Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/342

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La t’enchaine à ses fers : car mon ferme courage
N’ira plus gemissant soubs un honteux servage,
Et à fin que le temps tesmoigne à l’advenir
Que j’ay victorieux chassé le souvenir
De l’ingrate Silvie, inhumaine et cruelle,
Je veux de mon poinçon sur l’escorce nouvelle
De ce jeune arbrisseau graver ces quatre vers.
Tandis qu’Amour vainqueur soubs le joug de ses fers
A tenu ma franchise et mon ame asservie,
Je n’ay eu pour object que la belle Silvie,
Maintenant mesprisé, je la mesprise aussi.
Allons sacrifier nostre importun soucy
A l’oubly seul vainqueur d’amour et de ses charmes,
Tirsis, sechons enfin la source de nos larmes,
Er sacrons au mespris ceste fiere beauté :
Il est temps de sortir de sa captivité,
Et bannir son ingrate et perfide memoire ;
Allons parmy ce bois chanter nostre victoire,
Foulons souz le desdain les charmes de l’Amour,
Et libres parfaisons le cours de nostre jour.


Scène 4

Silvie, Philis.



Silvie

Agreable langueur, doux effect de l’absence,
He ! quand cesseras-tu d’exercer ta puissance