Page:Académie française - Recueil des discours, 1860-1869, 1re partie, 1866.djvu/445

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C’est la thèse qu’un savant professeur, M. Benard, développe avec une vive conviction, sous ce titre bien choisi : De la Philosophie dans l’éducation classique. Ce qu’il conseille, c’est le retour à l’enseignement de la philosophie, dans une forme régulière, limitée non par le silence sur de grands sujets, mais par la sagesse des doctrines. L’auteur de cet ouvrage n’est pas un novateur ; il a traduit Hegel, en le réfutant ; et, convaincu de la force essentielle de la vérité, il veut un enseignement plus étendu, pour l’avoir plus salutaire.

La question qu’il examine doit trouver ailleurs ses juges officiels et tient au programme des écoles publiques. Mais elle touche à l’intérêt des lettres, ou plutôt à l’intérêt du niveau le plus élevé des professions savantes dans ce noble pays de France.

Trop minutieux dans quelques détails, l’ouvrage mérite beaucoup d’estime par l’ensemble des principes et des vues, et par ce zèle pour faire servir à l’éducation de la jeunesse l’enseignement de la philosophie, c’est-à-dire quelque chose de la méthode et de la pensée des plus grands esprits sur les plus grands sujets.

Une Histoire de la Grèce ancienne a paru non moins recommandable. L’auteur, M. Duruy, aujourd’hui inspecteur général des études, était un habile professeur de lycée, que l’épreuve longtemps réitérée de là parole enseignante a exercé dant l’art du récit. La mémoire et l’esprit tout remplis des textes antiques, familier avec les plus récentes découvertes de l’archéologie, présent par l’étude à l’aspect des lieux et des événements qu’il décrit ou résume, il a recueilli dans les monuments de la philosophie et de l’art, et il fait