Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Aislé d’un beau desir je volle à mon soleil,
Où la beauté flamboye ;
Et quand mon cœur immole à son esclat vermeil,
Superbe il me foudroye.

Si cest astre jumeau me fait vivre d’amour
Par une douce atainte ;
L’orgueil de ses regards qui noircissent mon jour,
Me fait mourir de crainte.

Ha ! je suis trop sensible à ses atraits, où pris
Je rends mon mal extreme :
Il faut qu’à leur desdain j’oppose mon mespris,
Amoureux de moy-mesme.


STANCES.


Va t-en, triste souspir, vers ma belle Deesse,
Dis-luy que je me meurs quand son bel œil ne luit,
Et qu’il faut, pour bannir la douleur qui me blesse,
La voir, puisque le jour cede à l’ombreuse nuit.

Amour, va le guidant au sejour de ma belle,
Et s’il ne peut parler, preffé de la douleur,
Dis-luy que sans la voir mon dueil se renouelle,
Et que je ne puis vivre et sans elle, et sans cœur.

Et toy, beauté si chere et si douce à mon ame,
Viens-moy rendre la vie, ou ne me l’ostes pas,
Que si pour ne te voir un fier regret m’entame,
He ! viens noyer mon dueil au miel de tes appas.