Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/55

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AUFIDE.

Je croyois…



CORIOLAN.

Ah n’y conſentez pas.
Voyez Camille : moy je marche ſur ſes pas :
Et vais pour l’arreſter mettre tout en uſage.






AUFIDE.


QUe vois-je ? quelle ardeur paroiſt ſur ſon viſage ?
Je tremble, je fremis. Ô Ciel ! pourroit-il bien
Avoir pris de l’amour en ſecondant le mien ?
Je crains tout de ſon cœur ; des yeux de Valérie ;
De mon mal-heur. Non, non, ſon ame eſt trop unie
À l’objet qu’il aimoit avant qu’il fuſt à nous.
Mais aime-t-on jamais ſans devenir jaloux ?
Je le ſuis : à moy-meſme en vain je le déguiſe ;
Laiſſons-luy ſans obſtacle achever l’entrepriſe.
S’il aime, & que l’amour l’oblige à l’arreſter,
Il aura plus de peine à me la diſputer.
Appuyons nos deſſeins des avis de Camille.
Avis peut-eſtre faux ! appuy trop inutile !
Que ie crains, juſtes Dieux, en cet inſtant fatal,
De perdre une maiſtreſſe en trouvant un rival !



Fin du ſecond Acte.