Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 25, 1838.djvu/66

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d’un marécage, étaient attaqués à coups de flèches, de javelines, et d’autres projectiles dont les chasseurs étaient armés ; tandis que d’autres étaient poursuivis et déchirés par d’énormes chiens, ou plus souvent mis aux abois quand les personnages les plus importants qui honoraient la chasse de leur présence réclamaient pour eux-mêmes le plaisir de porter le coup mortel, voulant courir le danger personnel qui résulte toujours d’un combat à mort, même avec le daim timide lorsqu’il est réduit à la dernière extrémité, et qu’il n’a plus de ressource que dans le courage du désespoir.

La quantité de gibier qu’on trouva en cette occasion dans la vallée de Douglas fut considérable ; car, comme nous l’avons déjà remarqué, il y avait long-temps qu’une grande chasse n’avait été faite par les Douglas eux-mêmes, dont les infortunes avaient commencé, quelques années auparavant, avec celles de leur pays. La garnison anglaise ne s’était pas jusqu’alors jugée en nombre et en forces suffisantes pour exercer ces grands privilèges féodaux. Cependant le gibier s’était considérablement multiplié. Les cerfs, les taureaux sauvages, les sangliers s’étaient établis au pied des montagnes, et faisaient de fréquentes irruptions dans la partie basse de la vallée. Cette partie ressemblait beaucoup à une oasis entourée de bois taillis et de marécages, de landes et de rochers, montrant des traces manifestes de la domination humaine, à laquelle les animaux sauvages s’efforcent toujours d’échapper.

Tandis que les chasseurs traversaient la plaine pour gagner le bois, il régnait toujours parmi eux une stimulante incertitude : on se demandait quelle espèce de gibier on allait rencontrer ; et les tireurs, avec leurs arcs tendus d’avance, leurs javelines mises en arrêt, leurs bons chevaux bien contenus par la bride et toujours aiguillonnés de manière à partir soudain, observaient attentivement les pièces qui allaient s’élancer du couvert. Ils se trouvaient toujours prêts à l’attaque, soit qu’un sanglier, un loup, un taureau sauvage, ou toute autre espèce de gibier, vînt à leur passer sous les yeux.

Le loup, le plus nuisible des animaux de proie, ne présentait cependant pas toujours la résistance intéressante que les chasseurs s’attendaient à rencontrer ; il s’enfuyait ordinairement au loin, quelquefois à plusieurs milles, avant de trouver assez de courage pour attaquer ses ennemis, et ; quoique redoutable alors, quoique donnant la mort aux chiens et aux hommes par ses terribles morsures, parfois cependant on le méprisait plutôt à cause de sa lâ-