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ACTE QUATRIÈME.

qu’il n’arrivera rien. Je vous assure que le roi… que don Gabriel… ou peut-être même que les juges… Mais madame ne m’écoute point.


GAËTANA.

Non ! j’écoute là-bas. (Montrant la fenêtre de droite.) Tu n’as rien entendu, toi ?


LÉONORA, vivement.

Rien, madame. Mais madame serait mieux dans son appartement. Les bruits du dehors n’y arrivent pas, et si madame…


GAËTANA.

Tais-toi ! Ces coups sourds qui retentissent à intervalles égaux ont quelque chose de sinistre, (Se levant et descendant à gauche.) Ce n’est pourtant pas dans le palais qu’on frappe ainsi !


LÉONORA, allant à Gaëtana.

Non, madame, ce n’est pas dans le palais… C’est… je ne sais où… dans le voisinage.


GAËTANA.

Sur la place, peut-être ? Mais qui donc à Naples peut travailler après minuit ?


LÉONORA, troublée.

Je ne sais, madame, mais ce n’est rien assurément. Il ne faut pas que madame s’inquiète. Et tenez, madame, le bruit a cessé ! (Nouveaux coups dans la coulisse.)


GAËTANA.

Non !


LÉONORA, se plaçant devant elle.

Madame !


GAËTANA.

Tu me caches quelque chose !


LÉONORA.

Bonne et chère madame !


GAËTANA.

Je veux… !


LÉONORA veut retenir Gaëtana.

Au nom du ciel, ne regardez pas !