Page:Œuvres poétiques de François de Maynard, 1885, tome 1.djvu/67

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Pour t’affranchir d’oubly, et vaincre le trespas,
D’estre amant seulement assez ce n’estoit pas,
(Mon Menard) il falloit que tu fusses poete :
Car je scay qu’il y a un bon nombre d’amans,
N’ayant côme tu fais, sceu peindre leurs tourmens,
Qui gisent sans honneur, soubs la cendre muette.

L’eusse mieux autresfois veu l’Ascrean de descendre
Que toy, dans Cytheron, ou sur l’eau du Meandre
Les Signes s’esgayer : mais plus je n’oserois
Approcher le rameau qui dignement t’ombrage,
Et ton chef glorieux, et ton divin ouvrage,
Ny mes chans esgaller au doux air de ta voix.

Celle donc qui d’amour premiere ouvrit le temple
A tes feux, et celuy qui t’a seruy d’exemple
A grimper sur Parnasse, et boire la liqueur
D’Hyppocrene, merite une immortelle gloire,
Puisqu’ores le premier des prestres de memoire,
Tu es fils de Cythere, et des Muses l’honneur.


FRANÇOIS LE BAILLY,
Sieur de Vaucharme et de Saincte Vertu, docteur es droicts, Advocat en Parlement.