petits comme aux intelligences supérieures et à ceux dont les organes ont une puissance surnaturelle ; inaccessible à la fatigue, je répands [partout] d’une manière convenable la pluie de la loi.

27. Après avoir écouté ma voix selon la mesure de leurs forces, les êtres sont établis dans différentes situations, parmi les Dêvas, parmi les hommes, dans de beaux corps, parmi les Çakras, les Brahmâs et les Tchakravartins.

28. Écoutez, je vais vous expliquer ce que c’est que ces humbles et petites plantes qui se trouvent ici dans le monde, ce que sont ces autres plantes moyennes et ces arbres d’une grande hauteur.

29. Les hommes qui vivent avec la connaissance de la loi exempte d’imperfection, qui ont obtenu le Nirvâna, qui ont les six connaissances surnaturelles et les trois sciences, ces hommes sont nommés les petites plantes.

30. Les hommes qui vivent dans les cavernes des montagnes et qui aspirent à l’état de Pratyêkabuddha, ces hommes, dont l’intelligence est à demi purifiée, sont nommés les plantes moyennes.

31. Ceux qui sollicitent le rang de héros, en disant : Je serai un Buddha, je serai le Chef des Dêvas et des hommes, et qui cultivent l’énergie et la contemplation, ceux-là sont nommés les plantes les plus élevées.

32. Et les fils de Sugata qui, pleins de retenue et observant la quiétude, cultivent en ce monde la charité, qui ne conçoivent aucun doute sur le rang de héros parmi les hommes, ceux-là sont nommés les arbres.

33. Ceux qui font tourner la roue qui ne revient pas en arrière, les hommes fermes qui possèdent la puissance des facultés surnaturelles, et qui délivrent de nombreux kôtis d’êtres vivants, ceux-là sont nommés les grands arbres.

34. C’est cependant une seule et même loi qui est prêchée par le Djina, tout comme c’est une eau homogène que verse le nuage ; ces hommes qui possèdent, comme je viens de le dire, des facultés diverses, sont comme les plantes [diverses] qui poussent à la surface de la terre.

35. Tu connais par cet exemple et par cette explication les moyens dont dispose le Tathâgata ; tu sais comment il prêche une loi unique, dont les divers développements ressemblent aux gouttes de la pluie.

36. Et moi aussi, je ferai tomber la pluie de la loi, et le monde tout entier en sera rempli de satisfaction ; et les hommes méditeront, chacun selon ses forces, sur cette loi homogène que j’expose bien.

37. De même que, pendant que la pluie tombe, les herbes et les buissons, ainsi que les plantes de moyenne grandeur, les arbres et ceux qui sont les plus élevés brillent tous dans les dix points de l’espace,

38. De même cette condition [de l’enseignement] qui existe toujours pour le bonheur du monde, réjouit par des lois diverses la totalité de l’univers ; le monde entier en est comblé de joie, comme les plantes qui se couvrent de fleurs.

39. Les plantes moyennes qui croissent [sur la terre], ce sont les Arhats, qui sont fermes dans la destruction des fautes, [et] qui, parcourant les forêts immenses, montrent aux Bôdhisattvas la loi bien enseignée.

40. Les nombreux Bôdhisattvas, doués de mémoire et de fermeté, qui, s’étant fait une idée exacte des trois mondes, recherchent l’état suprême de Bôdhi, prennent sans cesse de l’accroissement comme les arbres.

41. Ceux qui possèdent les facultés surnaturelles et les quatre contemplations, qui, ayant entendu parler du vide, en éprouvent de la joie, et qui émettent de leurs corps des milliers de rayons, sont appelés les grands arbres.

42. Cet enseignement de la loi, ô Kâçyapa, est comme l’eau que le nuage laisse tomber [également partout], et par l’action de laquelle les grandes plantes produisent avec abondance des fleurs mortelles.

43. J’explique la loi qui est sa cause à elle-même ; j’enseigne, en son temps, l’état de Bôdhi qui appartient au Buddha : c’est là ma suprême habileté dans l’emploi des moyens, c’est celle de tous les Guides du monde.

44. Ce que j’ai dit, c’est la vérité suprême ; mes Çrâvakas arrivent complètement au Nirvâna ; ils suivent l’excellente voie qui conduit à l’état de Bôdhi ; tous ces Çrâvakas qui m’écoutent deviendront des Buddhas.

