Page:Adam (Lamber) – Païenne, 1883.djvu/65

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Je croyais avoir, dans ma coupable existence d’aventures, épuisé les surprises, non du sentiment de l’amour, mais de ses premières impressions…

Il me semble retrouver la virginité de mes sensations printanières, avec la saveur que l’expérience de la vie y ajoute en plus.

C’est une renaissance, et il n’en pouvait être autrement, puisque je puise dans ta pensée pour y alimenter la source de la mienne. Je t’ai toujours connue, toujours aimée, j’ai toujours été toi, à toi et en toi. Je n’ai garde de mettre à ce délicieux échange de tendresse une restriction, une timidité. Je me laisse attirer, absorber. Il me semble que, prédestinés l’un à l’autre, nous nous sommes simplement rejoints et retrouvés, au milieu des accidents, des banalités, des plaisirs mêmes de ma vie,