Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/108

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roulé sur ses genoux et ne semblait point prendre garde à moi. Je fis le tour des ruines, dont une partie couverte et fermée au moyen de branches, de paille, d’herbes et de cailloux, était habitée par lui, et je revins de son côté.

La vue, de là, est admirable. C’est, à droite, l’Esterel aux sommets pointus, étrangement découpé, puis la mer démesurée, s’allongeant jusqu’aux côtes lointaines de l’Italie, avec ses caps nombreux et, en face de Cannes, les îles de Lérins, vertes et plates, qui semblent flotter et dont la dernière présente vers le large un haut et vieux château fort à tours crénelées, bâti dans les flots mêmes.

Puis dominant la côte verte, où l’on voit pareilles, d’aussi loin, à des œufs innombrables pondus au bord du rivage, le long chapelet de villas et de villes blanches bâties dans les arbres, s’élèvent les Alpes, dont les sommets sont encore encapuchonnés de neige.

Je murmurai : « Cristi, c’est beau. »

L’homme leva la tête et dit : « Oui, mais quand on voit ça toute la journée c’est monotone. »