Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/108

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Las ! ne verray-je plus repoindre le beau jour
Qui dissipe la nuit du soucy qui me tue ?

Amour ! hé viens chasser ce douloureux sommeil,
Car si je tarde plus de revoir le Soleil,
Qui peut seul appaiser ses mortelles alarmes :

Je crains que les efforts de mes tristes langueurs,
Qui ont changé mes yeux en fontaines de pleurs,
Ne me changent enfin en un fleuve de larmes.

LVI.

Ces traits qui comme esclairs partoient de ses beaux yeux,
Astres, ains doux Soleils qu’idolatre j’adore,
Yeux qui ont fait rougir cent fois à son aurore
Ce Soleil qui esclaire et la terre et les cieux :

Ce teint femé de lys doucement gracieux,
Et son esmail pourprin dont la vermeille Flore
Au point du renouveau sa face recolore,
Et redonne le lustre aux pris delicieux :

Ce sein de laict où nage un milier de delices,
Ce corail qui jumeau étouffe mes supplices,
Et ces mignards appas roys de ma liberté,

M’ont si bien desrobé les puissances de l’ame,
Qu’il ne me reste plus esloigné de ma dame,
Que le doux souvenir de ta chere beauté.