Encore un autre développement, ô Kâçyapa. Le Tathâgata est égal et non inégal pour tous les êtres, quand il s’agit de les convertir. C’est, ô Kâçyapa, comme les rayons du soleil et de la lune, qui brillent pour tout le monde, pour l’homme vertueux comme, pour le méchant, pour ce qui est élevé comme pour ce qui est bas, pour ce qui a une bonne odeur comme pour ce qui en a une mauvaise ; partout ces rayons tombent également et non pas inégalement. Ainsi font ô Kâçyapa, les rayons de l’intelligence, douée du savoir de l’omniscience, des Tathâgatas vénérables, etc. L’enseignement complet de la bonne loi a lieu également pour tous les êtres entrés dans les cinq voies de l’existence, pour ceux qui, selon leur inclination, ont pris ou le grand véhicule, ou le véhicule des Pratyêkabuddhas, ou celui des Çrâvakas. Et il n’y a ni diminution ni augmentation de la sagesse absolue dans [tel ou tel] Tathâgata. Bien au contraire, tous existent également, sont nés également pour réunir la science et la vertu. Il n’y a pas, ô Kâçyapa, trois véhicules ; il y a seulement des êtres qui agissent différemment les uns des autres : c’est à cause de cela que l’on désigne trois véhicules.

Cela dit, le respectable Mahâkâçyapa parla ainsi à Bhagavat : S’il n’y a pas, ô Bhagavat, trois véhicules différents, à quoi bon employer dans le présent monde les dénominations distinctes de Çrâvakas, de Pratyêkabuddhas et de Bôdhisattvas ? Cela dit, Bhagavat parla ainsi au respectable Mahâkâçyapa : C’est, ô Kâçyapa, comme quand un potier fait des pots divers avec la même argile. De ces pots, les uns deviennent des vases à contenir la mélasse, d’autres des vases pour le beurre clarifié, d’autres des vases pour le lait et pour le caillé, d’autres des vases inférieurs et impurs. La variété n’appartient pas à l’argile ; c’est uniquement de la différence des matières qu’on y dépose que provient la diversité des vases. De même, il n’y a réellement qu’un seul véhicule, qui est le véhicule du Buddha ; il n’y a pas un second, il n’y a pas un troisième véhicule.

Cela dit, le respectable Mahâkâçyapa parla ainsi à Bhagavat : Si les êtres, ô Bhagavat, sortis de cette réunion des trois mondes ont des inclinations diverses, y a-t-il pour eux un seul Nirvâna, ou bien deux, ou bien trois ? Bhagavat dit : Le Nirvâna, ô Kâçyapa, résulte de la compréhension de l’égalité de toutes les lois ; il n’y en a qu’un seul, et non pas deux ni trois. C’est pourquoi, ô Kâçyapa, je te proposerai une parabole ; car les hommes pénétrants connaissent par la parabole le sens de ce qu’on leur dit.

