Page:Ésope - Fables - Émile Chambry.djvu/220

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au lièvre. Le lièvre peureux dit alors : « J’ai vivement souhaité de voir ce jour, afin que les faibles paraissent redoutables aux violents. »

Quand la justice règne dans l’État, et que tous les jugements sont équitables, les humbles aussi vivent en tranquillité.


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LE LION VIEILLI ET LE RENARD

Un lion devenu vieux, et dès lors incapable de se procurer de la nourriture par la force, jugea qu’il fallait le faire par adresse. Il se rendit donc dans une caverne et s’y coucha, contrefaisant le malade ; et ainsi, quand les animaux vinrent le visiter, il les saisit et les dévora. Or beaucoup avaient déjà péri, quand le renard, ayant deviné son artifice, se présenta, et s’arrêtant à distance de la caverne, s’informa comment il allait. « Mal », dit le lion, qui lui demanda pourquoi il n’entrait pas. « Moi, dit le renard, je serais entré, si je ne voyais beaucoup de traces d’animaux qui entrent, mais d’animal qui sorte, aucune. »

Ainsi les hommes judicieux prévoient à certains indices les dangers, et les évitent.


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LE LION ENFERMÉ ET LE LABOUREUR

Un lion pénétra dans l’étable d’un laboureur. Celui-ci, voulant le prendre, ferma la porte de la cour. Ne pouvant sortir, le lion dévora d’abord les moutons, puis s’attaqua aux bœufs. Alors le laboureur, prenant peur pour lui-même, ouvrit la porte. Le lion parti, la femme du laboureur, le voyant gémir, lui dit : « Tu n’as que ce que tu mérites ; car pour-