Molière, Shakspeare, la Comédie et le Rire/Shakspeare/The Merry Wives of Windsor

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Texte établi par Henri Martineau, Le Divan (p. 215-216).
Shakspeare

THE MERRY WIVES OF WINDSOR[1]


(Dissection de l’effet produit)



Premier acte. — Nulle action, suite de mauvaises plaisanteries. Rien de bon il ennuie, impossible à achever seul. Le caractère de Falstaff nullement développé.

Deuxième acte. — Au moins aussi ennuyeux que le premier.

Troisième acte. — Scène du duel où on attend le comique qui n’arrive pas. Celui qui dérive de la mauvaise prononciation d’Evans, du Dr français, est un comique de boulevard. Nous nous croyons d’avance supérieurs à ces gens-là. La scène du panier est amusante et doit gagner beaucoup à la représentation.

Quatrième acte. — Falstaff apprenant son deuxième rendez-vous à M. Broc est un peu comique. La scène de la sorcière de Bramfort étant une répétition de celle du panier, et étant prévue, fait rire encore, mais il faut être bien disposé, ou voir rire à ses côtés des gens qu’on aime, pour en rire.

Cinquième acte. — Il en est de même de la scène de féerie qui est beaucoup trop prévue. Il y a une intention comique à faire enlever des hommes par Stender et Cayus. Cette position-là et le panier arrivant à des gens de meilleur ton seraient susceptibles d’être très comiques. Le grand défaut de cette pièce, c’est que les deux ou trois positions comiques qu’on y trouve ne sont pas assez rapprochées. Si on baîlle pendant une demi-heure, on ne peut pas rire après, quelque vrai comique qu’on présente.

Si cette pièce n’eût pas été de Shakspeare, nous ne serions jamais allés à la fin. C’est mauvais.

  1. 13 avril 1811.