Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/62

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Vous choiſirez, Madame, ou ma mort ou ma vie ;
Et dans mon propre ſang lavant leur calomnie
Comme victime au moins ſi ce n’eſt comme époux
Je convaincray vos yeux que je n’aime que vous.



VIRGILIE.

Oüy, vous n’aimez que moy ; j’en ſuis trop convaincuë.



CORIOLAN.

Voicy Camille, allez, cachez-vous à ſa veuë.







Scène III



CORIOLAN, CAMILLE.



CORIOLAN.


C’Eſt aſſez differé, Madame, vangeons-nous :
N’oppoſons plus à Rome un impuiſſant courroux.
Il faut qu’un prompt aſſaut…



CAMILLE.

Quelle ardeur vous enflame
Seigneur ? vous qui venez…



CORIOLAN.

Je vous entends, Madame.
Je voy que l’on a pû mal juger de ma foy ;
Que vous avez ſujet de vous plaindre de moy.
J’ay voulu mal-gré vous parler à Valerie.
Il eſt vray ; mais enfin, Madame, elle eſt partie,
Ses larmes ſur mon cœur ont eſté ſans pouvoir ;
Et vous me reverrez fidelle à mon devoir