Page:Abrantès - L’exilé : une rose au désert.djvu/279

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— Ah !… c’est ainsi que vous me jugez !

— Mais n’est-ce pas ainsi que vous voulez l’être ?

— Par les autres… c’est possible… mais non pas pour vous… ou toute autre personne qui vous ressemble, ajouta-t-il…

— Pourquoi donc alors cette hostilité continuelle avec le monde ? Ne suis-je pas, comme la foule entière, proscrite aussi par vous, moi ?…

— Vous ne le croyez pas ?

M. d’Erneville mit dans cette seule parole une expression naturelle qui toucha Sarah… Elle tendit la main à M. d’Erneville avec l’abandon le plus touchant, parce qu’en ce moment le souvenir de tout ce qui s’était passé le matin lui donnait une idée confuse qu’elle avait un ami dans M. d’Erneville… Cependant, à peine sa main fut-elle dans la sienne, qu’elle la retira en rougissant, tant était grande la réserve dans laquelle elle avait été élevée… Réné