C’est comme si, ô Kâçyapa, un homme aveugle de naissance disait : Il n’y a pas de formes dont les unes aient de belles et les autres de vilaines couleurs. Il n’y a pas de spectateurs pour des formes ayant de belles ou de vilaines couleurs. Il n’existe ni soleil ni lune ; il n’y a ni constellations ni étoiles ; il n’y a pas de spectateurs qui voient les étoiles ; et que d’autres hommes vinssent à dire devant cet aveugle de naissance : Il y a des formes dont les unes ont de belles, les autres de vilaines couleurs. Il y a des spectateurs pour des formes ayant de belles ou de vilaines couleurs. Il existe un soleil et une lune ; il y a des constellations, des étoiles ; il y a des spectateurs qui voient les étoiles ; et que l’aveugle ne voulût pas croire ces hommes, ni s’en rapporter à eux. Alors, qu’il y ait un médecin connaissant toutes les maladies ; qu’il voie cet homme aveugle de naissance, et que cette réflexion lui vienne à l’esprit : C’est de la conduite coupable de cet homme [dans une vie antérieure] qu’est née cette maladie. Les maladies, quelles qu’elles soient, qui paraissent en ce monde, sont au nombre de quatre : les maladies qui sont produites par le vent, celles qui le sont par la bile, celles qui le sont par le phlegme et celles qui le sont par l’état morbide de ces trois principes réunis. Que ce médecin réfléchisse ensuite à plusieurs reprises au moyen de guérir cette maladie, et que cette réflexion lui vienne à l’esprit : Les substances qui sont en usage ici ne sont pas capables de détruire ce mal ; mais il existe dans l’Himavat, le roi des montagnes, quatre plantes médicinales ; et quelles sont-elles ? La première se nomme celle qui possède toutes les saveurs et toutes les couleurs ; la seconde, celle qui délivre de toutes les maladies ; la troisième, celle qui neutralise tous les poisons ; la quatrième, celle qui procure le bien-être dans quelque situation que ce soit. Ce sont là les quatre plantes médicinales. Qu’ensuite le médecin, se sentant touché de compassion pour l’aveugle de naissance, pense au moyen de se rendre dans l’Himavat, le roi des montagnes ; que, s’y étant rendu, il monte au sommet ; qu’il descende dans les vallées, qu’il traverse la montagne en cherchant, et qu’après avoir cherché, il découvre ces quatre plantes médicinales, et que les ayant découvertes, il les donne [à l’aveugle pour qu’il les prenne], l’une après l’avoir mâchée avec les dents, l’autre après l’avoir pilée, celle-ci après l’avoir fait cuire en la mêlant avec d’autres substances, celle-là en la mêlant avec d’autres substances crues ; une autre en se l’introduisant dans une partie donnée du corps au moyen d’une aiguille, une autre après l’avoir consumée dans le feu, une dernière, enfin, en l’employant après l’avoir mêlée avec d’autres substances comme aliment ou comme boisson.

Qu’ensuite l’aveugle de naissance, par suite de l’emploi de ces moyens, recouvre la vue, et que l’ayant recouvrée, il voie en dehors de lui, au dedans de lui, de loin, de près ; qu’il voie les rayons du soleil et de la lune, les constellations, les étoiles, toutes les formes, et qu’il parle ainsi : Certes j’étais un insensé, moi qui jadis ne croyais pas à ceux qui voyaient, et qui ne m’en rapportais pas à eux. Maintenant je vois tout ; je suis délivré de mon aveuglement ; j’ai recouvré la vue, et il n’est en ce monde personne qui l’emporte en rien sur moi.

Or, qu’en ce moment se présentent des Richis doués des cinq connaissances surnaturelles ; que ces sages, habiles à disposer de la vue divine, de l’ouïe divine, de la connaissance des pensées d’autrui, de la mémoire de leurs existences antérieures et d’un pouvoir surnaturel, parlent en ces termes à cet homme : Tu n’as fait, ô homme, que recouvrer la vue, et tu ne connais encore rien. D’où te vient donc cet orgueil. Tu n’as pas la sagesse et tu n’es pas instruit. Puis, qu’ils lui parlent de cette manière ; Quand tu es assis, ô homme, dans l’intérieur de ta maison, tu ne vois pas, tu ne connais pas les autres formes qui sont au dehors ; tu ne distingues pas les êtres, selon qu’ils ont des pensées bienveillantes ou hostiles [pour toi] ; tu ne perçois pas, tu n’entends pas à la distance de cinq Yôdjanas le bruit de la conque, du tambour ou de la voix humaine ; tu ne peux te transporter, même à la distance d’un Krôça[1] sans te servir de tes pieds ; tu as été engendré et tu t’es développé dans le ventre de ta mère, et tu ne te rappelles rien de tout cela. Comment donc es-tu savant, et comment connais-tu tout, et comment peux-tu dire : Je vois tout ? Reconnais donc bien, ô homme, que ce qui est la clarté est l’obscurité ; reconnais encore que ce qui est l’obscurité est la clarté.

Qu’ensuite cet homme parle ainsi à ces Richis : Quel moyen faut-il que j’emploie, ou quelle bonne œuvre faut-il que je fasse, pour acquérir une pareille sagesse ? Puissé-je, par votre faveur, obtenir ces qualités ! Qu’alors ces Richis parlent ainsi à cet homme : Si tu veux cela, pense à la loi, assis dans le désert, ou dans la forêt, ou dans les cavernes des montagnes, et affranchis-toi de la corruption [du mal]. Alors, doué de qualités purifiées, tu obtiendras les connaissances surnaturelles. Qu’ensuite cet homme, suivant ce conseil, entrant dans la vie religieuse, habitant dans le désert, la pensée fixée sur un seul objet, s’étant affranchi de la soif du monde, obtienne les cinq connaissances surnaturelles ; et qu’ayant acquis ces connaissances, il réfléchisse ainsi : La conduite que j’ai suivie antérieurement ne m’a mis en possession d’aucune loi ni d’aucune qualité. Maintenant, au contraire, je vais comme le désire ma pensée ; auparavant je n’avais que peu de sagesse, que peu de jugement ; j’étais aveugle.

