Page:Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, Guillaumin, 7.djvu/97

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D’abord elle est partie de ce principe, que la poste devait être un instrument fiscal, et que, tandis que l’État épuise ses revenus pour faciliter la circulation des marchandises, il devait se faire une source de revenus de la circulation des sentiments, des affections et des pensées.

Il suit de là qu’il y a trois choses dans un port de lettre :

1º Un impôt ;

2º Le remboursement de frais communs à toutes les lettres ;

3º Le remboursement de frais variables selon les distances.

Il est clair que l’uniformité de la taxe devrait exister pour toutes les lettres, en ce qui concerne les deux premiers éléments, et que la gradualité ne peut résulter, avec justice, que du troisième.

Il est donc nécessaire d’en déterminer l’importance.

Les frais généraux communs à toutes les lettres, administration, inspection, surveillance, etc., s’élèvent à 12 millions que nous pouvons réduire à 10, parce qu’une partie de ces frais est absorbée par des services étrangers au sujet qui nous occupe, tels que le transport de cinquante mille voyageurs, les envois d’argent, les paquebots, etc.

Les frais de locomotion sont de 17 800 000 fr. qui se réduisent aussi à 10 millions, ainsi que nous l’avons vu dans l’article précédent, si l’on en déduit, comme on le doit, ceux qui ne concernent pas les dépêches.

Ces frais doivent se répartir sur :


875 000 kilog. de lettres représentant 116 millions de lettres simp.
1 000 000 journaux et imprimés 133
1 000 000 dépêches administratives 133
Total…… 382 millions.

Soit, en nombre rond, 400 millions de lettres simples.