Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/65

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CAMILLE.

Allez, j’en croiray vos ſerments
Quand je ne croirai plus mes yeux, ceux de l’armée,
Que voſtre laſcheté n’a que trop allarmée,
Les voſtres meſme. À tous vous nous manquez de foy,
Aux Volſques, à mon frere, à Virgilie, à moy :
Vous nous trahiſſez tous. Mais voſtre perfidie
Se fait trop d’ennemis pour n’eſtre pas punie :
Plus que noſtre courroux craignez celuy des Dieux.



CORIOLAN.

Eh bien, Madame, aux yeux de l’armée, à vos yeux,
À ceux de Rome, enfin de toute l’Italie
Je cours juſtifier ma flame à Virgilie.
Et de ce meſme fer, dont voſtre inimitié
M’aura fait des Romains immoler la moitié ;
Je la diſputeray contre la violence
De ceux qui par leur fourbe ont noirci ma cõſtance,
Fuſſtent-ils avec moy plus unis d’intereſt
Que vous ne l’eſtes meſme, & qu’Aufide ne l’eſt.
Vous verrez ſi j’ay droit de parler de la ſorte,
Et connoiſtrez quel eſt l’amour qui me tranſporte.
Adieu.