Page:Œuvres de Walter Scott, Ménard, traduction Montémont, tome 26, 1838.djvu/472

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si les paroissiens eux-mêmes s’assemblaient pour choisir unanimement Reuben Butler pour leur pasteur, il finissait par croire que cette malheureuse présentation n’était pas une raison pour leur refuser les consolations de la doctrine. Si le clergé presbytérien l’admettait dans ce bénéfice en vertu de cette présentation plutôt que d’après le choix général de la congrégation, cette erreur, qui aux yeux de Davie en était une très-grave, devait retomber sur les prêtres qui le nommeraient ; mais si Butler acceptait la charge qui lui était offerte par ceux qu’il était appelé à instruire et qui désiraient recevoir ses instructions, si… Après avoir mûrement discuté ce point dans son esprit, à l’aide de la vertu toute-puissante de ce si, Davie finit par se persuader que ledit Butler pouvait en toute sûreté de conscience accepter le patronage du duc.

Il restait encore une pierre d’achoppement, c’était le serment exigé des ministres établis, serment par lequel ils reconnaissaient un roi et un parlement hérétiques, et consacraient, pour ainsi dire, l’union de l’Angleterre à l’Écosse, union qui avait fait de ce dernier royaume une portion du premier, dans lequel l’épiscopat, frère du papisme, avait établi son trône et élevé les cornes de sa mitre. Ces mêmes symptômes d’apostasie avaient souvent arraché des soupirs à Davie, qui s’écriait dans les termes du prophète : « Mes entrailles ! mes entrailles ! Je suis affligé jusqu’au fond du cœur ! » et il se rappelait qu’une sainte matrone avait été emportée de l’église de la prison dans un évanouissement auquel les eaux spiritueuses et les plumes brûlées ne purent remédier, seulement pour avoir entendu ces mots terribles, qui servaient d’introduction à l’ordonnance relative à l’insurrection Porteous et qui fut lue dans toutes les églises : Il est ordonné par les lords temporels et spirituels. Ce serment était donc une soumission criminelle, c’était un piège de Satan, une espèce d’hérésie, « abomination de l’abomination ; mais cette formule n’était pas toujours exigée. Les ministres avaient des égards pour les scrupules de leur propre conscience et pour ceux de leurs frères : ce ne fut qu’à une époque plus rapprochée que les assemblées générales du clergé maintinrent une discipline plus sévère. La particule accommodante vint encore dans ce cas au secours de Deans. Si un titulaire n’était pas obligé de se soumettre à cette formule, coupable, et s’il entrait dans l’église par une nomination légale et sans qu’on exigeât rien de lui qui pût blesser sa conscience,