Page:Œuvres de Blaise Pascal, II.djvu/292

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276 ŒUVRES

quelles, si vous en estiez pris à serment, je m'asseure que vous n'oseriez affirmer en cognoistre une seulle. Il faut as- seurement que vous ne soyez pas de ces humains desfians, qui ne prennent confiance en qui que ce soit : veu que vous vous estes jette ainsy aveuglement entre les bras d'un secours incogneu. Je ne sçay pourquoy vous n'avez pas voulu dire dans vostre imprimé que cette matière sub- tile soit de l'invention de M' des Cartes ; je ne sçay si c'est afin que quelqu'un se peust imaginer que vous en estiez l'autteur, ou si vous avez voulu, par cette dissimulation affectée du nom de M"" des Cartes, persuader à tous ceux qui\.. vostre livret, que cette matière subtile n'est pas une chose nouvellement inventée. Quoy qu'il en soit, vous avez, Premièrement fort confusément (peult estre pour faire dire que vos pensées sont destachées de celles et d'Aristote et de Monsieur^ ... et de qui que ce soit), fort artistement, meslangé la sphère du feu avec la matière subtile et la matière ignée. En second lieu, vous avez encores plus industrieusement meslangé ce mes- langé avec un autre meslangé que vous avez composé de r^Ether et des esprits solaires. En troisiesme lieu, vous avez, à tous ces meslanges, adjouté une certaine qualité merveilleuse que vous appelez légèreté mouvante (je ne sçay si elle n'est pas de vostre invention), à laquelle vous attribuez la puissance de soustenir et suspendre, par sa propre vertu, les corps les plus pesans : tellement que, pour vous desbroûiller des conséquences de ces expé- riences puériles, vous avez esté contrainct de brouiller toutes ces substances incogneues à vous mesmes par une

��1. La place d'un mot en blanc. Bossut imprime : liront.

2. La place d'un mot en blanc. Bossut imprime avec raison: Des- cartes.

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