Voilà, ô Kâçyapa, la parabole que je voulais te proposer, pour te faire comprendre le sens de mon discours ; voici maintenant ce qu’il faut y voir. L’expression d’aveugle de naissance, ô Kâçyapa, désigne les êtres qui sont renfermés dans la révolution du monde, où l’on entre par cinq voies ; ce sont ceux qui ne connaissent pas l’excellente loi et qui accumulent [sur eux-mêmes] l’obscurité et les ténèbres épaisses de la corruption [du mal], ils sont aveuglés par l’ignorance, et dans cet état d’aveuglement, ils recueillent les conceptions ainsi que le nom et la forme qui sont l’effet des conceptions, jusqu’à ce qu’enfin a lieu la production de ce qui n’est qu’une grande masse de misères. C’est de cette manière que les êtres aveuglés par l’ignorance sont renfermés dans la révolution du monde.

Mais le Tathâgata, qui est placé en dehors de la réunion des trois mondes, éprouvant pour eux de la compassion, ému de pitié comme un père l’est pour son fils unique qui lui est cher, après être descendu dans la réunion des trois mondes, contemple les êtres roulants dans le cercle de la transmigration ; et les êtres ne connaissent pas le moyen véritable de sortir du monde. Alors Bhagavat les voit avec l’œil de la Sagesse, et les ayant vus, il les connaît. Ces êtres, [dit-il,] après avoir accompli antérieurement le principe de la vertu, ont des haines faibles et des attachements vifs, ou des attachements faibles et des haines et des erreurs vives. Quelques-uns ont peu d’intelligence, d’autres sont sages ; ceux-ci sont parvenus à la maturité et sont purs, ceux-là suivent de fausses doctrines. À ces êtres, Bhagavat, grâce à l’habile emploi des moyens dont il dispose, enseigne, trois véhicules. Alors les Bôdhisattvas, semblables à ces Richis, qui étaient doués des cinq connaissances surnaturelles et d’une vue parfaitement claire, les Bôdhisattvas, dis-je, ayant conçu la pensée de l’état de Bôdhi, ayant acquis une patience miraculeuse dans la loi, sont élevés à l’état suprême de Buddha parfaitement accompli.

Dans cette comparaison, le Tathâgata doit être regardé comme le grand médecin ; tous les êtres doivent être regardés comme aveuglés par l’erreur, ainsi que l’aveugle de naissance. L’affection, la haine, l’erreur, et les soixante-deux fausses doctrines, ce sont le vent, la bile et le phlegme. Les quatre plantes médicinales sont [les quatre vérités suivantes] : l’état de vide, l’absence d’une cause, l’absence d’un objet, et l’entrée du Nirvâna. De même que, selon les diverses substances qu’on emploie, on guérit diverses maladies, ainsi les êtres se représentant l’état de vide, l’absence d’une cause, l’absence d’un objet, et l’entrée de l’affranchissement, arrêtent [l’action de] l’ignorance ; de l’anéantissement de l’ignorance vient celui des conceptions, jusqu’à ce qu’enfin ait lieu l’anéantissement de ce qui n’est qu’une grande masse de maux. De cette manière, la pensée de l’homme n’est ni dans la vertu ni dans le péché.

