Page:A. Challamel.- Les Clubs contre-révolutionnaires.djvu/116

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des Impartiaux., a rapporté plus en détail que les autres ces deux conférences, suite d’une visite que fit M. Malouet à M. de La Fayette, le 29 décembre (1789) : ce dernier, dont on connoit le patriotisme, accepta la conversation proposée, parce qu’on semblait l’envisager comme un moyen assuré de produire d’heureux effets ; il indiqua le rendez-vous chez moi pour le 3 janvier (1790), et m’en prévint, ainsi que quelques autres de ses amis

« Nous nous réunîmes donc le 3, MM, de La Fayette, de La Coste, de La Tour-Maubourg, de Liancourt (1) et moi ; MM. Malouet, de Virieu, l’Evêque de Nanci, le chevalier de Bouftlers, La Chèze et Rhedon y arrivèrent, et le premier ouvrit la conversation par un discours à-peu- près semblable à celui qu’il avoit tenu le 29 Décembre à M. de La Fayette, et que l’on trouve imprimé avec des guillemets dans le Journal des Impartiaux. Un de mes amis lui répondit que les situalions respectives étaient différentes, puisque ces Messieurs s’annonçoient comme chargés d’une mission, tandisque nous n’étions que pour notre compte. On observa encore que ’nous ne pouvions pas reconnoitre l’existence de deux partis dans l’Assemblée Nationale, en avouant pourtant que nous gémissions souvent de la division qui s’y manifestoit dans beaucoup d’occasions ; que l’établissement d’une négociation du genre de celle qui nous étoit proposée nous paraissoit impossible, parce que, nous bornant à suivre ce que notre conscience et nos lumières nous dictoient, nous n’étions ni chefs ni prosélytes d’un partie et que nous ne pouvions nous charger de répondre que de nous-mêmes.

« La conversation roula vaguement sur plusieurs objets ; on nous proposa de nous revoir le (i, ce que nous acceptâmes, et d’y invitei’ quelques-uns de nos amis ; mais aucun du petit nombre de ceux à qui nous en parlâmes, n’ayant désiré s’y trouver, la seconde conversation fut composée des mêmes personnes que la première. Elle fut vague aussi, et quoique ces Messieurs nous parlassent beaucoup de la nécessité de rétablir le Pouvoir exécutif, ils ne nous spécifièrent pas quels étaient leurs moyens pour y parvenir, et se bornèrent à nous dire que c’étoit le dernier objet dont on.devoit s’occuper. « On leur répondit, et je me rappelle leur avoir dit, et avoir été approuvé par mes amis, que c’étoit bien notre avis, et certainement même la volonté générale, de donner au Pouvoir exécutif toute l’étendue et toute la force nécessaires au salut d’un grand Empire : (1) Le duc de Liancourt faisait partie du Cluh de Valois (voir plus haut), ainsi (|ue la Tour-Maubourg et La Fayette.