Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/42

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« Dans les îles formées par la Durance, et que recouvrent des galets roulés, de grands roseaux se vêtissent de soleil, de lumière et de gloire.

« Je quitte le fleuve et je reviens à Saint-Estève. Au seuil des maisons de paysan, la vigne se soulève sur des ceps allongés, grimpe, se déploie pour former un abri contre la chaleur. Tantôt la vigne est vierge : elle a le sang aux feuilles comme les jeunes filles l’ont aux joues, car le fruit seul règle le cours normal des sèves. Tantôt la vigne a les feuilles vertes et le raisin noir, où le sang s’est amassé dans le jus des grappes.

« Les insectes bourdonnent, les mouches luisent et traversent, en se jouant, les rayons de soleil. Je suis assise au bord d’un ruisseau, entourée de fleurs : des luzernes rougeâtres, des chardons violacés,