L’homme qui fait usage du véhicule des Çrâvakas, ou des Pratyêkabuddhas, doit être regardé comme l’aveugle qui recouvre la vue. Il brise les chaînes des misères de la transmigration ; débarrassé des chaînes des misères, il est délivré de la réunion des trois mondes, où l’on entre par cinq voies. C’est pourquoi celui qui fait usage du véhicule des Çrâvakas sait ce qui suit, prononce les paroles qui suivent : Il n’y a plus désormais d’autres lois faites pour être connues par un Buddha parfaitement accompli, j’ai atteint le Nirvâna. Mais Bhagavat lui montre la loi : Comment, [dit-il,] celui qui n’a pas obtenu toutes les lois, aurait-il atteint le Nirvâna ? Bhagavat l’introduit alors dans l’état de Bôdhi. Ayant conçu la pensée de l’état de Bôdhi, le Çrâvaka n’est plus dans la révolution du monde, et il n’a pas encore atteint le Nirvâna se faisant une idée exacte de la réunion des trois mondes, il voit le monde vide dans les dix points de l’espace, semblable à une apparition magique, à une illusion, semblable à un songe, à un mirage, à un écho. Il voit toutes les lois, celles de la cessation de la naissance, comme celles qui sont contraires à l’anéantissement ; celles de la délivrance, comme celles qui sont contraires à l’affranchissement ; celles qui n’appartiennent pas aux ténèbres et à l’obscurité, comme celles qui sont contraires à la clarté. Celui qui voit ainsi les lois profondes, celui-là voit, à la manière de l’aveugle, les pensées et les dispositions diverses de tous les êtres qui remplissent la réunion des trois mondes.

Ensuite Bhagavat, pour exposer ce sujet plus amplement, prononça dans cette occasion les stances suivantes :

45. De même que les rayons du soleil et de la lune tombent également sur tous les hommes, sur les bons comme sur les méchants, sans qu’il y ait diminution ni augmentation de leur éclat ;

46. Ainsi la splendeur de la science du Tathâgata, semblable au soleil et à la lune, convertit également tous les êtres, sans augmenter ou sans diminuer [pour l’un ou pour l’autre ].

47. De même que le potier qui fabrique des vases de terre, produit avec la même argile des vases divers, des vases pour la mélasse, le lait, le beurre clarifié et l’eau,

48. Quelques-uns pour le lait caillé, d’autres pour des substances impures ; et cependant, pour fabriquer tous ses vases, il ne prend que la même espèce d’argile ;

49. Et les vases ne sont distingués les uns des autres que par la substance qu’on y renferme ; de même, quoiqu’il n’y ait pas de différences entre les êtres, les Tathâgatas, se fondant sur la diversité de leurs inclinations, 50. Célèbrent diverses espèces de véhicules, mais le véhicule du Buddha est le seul réel. Quand on ignore ce que c’est que la roue de la transmigration, on ne connaît pas le Nirvâna.

51. Mais celui qui reconnaît que les lois sont vides et privées d’une essence propre, pénètre à fond l’état de Bôdhi qui appartient aux Bienheureux parfaitement Buddhas.

52. Une sagesse intimement inhérente [à celui qui la possède], c’est ce qu’on nomme un Djina individuel ; le Çrâvaka se reconnaît à ce qu’il est privé de la connaissance du vide.

53. Mais le Buddha parfaitement accompli est celui qui pénètre toutes les lois ; aussi emploie-t-il des centaines de moyens pour enseigner la loi aux créatures.

54. C’est comme si un aveugle de naissance, ne voyant ni le soleil, ni la lune, ni les constellations, ni les étoiles, disait dans son ignorance : Il n’existe absolument pas de formes.

55. Mais qu’un grand médecin éprouve de la compassion pour cet aveugle de naissance, et que s’étant rendu dans l’Himavat, il traverse la montagne, et en visite les vallées et les sommets.

56. Qu’il rapporte de cette montagne les quatre plantes dont la première est celle qui possède toutes les couleurs et toutes les saveurs, et qu’il les emploie comme médicament.

57. Qu’il les fasse prendre à l’aveugle de naissance, l’une après l’avoir broyée avec ses dents, l’autre après l’avoir pilée, l’autre en l’introduisant dans son corps avec la pointe d’une aiguille.

58. Qu’ayant recouvré la vue, cet homme voie le soleil, la lune, les constellations et les étoiles ; et qu’il reconnaisse qu’il n’a parlé, comme il faisait auparavant, que par ignorance.

59. De même, aveuglés dès leur naissance par la grande ignorance, les êtres sont condamnés à la transmigration ; ne connaissant pas la roue de la production des causes et effets, ils entrent dans la voie de la douleur.

60. De même le Meilleur des êtres, le Tathâgata qui sait tout, naît, plein de compassion comme le grand médecin, dans le monde troublé par l’ignorance.

