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FABLES D’ÉSOPE

d’où il venait. Il répondit : « Le maître vient de m’acheter. — Et tu oses, bête effrontée entre toutes, reprit la chatte, tu oses, tout nouveau venu, pousser de pareils cris, tandis qu’à moi, née à la maison, les maîtres m’interdisent de crier ! et si parfois cela m’arrive, ils se fâchent et me jettent à la porte. — Va te promener, ma belle dame ; il n’y a pas de comparaison à faire entre nous ; ma voix n’agace pas les maîtres comme la tienne. »

Cette fable convient aux critiques malveillants toujours prêts à jeter le blâme sur les autres.

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LA PUCE ET L’ATHLÈTE


Un jour une puce alla d’un saut se poster sur un doigt de pied d’un athlète malade, et tout en sautant elle lui fit une morsure. L’athlète en colère préparait ses ongles pour l’écraser ; mais elle prit son élan, et d’un saut, un de ces sauts dont elle a l’habitude, elle lui échappa et évita la mort. Alors l’athlète dit en soupirant : « O Héraclès, si c’est ainsi que tu me secours contre une puce, quelle aide puis-je attendre de toi contre mes adversaires ? »

Cette fable nous enseigne que nous aussi nous ne devons pas appeler tout de suite les dieux pour des bagatelles inoffensives, mais pour des nécessités plus pressantes.

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LA PUCE ET L’HOMME


Un jour une puce incommodait un homme sans relâche. Il l’attrapa et lui dit : « Qui es-tu, toi qui t’es repue de tous mes membres, en me piquant à tort et à travers ? » Elle répondit : « C’est notre façon de vivre ; ne me tue pas ; car je ne puis pas faire grand mal. » L’homme se mit à rire et