Page:Abramowski - Les Bases psychologiques de la sociologie.djvu/24

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trement qu’en perdant du même coup toute la valeur positive, pour passer totalement dans le domaine inconnaissable, supra-vital de la négation. Sous l’objet de notre pensée cependant, se cachent seulement ou les choses physiques, ou bien les états psychiques. Passons tout le domaine de notre expérience, tout ce qui est réel ou possible, et nous ne trouverons rien qui ne soit enregistrable dans l’une ou l’autre de ces catégories. Entre ces deux régions, dont l’une, étant sous la domination exclusive du temps, transforme tout en état intérieur de notre conscience, et l’autre, soumise également au temps et à l’espace, ramène tout au mouvement et à la matière, se divise et s’épuise totalement toute notre intuition, tout le contenu du monde avec lequel nous avons à faire. Il n’existe point de tel fait, ni de tel moment de notre vie, qui ne possède une forme psychique ou physique, qui ne puisse être envisagé comme un corps à dimensions, un mouvement dans l’espace, ou bien comme une idée, conception ou sentiment. Même quand nous avons à faire à quelque chose de ce qu’il y a de plus métaphysique, avec des « substances » comme l’esprit, la matière ou la force, nous ne pouvons jamais les délivrer de ces deux formes uniques — psychique ou physique — dont notre intuition dispose alternativement, où elle fait entrer et classe tout ce qu’elle peut prendre en possession, de sorte qu’une troisième catégorie de phénomènes, qui ne seraient ni psychiques ni physiques, ni un état de notre conscience, ni aucun mouvement matériel, est tout aussi bien impossible à se représenter qu’une quatrième dimension, ou bien le temps arrêté dans sa course.

Nous devons donc admettre d’avance, sans avoir recours aux expériences spéciales et à l’analyse ultérieure, que les phénomènes sociaux, par cela même qu’ils sont des phénomènes, qu’ils entrent dans le domaine de notre perception et de notre vie, doivent être soumis à ces deux formes principales de notre intuition, se diviser totalement entre elles, sans constituer une catégorie troisième, qui s’en distinguerait. L’expérience d’ailleurs, l’observation des faits concrets, s’accorde entièrement avec cette déduction. Considérons n’importe quel phénomène social, ce ne sera que : ou bien une chose de caractère physique comme la terre, les marchandises, le travail musculaire, ou bien les idées et les sentiments, se manifestant sous l’aspect des lois, des mœurs, des tendances collectives. Dans tout le domaine de la vie sociale, nous ne trouverons rien qui soit social sans être en même temps un phénomène matériel ou mental. Le « social » ne possède jamais une forme spéciale dans notre intuition, ne s’oppose pas