Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/331

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Cedent aux doux regards du sien, Astre d’Amour,
Soleil donc cache-toy, sirost que mon aurore
Defermera ses yeux, chers soleils que j’adore ;
Car leur douce clarté, dont mon dueil est destruit,
Te vaincra, comme toy les flambeaux de la nuit.
Mais ceste douce, belle et trop aimable Idole,
S’est esveillée enfin au son de ma parole.
Allons, Silvandre, allons alleger nos ennuis,
Et changer en beaux iours nos langoureuses nuits.
Cleande, il est donc vray que tu dors à l’ombrage,
Cependant que l’Amour d’un langoureux orage
Bat mon trisle repos pour ta chere beauté,
Tu dors en cependant que mon cœur agité
De mille soings divers je meurt loin de ta veue.


Cléande

Ha ! ne me blasme pas, si mon ame batue
Des alarmes d’Amour, a permis au repos
De verser doucement son charme dans mes os ;
Car bien que le sommeil ma paupiere ait baisser,
Ton souvenir pourtant n’a quitté ma pensee,
Car Amour qui jadis sceut si bien à mes yeux
Peindre les doux attraits de ton œil gracieux,
Lors que ton souvenir triomphe de mon ame,
A pendant mon repos avec un trait de flame
Gravé sur mes pensers la beauté de ton œil,
Œil dont les doux appas ensorcellent mon dueil,
Œil qui tient soubs sa loy ma franchise asservie,
Bref, œil à qui je rends ma tributaire vie.