Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/36

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je me sentais emportée par le mouvement de toute la terre sous le regard de toutes les étoiles. Ah ! les belles chevauchées que celles faites avec la nature entière !

Je parvins à entendre croître l’herbe, se former la fleur, grossir le fruit. Je chantais le langage des oiseaux. Dans leur marche, les astres me visitaient, venaient à ma rencontre : j’étais nuage au vent, terre à la pluie, roche au soleil, poisson dans l’eau.

Je parlais à tout, même au silence, même aux pierres, et tout me parlait. Comme le berger avec son troupeau, le chasseur avec son chien, le laboureur avec ses chevaux, je comprenais l’esprit des bêtes. Je découvrais les affinités divines, humaines, naturelles, de toute chose, de toute force, de toute vie, et je goûtais le bonheur d’un accord parfait de l’être avec son milieu.