Page:Œuvres complètes de Maximilien de Robespierre, tome 1.djvu/74

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APPENDICE IV
Article de Lacretelle


Sur le discours de Robespierre sur les peines infamantes, discours qui avait obtenu un second prix à l’Académie de Metz, avec cette épigraphe :


Quod genus hoc hominum, quaeve hunc tam barbara morem
Permittit patria ? Virg. Æneid.


Ce discours, comme on le voit par son titre, a obtenu un second prix. Auteur d’un ouvrage qui a été préféré, il semble que je ne puisse appuyer sur le mérite de celui-ci, sans paraître vouloir relever l’avantage que j’ai obtenu. J’espère parler de ce discours avec assez de candeur, pour écarter ce soupçon ; je lui rendrai justice avec une satisfaction, libre et entière ; je ferai mes remarques, avec tout le zèle que peut inspirer la vérité, sur un objet important. J’avais d’abord le projet d’écarter toute mention, tout souvenir même de mon propre ouvrage. Mais il m’a paru que la comparaison entre les idées des deux auteurs, pouvait offrir quelques vues piquantes, et répandre plus de lumières sur le sujet traité.

C’est peut-être une chose digne d’attention, que le grand nombre d’idées semblables, que l’on trouve dans les deux ouvrages couronnés ; cela est au point qu’on ne manquerait pas de croire, que l’un a été fait d’après l’autre, s’ils n’avaient été écrits dans le même tems, et par des hommes, qui ne se connaissaient pas. On rencontre assez souvent cette singularité, qui est moins réelle qu’elle ne le parait. Et cela doit tenir en garde les esprits justes et droits, sur l’inculpation de plagiat, qu’on prodigue si aisément. Il est, dans chaque sujet, une foule d’idées, qui ne peuvent échapper à ceux qui les méditent ; et il peut aussi se rencontrer des esprits de la même nature qui, en procédant par les mêmes recherches, doivent arriver aux mêmes résultats. D’ailleurs, il n’est point vrai, comme bien des gens le disent, que tout soit découvert, il est certain du moins que tout