Page:Œuvres complètes de Guy de Maupassant, XVI.djvu/252

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Et les fermiers hochaient la tête d’un air incrédule et malin.

On se mit en route vers la mairie. Derrière les futurs époux, une paysanne portait l’enfant de Victor, comme s’il se fût agi d’un baptême ; et les paysans, deux par deux, à présent, accrochés par le bras, s’en allaient dans la neige avec des mouvements de chaloupe sur la mer.

Après que le maire eut lié les fiancés dans la petite maison municipale, le curé les unit à son tour dans la modeste maison du bon Dieu. Il bénit leur accouplement en leur promettant la fécondité, puis il leur prêcha les vertus matrimoniales, les simples et saines vertus des champs, le travail, la concorde et la fidélité, tandis que l’enfant, pris de froid, piaillait derrière le dos de la mariée.

Dès que le couple reparut sur le seuil de l’église, des coups de fusil éclatèrent dans le fossé du cimetière. On ne voyait que le bout des canons d’où sortaient de rapides jets de fumée ; puis une tête se montra qui regardait le cortège ; c’était Victor Lecoq célébrant le mariage de sa bonne amie, fêtant son bonheur et lui jetant ses vœux avec les détonations de la poudre. Il avait embauché des