Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/11

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dit : « Je suis la sœur de Nelly Walker. » Elle faisait bien voir par là qu’elle regardait sa sœur comme plus connue par sa noble conduite, qu’elle ne l’était elle-même par une espèce de célébrité fort différente.

« Mistress Goldie désirait extrêmement qu’une pierre tumulaire et une inscription fussent placées sur la fosse d’Hélène Walker, dans le cimetière d’Irongray ; et si sir Walter Scott veut bien prendre la peine de composer cette inscription, une souscription qui sera facilement remplie dans le voisinage nous mettra à même de réaliser ce vœu. »

Il est presque inutile d’ajouter que la demande de miss Goldie sera bien volontiers exaucée, et sans qu’on ait besoin de s’adresser à la générosité du public. Il n’est pas plus nécessaire de répéter combien l’auteur se croit obligé au correspondant anonyme qui lui a fourni un sujet où brille avec tant d’éclat la dignité morale de la vertu, dénuée de l’appui de la naissance, de la beauté ou du talent. Si l’exécution laisse beaucoup à désirer, c’est que le talent a manqué au peintre pour transporter dans un cadre plus étendu l’esquisse si simple et si frappante tracée par mistress Goddie.

Abbotsford, ler avril 1830.


POST-SCRIPTUM.

Quoiqu’il semble impossible de rien ajouter au récit pittoresque et si intéressant de mistress Goldie sur Hélène Walker, le prototype de la Jeanie Deans de ce roman, l’éditeur espère qu’on lui pardonnera de rapporter deux ou trois anecdotes relatives à cette femme extraordinaire, qu’il a tirées d’un volume intitulé Esquisses d’après nature, par M. John Mac-Diarmid, rédacteur d’un journal fort estimé, à Dumfries.

« Hélène était fille d’un petit fermier, dans l’endroit appelé Dalhaion, paroisse d’Irongray. C’est là qu’après la mort de son père elle continua, avec la piété si naïve des paysans écossais, de soutenir sa mère à force de travail et de privations, dévouement si commun que, même encore à présent, je suis fier de le dire, il y a peu de mes compatriotes de l’autre sexe qui ne s’y croiraient obligées comme à un devoir.

« Parmi les gens de sa condition, Hélène Walker passait pour pensy, c’est-à-dire orgueilleuse ou dissimulée : mais les faits prouvent qu’elle ne s’était attiré cette accusation que par une énergie de caractère qui la rendait supérieure aux gens qui l’entouraient.