Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/198

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la butte depuis le moment où les chauve-souris commencent à paraître jusqu’au chant du coq, et j’y ai causé plus d’une fois avec Nicol Muschat et Aylie Muschat qui sont couchés dessous. — Maudite soit votre tête fêlée ! dit Sharpitlaw ; ne permettrez-vous pas seulement qu’on réponde à une de mes questions ? »

Les officiers, ayant obtenu un moment de silence pendant que Ratcliffe occupait l’attention de Madge, déclarèrent que, quoiqu’ils connussent, comme tout le monde, la butte de Muschat, aucun n’entreprendrait d’y guider la troupe à la clarté incertaine de la lune avec assez de confiance pour répondre du succès de leur expédition.

« Que ferons-nous, Ratcliffe ? dit Sharpitlaw. S’il nous voit avant que nous le voyions, et c’est ce qui ne manquera pas d’arriver, si nous allons errants de côté et d’autre sans suivre la route directe, nous pouvons dire adieu à notre entreprise ; et j’aimerais mieux qu’il m’en coûtât 100 liv. sterl. que de le voir nous échapper, tant pour l’honneur de la police que parce que le prévôt a dit qu’il fallait absolument pendre quelqu’un pour cette affaire de Porteous, quoiqu’il arrivât. — Je pense, dit Ratcliffe, qu’il faut que nous essayions encore de nous servir de Madge ; je vais tâcher de la faire tenir un peu plus tranquille ; et, dans tous les cas, quand lui-même il l’entendrait chanter ses vieux refrains, il ne peut pas deviner qu’il y a quelqu’un avec elle. — C’est vrai, dit Sharpitlaw ; et s’il la croit seule, il est probable qu’il s’approchera d’elle plutôt que de s’en éloigner. Ainsi en avant. Nous avons déjà perdu trop de temps : tâchez qu’elle ne s’écarte pas de la bonne route. — Et quelle espèce de ménage font ensemble Nicol Muschat et sa femme ? » dit Ratcliffe à la folle, comme pour entrer dans le cercle de ses idées ; « ils vivaient assez mal ensemble autrefois, si ce qu’on dit est vrai. — Ah ! oui, oui, oui, mais tout est oublié maintenant, » répliqua Madge du ton confidentiel d’une commère qui raconte l’histoire de sa voisine. « Voyez-vous, je leur ai parlé moi-même, et je leur ai dit que ce qui est fait est fait. La femme a la gorge couverte de blessures, et elle s’enveloppe tant qu’elle peut de son linceul pour la cacher, mais cela ne peut empêcher le sang de couler à travers, vous entendez bien. Je lui ai conseillé de le laver dans le puits de Saint-Antoine, et il n’y a pas d’eau meilleure pour le blanchir, si cela se peut ; car on dit que le sang ne s’en va jamais sur un drap de toile. L’essence même du diacre Sanders ne peut pas le faire partir. Je l’ai essayée