61. Habile dans l’emploi des moyens, le Précepteur [du monde] expose la bonne loi ; il enseigne l’état suprême de Bôdhi à celui qui est entré dans le premier des véhicules.

62. Le Guide [des hommes] expose une science moyenne à celui qui n’a qu’une moyenne sagesse ; il enseigne un autre état de Bôdhi pour celui qui est épouvanté par la transmigration.

63. Le Çrâvaka intelligent qui est sorti de l’enceinte des trois mondes, se dit alors : J’ai atteint le pur, le fortuné Nirvâna. Ce n’est cependant que par la connaissance de toutes les lois que s’acquiert le Nirvâna immortel.

64. Mais c’est alors comme quand les grands Richis, dans leur compassion pour l’aveugle, lui disent : Tu es un insensé, ne crois pas avoir acquis la science.

65. Car quand tu es assis dans l’intérieur de ta maison, tu ne peux, à cause de la faiblesse de ton intelligence, connaître ce qui se passe au dehors.

66. Ce que fait ou ce que ne fait pas un homme renfermé dans l’intérieur [de sa maison], tu ne le sais pas aujourd’hui en le regardant du dehors, comment donc, avec aussi peu d’intelligence, peux-tu dire que tu sais ?

67. Tu es incapable d’entendre ici la voix [d’un homme qui parlerait] à la distance de cinq Yôdjanas ; à bien plus forte raison, tu ne peux entendre une voix qui viendrait de plus loin.

68. Tu es hors d’état de reconnaître ceux qui ont pour toi des dispositions bienveillantes ou hostiles ; d’où te vient donc cet orgueil ?

69. S’il te faut aller seulement à la distance d’un Krôça, tu ne peux te passer de tes pieds ; tu as complètement oublié ce que tu as fait dans le sein de ta mère.

70. Celui qui possède les cinq connaissances surnaturelles, est le seul qui s’appelle en ce monde. Celui qui sait tout, mais toi, qui ne sais absolument rien, c’est par erreur que tu dis : Je sais tout.

71. Si tu désires l’omniscience, mets-toi en possession des connaissances surnaturelles ; et pour en obtenir la possession, médite, retiré dans le désert, sur la loi qui est pure ; c’est ainsi que tu acquerras les connaissances surnaturelles.

72. Cet homme adopte donc ce parti, et, retiré dans le désert, il médite avec recueillement ; et bientôt, doué des qualités convenables, il a acquis les cinq connaissances surnaturelles. De la même manière tous les Çrâvakas s’imaginent qu’ils ont atteint le Nirvâna ; mais le Djina les instruit en disant : Ce n’est là qu’un [lieu de] repos, ce n’est pas là le Nirvâna.

74. Quelque doctrine que les Buddhas enseignent, c’est un effet des moyens dont ils disposent : il n’y a pas de Nirvâna sans omniscience ; c’est à l’omniscience qu’il faut s’appliquer.

75. La science infinie des trois voies [du temps], les cinq perfections accomplies, le vide, l’absence de toute cause, l’absence de tout objet ;

76. L’idée de l’état de Bôdhi, ainsi que les autres lois qui conduisent au Nirvâna, celles qui sont parfaites, comme celles qui ne le sont pas, qui sont calmes et semblables à l’espace ;

77. Les quatre demeures de Brahmâ ; les lois qui sont présentées en abrégé, celles qui sont exposées par les grands Richis pour discipliner les êtres ;

78. [Toutes ces lois en un mot,] celui qui reconnaît que leur nature propre est celle d’un songe, d’une illusion, qu’elles n’ont pas plus de substance que la tige du Kadalî [n’a de solidité], qu’elles sont semblables à un écho ;

79. Et qui connaît complètement la véritable nature de la réunion des trois mondes, celui-là connaît le Nirvâna qui n’est ni enchaîné ni affranchi.

80. Il sait que toutes les lois sont égales, vides, indivisibles, sans essence ; il ne les contemple pas et n’aperçoit même aucune loi.

81. Doué d’une grande sagesse, un tel homme voit le corps de la loi d’une manière complète ; il n’existe en aucune façon trois véhicules, il n’y en a au contraire qu’un seul en ce monde.

82. Toutes les lois sont égales ; et en cette qualité, elles sont perpétuellement uniformes ; celui qui connaît cette vérité, connaît l’immortel et fortuné Nirvâna.

  1. Quatre cent coudées.