Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/31

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Je me ſuis à ſon ſrere expliqué là-deſſus :
Et tous mes ſentimens luy font aſſez connus.
Cependant penſes-tu, qu’une ſi longue abſence
N’ait point de Virgilie eſbranlé la conſtance ?
Que ſon ſilence, Albin, me donne de ſoucy !
Et que je crains…?



ALBIN.

Seigneur, Aufide vient icy.







Scène II



CORIOLAN, AUFIDE, ALBIN.



AUFIDE.


APres tout ce que doit l’armée à voſtre zele,
Puis-je obtenir de vous une grace nouvelle,
Seigneur ?



CORIOLAN.

Vous pouvez tout exiger de ma foy.



AUFIDE.

Celle dont il s’agiſt ne regarde que moy.
Ne vous retirez pas : vous pouvez m’eſtre utile,
Albin ; & je voudrais que toute voſtre Ville
Fuſt de mes ſentimens inſtruite comme vous,
Dés aujourd’huy peut-eſtre elle ſeroit à nous.
Parmy tant de beautez dont Rome eſt ennoblie,
Sçavez-vous bien, Seigneur, quel rang tient Valerie ?



CORIOLAN.

Oüy, Seigneur, & je puis ſans trop flater mon ſang,
Vous dire qu’elle peut pretendre au premier rang.