Page:Abeille - Coriolan, 1676.djvu/78

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ALBIN.

Non, ne la perdez pas. Les Dieux en ce moment
Vous inſpirent, Seigneur, ce tendre ſentiment.
Vous pouvez d’un rival prevenir l’entrepriſe.
La foy de tous les Chefs vous eſt encor ſoûmiſe.
Faites-les advertir & leur parlez de paix :
Vous verrez leurs deſirs répondre à vos ſouhaits :
Et ſi c’eſt par vos ſoins que Rome eſt delivrée,
L’eſperance d’Aufide eſt bien mal aſſurée.
Virgilie à l’inſtant condamnant ſon courroux…



CORIOLAN.

Tu me flates en vain… mais elle vient à nous.
Albin, cours aſſembler tous les Chefs dans ma tente,
Helas ! que ſur mon cœur Virgilie eſt puiſſante !
Et qu’avec les Romains ſes yeux ſont bien d’accord
À conſpirer ma honte, & peut-eſtre ma mort !







Scène IV



CORIOLAN, VIRGILIE.



VIRGILIE.


JE vous croyois, Seigneur, au pié du Capitole.
Ne m’avez-vous donné qu’une crainte frivole ?
Et le ſoin de me voir vous fait-il negliger
Celuy que vous devez avoir de vous vanger ?



CORIOLAN.

Madame, je n’ay plus de victoire à pourſuivre.
Mon unique devoir eſt de ceſſer de vivre ;