Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/35

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le mieux la germination de l’idée religieuse dans l’homme.

Je me grisai en respirant la flamme de l’astre immortel, j’en recherchais les embrassements ; je crus trouver un être semblable à moi, plus brûlant, que je coiffais de rayons, que je personnifiais, dont je partageais les habitudes, me levant, me couchant à ses heures, amoureuse de sa face étincelante, désespérée de ses disparitions comme de l’absence d’un être adoré. Le soleil fut ma première passion, mon premier culte.

Les grandes formes des montagnes, je les animalisais, je leur trouvais des figures mystérieuses. Quand je courais à leur pied, je m’imaginais les entraîner avec moi dans des courses vertigineuses, au galop de mon cheval. Les arbres m’accompagnaient en longue file ou par troupe,