Page:A. Belot - Les Stations de l’Amour.djvu/48

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de malice, un petit nez fripon, une petite bouche rose, qui semblait faite pour des baisers, une peau d’une blancheur d’ivoire, un air candide et mutin à la fois, un amour enfin, ou plutôt l’Amour lui-même…

La chère enfant ne se trompa pas sur l’impression qu’elle me causait, car je la vis rougir sous mon regard.

— Eh bien ! me dit Flora qui me souriait, heureuse de ma surprise et de mon ravissement…

— Oh ! chère aimée, répondis-je en la serrant dans mes bras, les mots me manquent pour vous exprimer toute mon admiration.

— Et toi, Maud, demanda-t-elle en anglais, que dis-tu de notre ami ?…

— Moi ?… voilà ! répliqua la gamine en me sautant au cou et en collant sa bouche sur la mienne.

Sauter est le mot, car elle se suspendit à mes épaules en croisant ses jambes derrière mon dos. « Je parie, me dit-elle à l’oreille, que je sais ce que vous a écrit Dora. »

— Dites !…

— Elle vous recommande de me ménager…

— Peut-être bien, répondis-je en riant.

— Et vous lui obéirez ?…

— Oui ! mais avec peine, je dois vous le dire…

Je n’avais qu’une longue robe de bain en léger drap-éponge. J’attirai Maud sur le sofa, l’asseyant, sur ma cuisse, en la lutinant : « Montrez-moi votre langue, lui demandai-je ?… »

Et Maud tira un joli petit bout de langue rose et pointu, que je pris entre mes lèvres et me mis à sucer, pendant qu’elle passait la main par l’ouverture de ma robe et que je lui caressais la poitrine. Flora s’était accroupie à nos pieds et s’amusait avec son ami Jacques, sans que je parusse m’en apercevoir.

— Quel âge avez-vous Maud ?

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