Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/359

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Scène 5

Silvie, Cléande.



Silvie

Silvie infortunee, Amour cruel, helas !
Que ne me fit le Ciel plus dure qu’une roche,
Plus sourde que la mer, d’où la pitié n’aproche ?
Mais n’est-ce pas Cleande, ha ! triste souvenir,
Qui te fait derechef devers moy revenir ?
Toutes fois il le faut chasser de ma pensee.


Cléande

Silvie, quel foucy a ton ame blessee ?


Silvie

Le triste souvenir de l’ingrate rigueur
De celuy qui jadis fut le Roy de mon cœur,
Fait que le jour plus beau m’est une nuit obscure.
Que si la loy du fort ordonne que je meure
Pour cest ingrat Berger, helas ! que n’est le jour
Le dernier de ma vie ?


Cléande

Le dernier de ma vie ?Et quoy, c’est donc l’Amour
Qui si violamment rend ton ame affligee ?